TRAITE
DE LA REINTEGRATION
MARTINES DE PASQUALLY
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES CRÉÉS
DANS LEURS PRIMITIVES PROPRIÉTÉS, VERTUS ET PUISSANCES SPIRITUELLES
DIVINES.
Version originale en regard de la version publiée en 1899, accompagnée
du tableau universel
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES DANS LEURS
PREMIÈRES PROPRIÉTÉS, VERTUS ET PUISSANCE SPIRITUELLES
ET DIVINES VERSION ORIGINALE et VERSION DE 1899
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES DANS LEUR
PRIMITIVE PROPRIÉTÉ VERTU ET PUISSANCE SPIRITUELLE DIVINE
VERSION ORIGINALE
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES DANS LEURS
PREMIÈRES PROPRIÉTÉS, VERTUS & PUISSANCE SPIRITUELLES
& DIVINES VERSION DE 1899
PARIS Bibliothèque Chacornac 1899
TADieu ayant créé pour sa propre gloire, dans son immensité
divine, des esprits distincts de lui, pour qu'ils exerçassent le culte
que cette Divinité leur avait fixé et prescrit par des lois immuables,
des préceptes et des commandements éternels et inaltérables,
ces premiers êtres spirituels créés par Dieu furent tous
créés libres et indépendants du Créateur, quant
à leur volonté et action spirituelle. Ils étaient donc,
par ce moyen, créés avec leur libre-arbitre. Ce qui ne peut se
croire différemment, sans détruire la faculté, la propriété
et la vertu personnelle des premiers êtres créés, que l'Eternel
avait émancipés du sein de sa Divinité, pour qu'ils opérassent
avec précision dans les bornes qui leur avaient été données
et assignées par le Créateur pour être à leur seule
disposition et puissance.
Avant le temps, Dieu émana des êtres spirituels, pour sa propre
gloire, dans son immensité divine. Ces êtres avaient à exercer
un culte que la Divinité leur avait fixé par des lois, des préceptes
et des commandements éternels. Ils étaient donc libres et distincts
du Créateur ; et l'on ne peut leur refuser le libre arbitre avec lequel
ils ont été émanés sans détruire en eux la
faculté, la propriété, la vertu spirituelle et personnelle
qui leur étaient nécessaires pour opérer avec précision
dans les bornes où ils devaient exercer leur puissance. C'était
positivement dans ces bornes que ces premiers êtres spirituels devaient
rendre le culte pour lequel ils avaient été émanés.
Ces premiers êtres ne peuvent nier ni ignorer les conventions que le Créateur
avait faites avec eux en leur donnant des lois, des préceptes, des
C'était positivement dans ces lieux où ces êtres spirituels
premiers devaient rendre à leur Créateur le culte qu'ils lui devaient
et pour lequel ils avaient été créés. Ces êtres
ne peuvent nier leur convention entre le Créateur et eux. Ils reçurent
des lois, des préceptes et des commandements. C'est par ces mêmes
lois qu'ils ont souscrit à cette grande convention en la recevant immédiatement
de Dieu avec satisfaction.
commandements, puisque c'était sur ces conventions seules qu'était
fondée leur émanation. [8]
Je demanderai "Qu'étaient ces êtres premiers-créés,
avant leur émancipation divine ? Existaient-ils ou n'existaient-ils point
?" Ils existaient dans l'immensité du Créateur, mais toutefois
sans distinction d'action, de pensée et d'entendement particulier. Exister
ainsi, ce n'est point exister, parce qu'on ne peut agir et sentir que par la
volonté d'un être supérieur, dont tout ce qui est concentré
en lui ne peut être mû, et avoir entendement et action que par celui
qui contient le tout en lui-même. Il ne serait point Créateur sans
le règne infini des êtres qui sont innés en lui et qu'il
émancipe par sa seule volonté, et quand il lui plaît. C'est
cette multitude d'émancipations infinies qu'il fait des êtres spirituels
qui sont en lui-même, qui lui donne le nom de Créateur et de création
divine, spirituelle animale, spirituelle temporelle.
On demandera ce quétaient ces premiers êtres avant leur émanation
divine, s'ils existaient ou s'ils n'existaient pas ? Ils existaient dans le
sein de la Divinité, mais sans distinction d'action, de pensée
et d'entendement particulier, ils ne pouvaient agir ni sentir que par la seule
volonté de l'être supérieur qui les contenait et dans lequel
tout était mû ; ce qui, véritablement, ne peut pas se dire
exister ; cependant cette existence en Dieu est d'une nécessité
absolue ; c'est elle qui constitue l'immensité de la puissance divine.
Dieu ne serait pas le père et le maître de toutes choses s'il n'avait
innée en lui une source inépuisable d'êtres qu'il émane
de sa pure volonté et quand il lui plaît. C'est par cette multitude
infinie d'émanations d'êtres spirituels hors de lui-même
qu'il porte le nom de Créateur, et ses ouvrages celui de la création
divine, spirituelle et animale, spirituelle temporelle.
Quels sont donc ces premiers êtres créés que l'Eternel émancipa
de lui-même et comment les distingua-t-il ? Par leurs noms, vertus et
puissances supérieures à tout être créé après
eux. TAIls étaient supérieurs parce qu'ils occupaient immédiatement
l'immense circonférence divine qui est vulgairement appelée Domination,
premier cercle divin portant
Les premiers esprits émanés du sein de la Divinité étaient
distingués entre eux par leurs vertus, leurs puissances et leurs noms.
Ils occupaient l'immense circonférence divine appelée vulgairement
Domination, et qui porte son nombre dénaire selon la figure suivante
, et c'est là que tout esprit supérieur 10, majeur 8, inférieur
7,
son nom dénaire, ainsi qu'il suit par la figure .
TALe nom de ces premiers esprits était plus fort que ce que nous appelons
Chérubins, Séraphins, Archanges et Anges. Ces quatre dénominations
d'esprits nous assurent que leur émanation vient réellement de
la quadruple essence divine dans laquelle tout esprit créé, soit
majeur et supérieur 10, inférieur 7, et mineur 4, devait agir
et opérer pour la plus grande gloire du Créateur. Ces quatre premiers
principes d'êtres créés avaient en eux une partie de la
Domination divine, une vertu de puissance majeure, inférieure et mineure.
Ils avaient en eux toutes ces choses et la connaissance de celles qui pouvaient
exister ou être renfermées dans ces différents êtres
spirituels, puisqu'ils n'étaient point encore créés et
émancipés du sein de la Divinité,
mineur 4, devait agir et opérer pour la plus grande gloire du Créateur.
Leur démonstration ou leur nombre prouve que leur émanation vient,
réellement de la quatriple essence divine. Les [9] noms de ces quatre
classes d'esprits étaient plus forts que ceux que nous donnons vulgairement
aux Chérubins, Séraphins, Archanges et Anges, qui n'ont été
émancipés que depuis. De plus, ces quatre premiers principes d'êtres
spirituels avaient en eux, comme nous l'avons dit, une partie de la domination
divine ; une puissance supérieure, majeure, inférieure et mineure,
par laquelle ils connaissaient tout ce qui pouvait exister, ou être renfermé
dans les êtres spirituels qui n'étaient pas encore sortis du sein
de la Divinité.
parce que ces premiers chefs, émancipés du Créateur au
premier cercle divin, nommé mystérieusement cercle dénaire,
lisaient distinctement et avec sécurité ce qui se passait dans
la Divinité, ainsi que ce qui était contenu en elle-même.
Il ne doit pas y avoir le moindre doute sur ce que je dis ici, étant
bien convaincu qu'il n'appartient qu'à l'esprit de lire, voir et concevoir
l'esprit. Les premiers chefs créés spirituels étaient donc
considérablement revêtus de vertu et puissance divine. TAIl n'est
pas douteux que ces esprits prévissent toute action divine, la Divinité
[les] ayant créés pour être témoins face à
face de toutes ces opérations divines et de la manifestation de sa gloire.
Comment, dira-t-on, pouvaient-ils avoir connaissance des choses qui n'existaient
pas encore distinctement et hors du sein du Créateur ? Parce que ces
premiers chefs émanés au premier cercle, nommé mystérieusement
cercle dénaire, lisaient clairement et avec certitude ce qui se passait
dans la Divinité, ainsi que tout ce qui était contenu en elle-même.
Il ne doit point y avoir de doute sur ce que je dis ici, étant bien convaincu
qu'il n'appartient qu'à l'esprit de lire, de voir et de concevoir l'esprit.
Ces premiers chefs avaient une connaissance parfaite de toute action divine,
puisqu'ils n'avaient été émanés du sein du Créateur
que pour être moins [sic pour témoins] face à face de toutes
les opérations divines de la manifestation de sa gloire.
Ces chefs spirituels divins ont-ils toujours
Ces chefs spirituels divins ont-ils
conservé leur premier état de vertu et puissance divine ? Oui,
ils l'ont conservé par l'immutabilité des dons et décrets
éternels. Car, si Dieu avait retiré toutes les vertus et puissances
premières qu'il a mises réversibles sur ces premiers esprits créés,
il n'y aurait plus eu d'action de vie bonne et mauvaise, ni aucune manifestation
de gloire et de puissance divine supérieure aux esprits majeurs, inférieurs
et mineurs. Me dira-t-on que le Créateur devait bien prévoir que
cette création d'esprits prévariquerait et s'écarterait
des lois, préceptes et commandements qu'il voulait leur donner ? S'il
le prévoyait, pourquoi ne les contenait-il point dans leur premier état
de justice envers lui ? Je répondrai à cela que, quoique le Créateur
ait prévu l'ambition orgueilleuse de ces esprits, il ne pouvait les contenir
de pas une façon, sans les priver de leurs actions particulières
et innées en eux, ayant été émancipés de
la Divinité pour agir à leur volonté comme cause seconde
spirituelle suivant le plan pour lequel le Créateur les avait créés.
conservé leur premier état de vertu et puissance divine après
leur [10] prévarication ? Oui, ils l'ont conservé par l'immutabilité
des décrets de l'Eternel, car si le Créateur avait retiré
toutes les vertus et puissances qu'il a mises réversibles sur les premiers
esprits, il n'y aurait plus eu d'action de vie bonne ou mauvaise, ni aucune
manifestation de gloire, de justice, de puissance divine sur ces esprits prévaricateurs.
On me dira que le Créateur devait bien prévoir que ces premiers
esprits émanés prévariqueraient contre les lois, préceptes
et commandements qu'il leur avait donnés, et qu'alors c'était
à lui de les contenir dans la justice. Je répondrai à cela,
que, quand même le Créateur aurait prévu l'orgueilleuse
ambition de ces esprits, il ne pouvait, d'aucune façon, contenir et arrêter
leurs pensées criminelles sans les priver de leur action particulière
et innée en eux, ayant été émanés pour agir
selon leur volonté, et comme cause seconde spirituelle selon le plan
que le Créateur leur avait tracé. Le Créateur ne prend
aucune part aux causes secondes spirituelles bonnes et mauvaises, ayant lui-même
appuyé et fondé tout être spirituel sur des lois immuables
; par ce moyen, tout être spirituel est libre d'agir selon sa volonté
et sa détermination particulière, ainsi que le Créateur
l'a dit lui-même à sa créature ; et nous en voyons tous
les jours la confirmation sous nos yeux.
Me dira-t-on encore "Quel est le genre de prévarication de ces esprits
qui ait pu engager le Créateur d'user de force de loi divine contre ces
premiers esprits ?" TAJe répondrai à cette question que le
Créateur ne prend aucune part aux causes secondes spirituelles, bonnes
et mauvaises, ayant lui-même fondé tout
Si l'on demande quel est le genre de prévarication de ces esprits, pour
que le Créateur ait usé de force [11] de loi divine contre eux,
je répondrai que ces esprits n'étaient émanés que
pour agir comme causes secondes, et nullement pour exercer leur puissance sur
les causes premières ou l'action même de la
être créé sur les lois immuables, et par ce moyen tout être
créé est libre d'agir suivant sa volonté et sa détermination
particulière, qui peut opérer à son gré, ainsi que
le Créateur l'a dit lui-même à sa créature, et dont
nous voyons la confirmation tous les jours de la vie sous nos yeux. Je dirai
encore que si ces esprits n'étaient créés que pour agir
sur les causes secondes, pourquoi ont-ils voulu s'exercer et agir sur les causes
premières divines, au lieu de rester dans leur promesse inviolable d'action
et d'agent second ? Puisqu'ils étaient des causes secondes, ils ne devaient
être jaloux que de leur puissance, vertu et opération seconde,
n'ayant été créés et émancipés du
Créateur que pour cet objet, et non pour qu'ils s'occupassent à
prévenir les pensées du Créateur dans toutes ses opérations
divines, soit passées, présentes ou futures. TAUne pareille conduite
de la part de ces premiers chefs créés fut criminelle devant le
Créateur. En quoi peut-elle être criminelle ? Premièrement,
en ce qu'ils ont voulu chercher des moyens pour condamner l'éternité
divine, secondement, en ce qu'ils ont voulu chercher un autre moyen pour borner
la toute-puissance divine dans les opérations de création, troisièmement,
en ce qu'ils ont porté leurs pensées spirituelles à vouloir
être créateurs des causes troisième et quatrième,
qu'ils savaient être innées dans la toute-puissance du Créateur
que nous appelons quadruple essence divine.
Divinité ; puisqu'ils n'étaient que des agents secondaires, ils
ne devaient être jaloux que de leur puissance, vertu et opérations
secondes, et non point s'occuper à prévenir la pensée du
Créateur dans toutes ses opérations divines, tant passées
que présentes et futures. Leur crime fut premièrement d'avoir
voulu condamner l'éternité divine dans ses opérations de
création ; secondement, d'avoir voulu borner la Toute-puissance divine
dans ces mêmes opérations ; troisièmement, d'avoir porté
leur pensée spirituelle jusqu'à vouloir être Créateurs
des causes troisièmes et quatrièmes, qu'ils savaient être
innées dans la toute-puissance du Créateur, que nous appelons
quatriple essence divine.
Je ferai observer à mon disciple la volonté criminelle des premiers
esprits créés contre le Créateur. Ils ont condamné
l'éternité divine en ce qu'ils ont voulu donner à l'Eternel
une émanation semblable à la leur, ne
Comment pouvaient-ils condamner l'éternité divine ?
C'est en voulant donner à l'Eternel une émanation égale
à la leur, ne regardant le Créateur que comme un être
regardant le Créateur que comme un être semblable à eux.
En conséquence, il devait naître d'eux des créatures spirituelles,
qui dépendraient immédiatement d'eux, ainsi qu'ils devaient dépendre
de celui qui les avait créés. Voilà ce que nous appelons
le principe du mal spirituel, étant bien convaincu que toute mauvaise
volonté conçue par l'esprit est toujours criminelle devant Dieu,
quoique l'esprit n'ait point réalisé en action effective le contenu
de sa mauvaise volonté. Je dirai donc que c'est de cette première
volonté criminelle que les premiers esprits ont été précipités
par la seule puissance et volonté du Créateur dans les lieux de
sujétion, de privation et de misère impure à leur être
spirituel, comme esprits purs et simples relativement à leur émanation
première, ainsi qu'il va être expliqué.
semblable à eux ; et qu'en conséquence il devait naître
d'eux des créatures spirituelles qui dépendraient immédiatement
d'eux-mêmes, ainsi qu'ils dépendaient de celui qui les avait émanés.
Voilà ce que nous appelons le principe du mal spirituel, étant
certain que toute mauvaise volonté conçue [12] par l'esprit est
toujours criminelle devant le Créateur, quand bien même l'esprit
ne la réaliserait pas en action effective. C'est en punition de cette
simple volonté criminelle que les esprits ont été précipités
par la seule puissance du Créateur dans des lieux de sujétion,
de privation et de misère impure et contraire à leur être
spirituel qui était pur et simple par leur émanation, ce qui va
être expliqué.
TACes premiers esprits ayant commis leur crime, le Créateur fit force
de loi sur son immutabilité, en créant cet univers physique en
apparence de forme matérielle, pour être le lieu fixe où
ces esprits agiraient et exerceraient toute leur mauvaise volonté en
privation. Il ne faut point comprendre dans cette création, l'homme ou
le mineur, qui est aujourd'hui au centre de la surface terrestre, attendu que
l'homme ne devait faire usage, en aucune façon de forme apparente, de
cette matière, n'avant été créé par Dieu
que pour être un être puissant sur tout être créé
avant lui, ainsi qu'il va être expliqué.
Dieu ayant créé par sa toute-puissance cet univers pour être
l'asile des premiers esprits pervers et le lieu fixe de leurs mauvaises opérations,
qui ne pourront prévaloir aux lois d'ordre qu'il a données à
sa création universelle, TAle
Ces premiers esprits ayant conçu leur pensée criminelle, le Créateur
fit force de loi sur son immutabilité en créant cet univers physique,
en apparence de forme matérielle, pour être le lieu fixe où
ces esprits pervers avaient à agir, à exercer en privation toute
leur malice. Il ne faut point comprendre dans cette création matérielle
l'homme ou le mineur qui est aujourd'hui au centre de la surface terrestre ;
parce que l'homme ne devait faire usage d'aucune forme de cette matière
apparente, n'ayant été émané et émancipé
par le Créateur que pour dominer sur tous les êtres émanés
et émancipés avant lui. L'homme ne fut émané qu'après
que cet univers fut formé par la Toute-puissance divine pour être
l'asile des premiers esprits pervers et la borne de leurs opérations
mauvaises, qui ne prévaudront jamais contre les lois d'ordre que le Créateur
a donné à sa création universelle. Il avait les mêmes
Créateur créa, après toutes choses, un homme à qui
il donna les mêmes préceptes, lois et commandements qu'il avait
donnés à ces premiers esprits créés ; quoique, second,
il devint aîné et supérieur aux premiers par son état
de gloire et son exactitude à remplir les commandements qu'il reçut
de Dieu. Ce dernier-créé connaissait parfaitement l'origine de
sa création spirituelle et la nécessité de la création
universelle ; il connaissait encore l'utilité de sa création spirituelle
et la forme glorieuse qui lui avait été donnée pour agir
dans toute sa volonté sur les formes corporelles actives et passives.
C'était dans toute cette forme de gloire qu'il devait manifester toute
sa puissance pour la plus grande gloire du Créateur, en face de la création
universelle, particulière et générale.
vertus et puissances que les premiers esprits ; et quoiqu'il ne fût émané
qu'après eux, il devint leur supérieur et leur aîné
par [13] son état de gloire et la force du commandement qu'il reçut
du Créateur. Il connaissait parfaitement la nécessité de
la création universelle ; il connaissait de plus l'utilité et
la sainteté de sa propre émanation spirituelle, ainsi que la forme
glorieuse dont il était revêtu pour agir dans toutes ses volontés
sur les formes corporelles actives et passives. C'était dans cet état
qu'il devait manifester toute sa puissance pour la plus grande gloire du Créateur
en face de la création universelle, générale et particulière.
Nous distinguerons l'univers en trois parties pour le faire concevoir à
nos disciples avec toutes les facultés d'action spirituelle. L'univers
est une immense circonférence dans laquelle est contenu le général
et le particulier. Le général est la terre, de laquelle émanent
tous les aliments nécessaires pour substanter le particulier ; et le
particulier est composé de tous les habitants de corps célestes
et terrestres. Voilà la distinction que nous faisons de la création
universelle, pour que nos disciples puissent connaître et opérer
avec distinction et connaissance de cause dans chacune de ses trois parties.
Nous distinguons ici l'univers en trois parties, pour le faire concevoir à
nos émules avec toutes ses facultés d'actions spirituelles : 1°
l'univers, qui est une circonférence dans laquelle sont contenus le général
et le particulier ; 2° la terre ou la partie générale de laquelle
émanent tous les aliments nécessaires à substancier le
particulier ; 3° le particulier, qui est composé de tous les habitants
des corps célestes et terrestres. Voilà la division que nous ferons
de la création universelle, pour que nos émules puissent connaître
et opérer avec distinction et connaissance de cause dans chacune de ces
trois parties.
TAAdam était donc, dans son premier état de gloire, le véritable
émule du Créateur, puisqu'il lisait dans le Créateur lorsqu'il
opérait ses pensées divines face à face de lui. Il lui
fit donc concevoir les trois principes qui composent l'univers qu'il avait créé,
et
Adam, dans son premier état de gloire, était le véritable
émule du Créateur. Comme pur esprit, il lisait à découvert
les pensées et les opérations divines. Le Créateur lui
fit concevoir les trois principes qui composaient l'univers ; et, pour cet effet,
il lui dit : "Commande à
pour cet effet, il lui dit : "Commande à tous les animaux actifs
et passifs. Ils t'obéiront." La créature obéit à
ce que lui dit le Créateur, et Adam vit par là que sa puissance
était grande. Voilà positivement comme il apprit à connaître
avec sécurité une partie du tout composant l'univers, après
qu'il eut opéré sur ce que nous appelons le particulier, qui est
composé de tout être créé actif et passif habitant
la surface terrestre et son centre jusqu'au centre céleste, qui est appelé
mystérieusement ciel de Saturne au-dessus duquel est le sur-céleste.
tous les animaux actifs et passifs, et ils [14] obéiront." Adam
exécuta ce que le Créateur lui avait dit ; il vit par là
que sa puissance était grande, et il apprit à connaître
avec certitude une partie du tout composant l'univers. Cette partie est ce que
nous nommons le particulier, composé de tout être actif et passif
habitant depuis la surface terrestre et son centre jusqu'au centre céleste
appelé mystérieusement ciel de Saturne.
Après cette opération, le Créateur dit à sa créature
: "Commande au général ou à toute la terre, et elle
t'obéira", ce que la créature fit. Elle vit que sa vertu
était grande. Il connut, après cette opération, avec certitude,
le second tout composant l'univers. Après ces deux opérations,
le Créateur dit à la créature : "Commande à
l'univers créé, et tous ses habitants spirituels t'obéiront."
Adam exécuta encore la parole de l'Eternel ; et ce fut par cette troisième
opération qu'il apprit à connaître la création universelle.
Après cette opération, le Créateur dit à sa créature
: "Commande au général ou à la terre ; elle t'obéira."
Ce que fit Adam. Il vit par là que sa puissance était grande et
il connut avec certitude le second tout composant l'univers. Après ces
deux opérations, le Créateur dit à sa créature :
"Commande à tout à l'univers créé, et tous
ses habitants t'obéiront." Adam exécuta encore la parole
de l'Eternel ; et ce fut par cette troisième opération qu'il apprit
à connaître la création universelle.
Adam ayant ainsi opéré et manifesté sa volonté au
gré du Créateur, reçut de lui le nom auguste d'homme-Dieu
de la terre universelle, parce qu'il devait sortir de lui une postérité
de Dieu et non une postérité charnelle. Je ferai observer que,
par le moyen des trois opérations que l'homme fit au gré du Créateur,
il reçut pour lors les lois, préceptes et commandements. A la
première opération, il reçut la loi, à la seconde,
le précepte, et à la troisième, le commandement. Ces trois
genres d'opération, que le premier homme fit au gré du Créateur,
nous font bien voir clairement, non seulement les bornes de
Adam ayant ainsi opéré et manifesté sa volonté au
gré du Créateur, reçut de lui le nom auguste d'Homme Dieu
de la terre universelle, parce qu'il devait sortir de lui une postérité
de Dieu et non une postérité charnelle. Il faut observer qu'à
la première opération Adam reçut la loi ; à la deuxième,
il reçut le précepte, et à la troisième, le commandement.
Par ces trois sortes d'opérations nous devons voir clairement, non seulement
quelles étaient les bornes de la puissance, vertu et force que le Créateur
avait, données [15] à sa créature, mais encore celles qu'il
avait prescrites aux premiers esprits pervers.
puissance, de vertu et de force qu'il avait données à Adam, mais
encore celles dans lesquelles il avait borné les premiers esprits créés
avant lui.
TALe Créateur, ayant vu sa créature satisfaite de la vertu, force
et puissance, qui étaient innées en lui, desquelles il pourrait
user à sa volonté, se retira de lui, pour le laisser agir selon
son libre-arbitre, qu'il avait donné à sa créature par
l'émancipation qu'il avait faite d'elle, en la détachant d'une
manière distincte de son immensité divine. Et cela pour qu'elle
eût la faculté de la jouissance particulière personnelle,
présente et future, pour une éternité impassive, pourvu
toutefois que la créature agît selon la volonté du Créateur.
Le Créateur ayant vu sa créature satisfaite de la vertu, force
et puissance innées en elle, et par lesquelles elle pouvait agir à
sa volonté, l'abandonna à son libre-arbitre, l'ayant émancipée
d'une manière distincte de son immensité divine avec cette liberté,
afin que sa créature eût la jouissance particulière et personnelle,
présente et future, pour une éternité impassive, pourvu
toutefois qu'elle se conduisît selon la volonté du Créateur.
Cette créature que nous nommons Adam, étant livrée à
son libre-arbitre, sous la réflexion de sa grande puissance manifestée
par la grande force et vertu de ses trois premières opérations,
envisagea son travail presque aussi grand que celui de Créateur, et ne
pouvant pas de son chef approfondir parfaitement ces trois grandes opérations
premières avec celles de son Créateur, ainsi qu'il en avait reçu
l'ordre exprès de lui-même, avant qu'il fût laissé
libre de ses volontés sur tout ce qui était à sa domination
et en son pouvoir [lacune ?].
Les réflexions d'Adam, ainsi que la pensée qu'il avait conçue
de lire dans la puissance infinie du Créateur, ne tardèrent pas
d'un instant d'être connues des premiers esprits créés,
puisque, de l'instant qu'Adam eut imaginé cette pensée, un des
principaux esprits pervers, que nous appelons mauvais intellects ou démons,
apparut à Adam sous la plus belle forme de gloire apparente et, s'étant
Adam étant livré à son libre arbitre, réfléchit
sur la grande puissance manifestée par ses trois premières opérations.
Il envisagea son travail comme étant presque aussi grand que celui du
Créateur ; mais ne pouvant de son chef approfondir parfaitement ces trois
premières opérations ni celles du Créateur, le trouble
commença à s'emparer de lui au milieu de ses réflexions
sur la toute-puissance divine, dans laquelle il ne pouvait lire qu'avec le consentement
du Créateur, selon qu'il lui avait été enseigné
par les ordres que le Créateur lui avait donnés lui-même
d'exercer ses pouvoirs sur tout ce qui était à sa domination,
avant de le laisser libre de ses volontés. Les réflexions d'Adam,
ainsi que la pensée qu'il avait eue de lire dans la puissance divine,
ne tardèrent pas d'un instant d'être connues des premiers esprits
pervers que nous nommons mauvais démons, puisque, [16] dès qu'il
eut conçu cette pensée, un des principaux esprits pervers apparut
à lui sous la forme
approché, lui dit : "Que désires-tu connaître de plus
du Créateur ? N'a-t-il pas mis en toi toute vertu et puissance égales
à lui ? Agis et opère, en ta qualité d'être libre,
toute volonté innée en toi, soit sur lui, soit sur toute la création
universelle qu'il a soumise à ta puissance et à ton commandement.
Tu apprendras pour lors à être convaincu que ta puissance ne diffère
en rien de celle du Créateur. Tu apprendras encore à connaître
que tu es non seulement créature particulière, mais encore créateur,
comme te l'a dit le Créateur qu'il devait naître de toi une postérité
de Dieu. C'est du Créateur que je tiens toutes ces choses, et c'est pour
lui et en son nom que je te parle.
apparente de corps de gloire, et s'étant approché d'Adam, il lui
dit : "Que désires-tu connaître de plus du tout-puissant Créateur
? Ne t'a-t-il pas égalé à lui par la vertu et la toute-puissance
qu'il a mises en toi ? Agis selon ta volonté innée en toi, et
opère en qualité d'être libre, soit sur la Divinité,
soit sur toute la création universelle qui est soumise à ton commandement.
Tu te convaincras pour lors que ta toute-puissance ne diffère en rien
de celle du Créateur. Tu apprendras à connaître que tu es
non seulement créateur de puissance particulière, mais encore
créateur de puissance universelle ainsi qu'il t'a été dit
qu'il devait naître de toi une postérité de Dieu. C'est
du Créateur que je tiens toutes ces choses, et c'est par lui et en son
nom que je te parle."
TAA ce propos de l'esprit démoniaque, Adam resta dans l'inaction et sentit
naître en lui un trouble violent, qui le mit dans une extase. Et, dans
cet état, l'esprit malin lui suggéra toute sa puissance démoniaque,
qui fit par ce moyen retenir impression de sa volonté à Adam,
qui, revenu à son extase spirituelle animale, consentit à opérer
la science démoniaque contre celle du Créateur et contre celle
que le Créateur lui avait donnée pour assujettir tout être
créé inférieur à lui. Adam, prévenu et persuadé
de la pensée démoniaque, la préféra à la
science particulière spirituelle qu'il avait entièrement rejetée,
pour ne faire usage que de celle que l'esprit malin lui avait suggérée.
A ce discours de l'esprit démoniaque, Adam resta comme dans l'inaction,
et sentit naître en lui un trouble violent, d'où il tomba dans
l'extase. C'est dans cet état que l'esprit malin lui insinua sa puissance
démoniaque ; et Adam, revenu de son extase spirituelle animale, mais
ayant retenu une impression mauvaise du démon, résolut d'opérer
la science démoniaque préférablement à la science
divine que le Créateur lui avait donnée pour assujettir tout être
inférieur à lui. Il rejeta entièrement sa propre pensée
spirituelle divine, pour ne faire [17] usage que de celle que l'esprit malin
lui avait suggérée.
Adam opéra donc la pensée démoniaque, en faisant une quatrième
opération, dans laquelle il usa de toutes les paroles puissantes que
le Créateur lui avait transmises pour ses trois premières
Adam opéra donc la pensée démoniaque en faisant une quatrième
opération dans laquelle il usa de toutes les paroles puissantes que le
Créateur lui avait transmises pour ses trois premières
opérations, quoiqu'il eût entièrement rejeté les
règles de ces mêmes opérations. Il fit usage, de préférence,
de celles que le démon lui avait enseignées, comme aussi du plan
convenable qu'il devait opérer pour attaquer l'immutabilité du
Créateur,
opérations, quoiqu'il eût entièrement rejeté le cérémonial
de ces mêmes opérations. Il fit usage par préférence
du cérémonial que le démon lui avait enseigné, ainsi
que du plan qu'il en avait reçu pour attaquer l'immutabilité du
Créateur.
suivant ce que les esprits pervers avaient conçu d'opérer pour
devancer le Créateur, au préjudice des lois que l'Eternel leur
avait prescrites pour leur servir de bornes dans toutes les opérations
spirituelles divines. Ces premiers esprits ne devaient rien concevoir ni entendre
en matière de création, n'étant que créatures, ainsi
qu'Adam qui ne devait pas plus aspirer à cette ambition, qui lui fut
suggérée mal à propos par le démon, de vouloir tendre
à la création des êtres spirituels.
Adam répéta ce que les premiers esprits pervers avaient conçu
d'opérer pour devenir créateurs au préjudice des lois que
l'Eternel lui avait prescrites pour leur servir de bornes dans leurs opérations
spirituelles divines. Ces premiers esprits ne devaient rien concevoir ni entendre
en matière de création, n'étant que créature de
puissance. Adam ne devait pas plus aspirer qu'eux à cette ambition de
création d'êtres spirituels qui lui fut suggérée
par le démon.
A peine ces esprits pervers eurent conçu d'opérer leur volonté
de création semblable au Créateur, que le Créateur fit
abattre tout d'un coup eux et leurs pensées ambitieuses dans des lieux
de ténèbres et de privation divine pendant une durée immense
de temps, étant condamnés à cette demeure par la volonté
immuable du Créateur. Je ferai observer à mon disciple que cette
condamnation à ce châtiment du Créateur fait bien voir qu'il
ne laisse aucune pensée d'esprit criminelle impunie, attendu que le Créateur
ne saurait ignorer la pensée et la volonté de son être créé.
C'est donc la volonté bonne et mauvaise qui va directement se faire entendre
au Créateur qui la reçoit ou la rejette. Ce n'est donc point,
comme plusieurs personnes ont voulu le dire, que le mal venait du Créateur,
ainsi que toute chose créée émane de lui. Un pareil jugement
est impie et erroné. Du
Nous avons vu qu'à peine ces démons ou esprits pervers eurent
conçu d'opérer leur volonté d'émanation semblable
à celle qu'avait opérée le Créateur, ils furent
précipités dans des lieux de ténèbres pour une durée
immense de temps, par la volonté immuable du Créateur. Cette chute
et ce châtiment nous prouvent que le Créateur ne saurait ignorer
la pensée et la volonté de sa créature ; cette pensée
[18] et cette volonté, bonnes ou mauvaises, vont se faire entendre directement
au Créateur qui les reçoit ou les rejette. On aurait donc tort
de dire que le mal vient du Créateur, sous prétexte que tout émane
de lui. Du Créateur est sorti tout être spirituel, bon, saint et
parfait aucun mal n'est et ne peut être émané de lui. Mais
que l'on demande d'où est donc émané le mal ? Je dirai
que le mal est enfanté par l'esprit et non créé ; la création
appartient au Créateur et non à la créature ; les
Créateur est sorti tout être spirituel bon et même sain et
parfait. Aucun mal n'est et ne peut être émané de lui. Mais
qu'on me demande d'où est venu le mal, je dirai que le mal est enfanté
par l'esprit, et non créé, la création n'appartenant qu'au
Créateur et non à la créature. TALa pensée et la
volonté mauvaise sont enfantées par l'esprit mauvais, comme la
pensée supérieure et sublime bonne donnée à l'homme
est enfantée par l'esprit bon. Ces sortes d'enfantements de pensées
bonnes et mauvaises et de volonté pour et contre l'homme, sont immédiatement
émanées des esprits bons et mauvais, sauf à l'homme de
recevoir l'une ou l'autre relativement à son libre-arbitre, qui lui donne
droit de prétendre à la récompense promise par le Créateur
pour ses bonnes oeuvres, comme aussi de rester pour un temps infini dans la
privation de son droit spirituel. Je dirai encore, au sujet de l'origine du
mal, que le mal ne prend point son origine du Créateur, ni d'aucune de
ses créatures particulières. Mais je dirai que l'origine du mal
vient très positivement de la mauvaise pensée et mauvaise volonté
de l'esprit, ou de la pensée et de la volonté opposées
aux lois, préceptes et commandements de l'Eternel, et qu'il ne peut pas
changer dans cet esprit, sans détruire sa liberté ou son existence
particulière, comme il a été dit ci-dessus. Non que l'esprit
qui a enfanté le mal soit le mal même, car, si les démons
changeaient leur volonté mauvaise, leurs actions changeraient aussi,
et, de cet instant, il ne serait plus question de mal dans tout l'univers. Répondrez-vous
à cela que Dieu étant immuable dans tous ses décrets, il
a condamné en privation dans les peines éternelles ceux qui ont
enfanté le mal ? Je répondrai qu'il est vrai que le Créateur
a condamné celui
pensées mauvaises sont enfantées par l'esprit mauvais, comme les
pensées bonnes sont enfantées par l'esprit bon ; c'est à
l'homme à rejeter les unes et à recevoir les autres, selon son
libre-arbitre qui lui donne droit de prétendre aux récompenses
de ses bonnes oeuvres, mais qui peut aussi le faire rester pour un temps infini
dans la privation de son droit spirituel.
qui est professeur et qui professe le mal, à une privation et à
des pâtiments infinis, mais je fais apercevoir qu'au centre de la manifestation
de la justice du Créateur sur la créature, il s'est lui-même
nommé père de miséricorde sans borne sur cette même
créature.
Je n'irai pas plus avant dans l'examen de cette infinie miséricorde de
Dieu, me réservant d'en parler dans un autre endroit. Je reviendrai donc
encore une fois à l'enfantement du mal occasionné par la mauvaise
volonté de l'esprit. TAJe dirai donc que le mauvais enfantement de l'esprit,
n'étant que la mauvaise pensée de laquelle résulte la volonté
appelée spirituellement "mauvais intellect", de même
que l'enfantement de la bonne volonté est encore appelé "bon
intellect", c'est par ces sortes d'intellects que ces esprits bons et mauvais
se communiquent à l'homme et font retenir impression quelconque au maçon
spirituel, toutefois cependant que la volonté de celui qui a le pouvoir
de rejeter ou d'admettre veut se prêter [à] recevoir l'un ou l'autre,
dans sa qualité d'être mineur libre de son premier principe de
création.
Je parlerai plus amplement de cette miséricorde divine dans un autre
endroit. Je reviendrai encore à l'enfantement du mal occasionné
par la mauvaise volonté de l'esprit, et je dirai que le mauvais enfantement
de l'esprit, n'étant que la mauvaise pensée, est appelé
spirituellement mauvais intellect, de même que l'enfantement de la bonne
pensée est appelé bon intellect. C'est par ces sortes d'intellects
que les esprits bons et mauvais se communiquent à l'homme et lui font
retenir une impression quelconque, selon qu'il use de son libre-arbitre pour
[19] rejeter ou admettre le mauvais ou le bon, à sa volonté.
Nous distinguons la volonté bonne ou mauvaise des esprits par le nom
d'intellect, parce qu'ils opèrent sur des êtres spirituels créés
après eux, et que ces esprits premiers-créés n'ont dégénéré
des puissances supérieures à celles des mineurs, que par leur
prévarication qui les assujettit aux créatures mineures. Je ne
fais aucune distinction de la sujétion dans laquelle le mineur, ou l'homme,
tient les esprits bons, d'avec celle dont il tient les esprits mauvais sous
sa vertu et puissance, ainsi que je vais le faire comprendre à mon disciple.
Nous nommons intellect cette insinuation bonne ou mauvaise des esprits, parce
qu'ils agissent sur des êtres spirituels. Les esprits pervers sont assujettis
aux mineurs, ayant dégénérés de leur puissance supérieure
par leur prévarication. Les bons esprits sont également assujettis
à l'homme par la puissance quaternaire qu'il reçut à son
émanation. Cette puissance universelle de l'homme est annoncée
par la parole du Créateur, qui lui dit : "J'ai tout créé
pour toi ; tu n'as qu'à commander pour être obéi."
Il n'y a donc nulle distinction à faire de la sujétion où
le mineur tient les
TALorsque le Créateur eut créé le premier maçon,
après avoir créé les ténèbres, ou la terre,
où devaient habiter les professeurs du mauvais intellect, il dit à
son homme qu'il avait créé toutes choses au-dessous du ciel surcéleste
pour lui, et que tout était créé pour être sujet
à lui, qu'il n'avait qu'à commander pour être obéi.
Il avait donc force de commandement sur les démons en privation. La bonne
volonté de ce premier maçon, ou du mineur revêtu de son
corps de gloire, aurait été à ces esprits un bon et véritable
intellect, qui se serait fait sentir à lui, ainsi que le mauvais intellect
se fit sentir au premier maçon, et qui, par sa prévarication,
se fait encore ressentir jusqu'à nous. Par la puissance de commandement
qu'il avait sur les démons, il pourrait par sa bonne volonté les
resserrer encore plus dans leur privation, en leur refusant la communication
de tout être créé après eux, ainsi que cela nous
est figuré en nature par l'inégalité des cinq doigts de
la main droite, dont le doigt médium figure l'âme, le pouce l'esprit
bon, l'index l'intellect bon, les deux autres doigts figurent également
l'esprit et intellect démoniaque. TANous comprendrons très clairement
par cette figure que l'homme ou le maçon mineur était uniquement
créé pour être toujours en aspect du mauvais démon,
pour le contenir, le combattre et le retenir dans une plus grande privation
de communication de tout être spirituel bon. La force et la puissance
du mineur étaient bien plus grandes que celles des démons qu'il
devait contenir sous sa puissance, en ce que le mineur avait en son pouvoir
celles de son compagnon et son intellect qu'il réunissait avec la science,
et que, par ce moyen, il pouvait faire lutter trois
esprits bons, d'avec celle où il tient les esprits mauvais. Si l'homme
se fût maintenu dans son état de gloire, il aurait servi de bon
et de véritable intellect aux mauvais démons, ainsi qu'eux-mêmes
ont fait sentir leur mauvais intellect au premier mineur et qu'ils le font journellement
ressentir parmi nous. Par la puissance du commandement, l'homme pouvait encore
plus les resserrer dans la privation en leur refusant toute communication avec
lui ; ce qui nous est figuré par l'inégalité des cinq doigts
de la main, dont le doigt médium figure l'âme, le pouce, l'esprit
bon, l'index, l'intellect bon ; les deux autres doigts figurent également
l'esprit et l'intellect démoniaques. Nous comprendrons aisément
par cette figure, que [20] l'homme n'avait été émané
que pour être toujours en aspect du mauvais démon, pour le contenir
et le combattre. La puissance de l'homme était bien supérieure
à celle du démon, puisque cet homme joignait à sa science
celle de son compagnon et de son intellect, et que, par ce moyen, il pouvait
opposer trois puissances spirituelles bonnes contre deux faibles puissances
démoniaques ; ce qui aurait totalement subjugué les professeurs
du mal, et par conséquent, détruit le mal même.
puissances bonnes contre deux mauvaises démoniaques. Et, de cette façon,
il aurait mis fin au professeur du mal et au mal même.
On peut voir, par tout ce que je viens de dire sur le professeur du mal, que
l'origine du mal n'est venue d'aucune autre cause que de la mauvaise pensée
suivie de la mauvaise volonté de l'esprit contre les lois divines. Non
que l'esprit même, qui émane du Créateur, soit directement
le mal, parce que le possible du mal n'a jamais existé dans le Créateur.
C'est donc une grande erreur que d'admettre dans la possibilité des choses
divines le mal qui naît de la seule disposition et volonté de la
créature, et non du Créateur. Ceux qui parlent différemment
ne parlent pas avec connaissance de cause des choses possibles et impossibles
à la Divinité. On ne donne au Créateur, lorsqu'il châtie
sa créature, que le nom de justice, et non le nom d'auteur du fléau
qu'il lance sur la créature pour tâcher, par cet effet, de la préserver
des tourments et châtiments infinis.
L'on peut voir, par tout ce que je viens de dire, que l'origine du mal n'est
venue d'aucune autre cause que de la mauvaise pensée suivie de la volonté
mauvaise de l'esprit contre les lois divines ; et non pas que l'esprit même
émané du Créateur soit directement le mal ; parce que la
possibilité du mal n'a jamais existé dans le Créateur.
Il ne naît uniquement que de la seule disposition et volonté de
ses créatures. Ceux qui parlent différemment ne parlent pas avec
connaissance de cause des choses possibles et impossibles à la Divinité.
Lorsque le Créateur châtie sa créature, on lui donne le
nom de juste, et non celui d'auteur du fléau qu'il lance pour préserver
sa créature du châtiment infini.
TAJ'entrerai présentement dans l'explication de la prévarication
d'Adam, ou du premier être maçon mineur créé après
les premiers êtres spirituels et prévaricateurs avant lui. Je dirai,
pour cet effet, que la prévarication du premier maçon créé
est une répétition de celle des premiers esprits. Elle est telle
parce que l'inspiration de sa prévarication, quoique partant de sa propre
volonté, ne vient point immédiatement de sa pensée, cette
pensée lui ayant été suggérée par ces premiers
esprits prévaricateurs. La force de la prévarication d'Adam est
encore plus grande et plus considérable que celle des premiers esprits.
Elle est telle,
J'entrerai maintenant dans l'explication de la prévarication du premier
homme. Cette prévarication est une répétition de celle
des esprits pervers premiers émanés ; quoiqu'elle parte de la
propre volonté [21] d'Adam, elle ne vient point immédiatement
de sa pensée, cette pensée lui ayant été suggérée
par les esprits prévaricateurs. Mais la prévarication du premier
homme est plus considérable que celle des premiers esprits, en ce que,
non seulement Adam a retenu impression du conseil des démons en faveur
desquels il a contracté une volonté mauvaise, mais encore il s'est
porté à mettre en usage toute sa vertu et
non seulement parce qu'Adam a retenu impression du conseil des démons
qui l'ont fait déterminer à contracter sa volonté mauvaise
en faveur de leurs conseils démoniaques, mais encore il s'est porté
à mettre en usage toute sa volonté, vertu et puissance divine
contre le Créateur, ce que ces premiers esprits n'avaient pas eu le temps
de faire, leur pensée et volonté mauvaise ayant été
lues par le Créateur, qui abattit tout aussitôt leur vouloir à
ce sujet. On demandera pourquoi le Créateur n'a pas usé de son
pouvoir contre la mauvaise volonté et l'opération inique d'Adam,
ainsi qu'il avait fait contre celle des premiers esprits pervers. Je répondrai
à cela que, comme le Créateur avait créé l'homme,
ou le mineur, pour être l'instrument duquel il se servirait pour l'entière
punition des premiers esprits, il laissa subsister les lois d'ordre qu'il avait
données à l'un et à l'autre de ces deux êtres créés,
et les vit opérer selon leur libre-arbitre, suivant leur pensée,
désir et volonté innés en eux. TALe Créateur, étant
un être immuable dans ses décrets et dans ses dons spirituels,
comme aussi dans ce qu'il promet et refuse, de même que dans les récompenses
et les peines qu'il inflige à sa créature, suivant qu'elle sait
qu'elle le mérite par ses actions, laissa agir ces deux êtres créés
à leur propre volonté, n'étant point au Créateur
de lire dans les causes secondes, comme je l'ai déjà dit, et encore
moins de les empêcher et arrêter. Il ne le pourrait sans sortir
de son immutabilité et déroger par là de sa propre existence
d'être nécessaire et à sa puissance divine, comme je vais
le faire entendre à mon disciple.
puissance divine contre le Créateur, en opérant au gré
des démons et de sa propre volonté un acte de création,
ce que les esprits pervers n'avaient pas eu le temps de faire, leur pensée
et leur volonté mauvaises ayant été tuées par le
Créateur qui arrêta aussitôt et prévint l'acte de
l'opération de cette volonté. L'on demandera peut-être pourquoi
le Créateur n'a pas agi contre la mauvaise volonté et l'opération
inique du premier homme ainsi qu'il l'avait fait contre celle des esprits pervers
? Je répondrai à cela que l'homme, étant l'instrument préposé
par le Créateur pour la punition des premiers esprits, reçut des
lois d'ordre en conséquence. Le Créateur laissa subsister ces
lois d'ordre qu'il avait données à l'homme, ainsi que celles qui
étaient innées dans l'esprit mauvais, afin que ces deux êtres
opérassent conformément à leur pensée et à
leur volonté particulière. Le Créateur étant un
être immuable dans ses décrets et dans ses dons spirituels, comme
aussi dans ce qu'il promet et ce qu'il refuse, de même que [22] dans les
peines et récompenses qu'il envoie à sa créature selon
quelle le mérite, ne pouvait, sans manquer à son immutabilité,
arrêter la force et l'action des lois d'ordre que l'esprit mauvais et
l'esprit mineur ou l'homme avait eues. Il laissa agir librement les deux êtres
émanés, n'étant point en lui de lire dans les causes secondes
temporelles, ni d'en empêcher l'action sans déroger à sa
propre existence d'Etre nécessaire et à sa puissance divine.
Si le Créateur prenait quelque part aux causes secondes, il faudrait
que de toute
Si le Créateur prenait quelque part aux causes secondes, il faudrait
de toute
nécessité, il communiquât lui-même la pensée
et la volonté à la créature bonne et mauvaise, et qu'il
la fît communiquer par ses agents spirituels qui émaneraient immédiatement
de lui, ce qui reviendrait toujours à la même chose.
nécessité qu'il communiquât lui-même non seulement
la pensée, mais encore la volonté bonne ou mauvaise à sa
créature, ou qu'il la fît communiquer par ses agents spirituels
qui émaneraient immédiatement de lui, ce qui reviendrait au même.
Si le Créateur agissait ainsi, vous auriez raison de dire que le bien
et le mal viennent de Dieu, de même que le pur et l'impur. Toute chose
étant ainsi, vous n'auriez plus besoin de vous considérer comme
des hommes libres et sujets à aucun culte divin de notre propre volonté,
puisque nous n'en n'aurions aucune par le défaut de liberté. Rendons
donc toute la justice qui est due au Créateur, en restant plus que certains
et convaincus, qu'il n'a jamais existé en lui le moindre soupçon
de mal, ce qui ne peut même se penser, la chose n'étant point possible
et n'étant même point dans la possibilité divine.
Si le Créateur agissait ainsi, on aurait raison de dire que le bien et
le mal viennent de Dieu, de même que le pur et l'impur. Nous ne pourrions
plus alors nous considérer comme des êtres libres et sujets à
un culte divin de notre propre volonté. Rendons toute la justice qui
est due au Créateur, en restant plus que convaincus qu'il n'y a jamais
existé en lui et qu'il n'y peut jamais exister le moindre soupçon
de mal et que c'est de la seule volonté de l'esprit que le mal peut sortir,
l'esprit étant revêtu d'une entière liberté.
TACe qui prouve démonstrativement la vérité de ce que je
dis, c'est que s'il avait été à la possibilité du
Créateur d'arrêter les causes secondes, il n'aurait point permis
que son mineur, ou son premier homme, qu'il avait créé pour être
le seul être opérant pour la punition des esprits pervers, fût
la proie des démons, l'ayant expressément créé pour
être l'instrument particulier de la manifestation de sa gloire contre
ces esprits. Je ferai encore une petite comparaison à ce sujet, quoiqu'il
n'y en n'ait point à faire. Je vous proposerai, par exemple : Si vous
envoyiez un second vous-même pour combattre et terrasser vos ennemis et
qu'il fût en votre pouvoir de le faire revenir victorieux et triomphant
sur eux, pourriez-vous le laisser succomber sans succomber vous-même ?
Si, au contraire, votre ennemi ne marche à vos ennemis
Ce qui prouve démonstrativement la vérité de ce que je
dis, c'est que, sil avait été à la possibilité
du [23] Créateur d'arrêter l'action des causes secondes spirituelles
temporelles il n'aurait pas permis que son mineur succombât à l'insinuation
des démons, l'ayant émané expressément pour être
l'instrument particulier de la manifestation de sa gloire contre ces mêmes
démons. Je ferai encore une petite comparaison à ce sujet, quoiqu'il
n'y en ait point à faire : je vous dirai donc que, si vous envoyiez un
second vous-même pour combattre vos ennemis, et qu'il fut en votre pouvoir
de le faire triompher, pourriez-vous le laisser succomber sans succomber vous-même
? Si, au contraire, votre député va au combat en observant de
point en point les lois d'ordre que vous lui aurez donné, et qu'il revienne
triomphant, vous le
pour les combattre, que sous les lois immuables que vous lui auriez prescrites,
il reviendra triomphant s'il les a suivies de point en point, et vous le récompenserez
de tout votre pouvoir, comme un ami fidèle à vos ordres. Mais
s'il succombe, ayant transgressé ces mêmes lois, vous le punirez,
comme ayant la force en main. Ce député ayant enfin succombé,
avez-vous subi son sort ? Non, il n'y a que lui de blâmable, et sur lequel
doit porter votre indignation, en le considérant comme un opprobre, faussaire
et parjure à lui-même. Je dirai donc à cet égard
: Si votre député avait reçu vos ordres pour combattre
vos ennemis, et si, au lieu de les attaquer pour les terrasser selon vos lois,
il se joignait à eux pour vous attaquer et vous rendre leur sujet, au
lieu qu'ils sont les vôtres, comment considéreriez-vous ce député
? Vous le regarderiez comme un traître et vous seriez en garde contre
lui. Eh bien, voilà précisément, par les comparaisons que
je viens de faire, la prévarication de ce premier homme, ou maçon
mineur créé, contre son Créateur. C'est à ce sujet
qu'il est dit dans les saintes Ecritures par l'ange du Créateur : "Chassons
d'ici l'homme qui a la connaissance du bien et du mal. Car il pourrait nous
troubler dans nos fonctions toutes spirituelles. Et prenons garde qu'il n'attaque
ou ne touche l'arbre de vie et qu'il ne vive par ce moyen à jamais."
TAL'arbre de vie n'est autre chose que l'esprit du Créateur, que le mineur
attaque injustement avec ses alliés. "Qu'il ne vive à jamais"
signifie qu'il ne vive éternellement comme les esprits démoniaques,
sous leur même vertu et puissance maudite.
récompenserez de tout votre pouvoir comme un ami fidèle à
vos ordres. Mais si, s'étant écarté de vos lois, il vient
à succomber, vous le punirez parce qu'il avait la force en main. Cependant
ce député étant vaincu, l'êtes-vous également
? Non. Il n'y a donc que lui de blâmable et sur lequel doit tomber toute
votre indignation, comme étant faussaire et parjure ; aussi vous l'aurez
en opprobre. De plus, si votre député, ayant reçu vos ordres
pour aller combattre vos ennemis, au lieu de les attaquer et de les terrasser,
se joignait à eux, et que tous ensemble vinssent vous livrer bataille,
et cherchassent par ce moyen à vous rendre sujet à eux au lieu
qu'ils le sont de vous, comment considéreriez vous ce député
? Vous le regarderiez [24] comme un traître, et vous vous tiendriez plus
fort que jamais sur vos gardes contre lui. Eh bien, voilà positivement
quelle est la prévarication du premier homme envers le Créateur.
C'est pour cela que l'ange du Seigneur dit, selon qu'il est rapporté
dans les Ecritures : "Chassons d'ici l'homme qui eut connaissance du bien
et du mal, car il pourrait nous troubler dans nos fonctions toutes spirituelles,
et prenons garde qu'il ne touche l'arbre de vie, et qu'il ne vive par ce moyen
à jamais." (L'arbre de vie n'est autre chose que l'esprit du Créateur
que le mineur attaqua injustement avec ses alliés. Qu'il ne vive à
jamais signifie : qu'il ne vive éternellement comme les premiers esprits
démoniaques dans une vertu et une puissance maudites).
Je ferai encore observer à mon disciple
Sans cette punition, le premier
que, si le premier maçon mineur eût resté concentré
dans son premier crime et qu'il n'eût point obtenu du Créateur
sa réconciliation, il serait resté mineur des mineurs démoniaques,
auxquels il aurait été soumis, et qu'au contraire le mineur a
été remis par son Créateur dans sa même vertu et
puissance qu'il avait eue auparavant contre les infidèles de la loi.
C'est donc par cette réconciliation que le mineur a reçu une seconde
fois du Créateur, vertu et puissance pour et contre tout être,
afin qu'il en use avec sagesse et modération, et qu'il ne s'efforce plus
à l'avenir d'employer son libre-arbitre et sa volonté au gré
des ennemis du Créateur, dans la crainte qu'il ne devienne par ce moyen
l'arbre de vie du mal, en vivant à jamais sous la même vertu et
puissance démoniaque.
homme n'eût point fait pénitence de son crime ; il n'eût
point obtenu sa réconciliation ; il n'aurait point eu sa postérité,
et serait resté mineur des mineurs démoniaques dont il était
devenu le sujet. Au lieu que par sa réconciliation spirituelle, il a
été remis par le Créateur dans les mêmes vertus et
puissances qu'il avait auparavant contre les infidèles de la loi divine.
C'est par cette réconciliation qu'il a obtenu une seconde fois des pouvoirs
pour et contre tout être créé. C'est à lui d'en user
avec sagesse et modération, et de ne plus employer son libre arbitre
au gré des ennemis du Créateur, de peur de devenir à jamais
l'arbre de vie du mal. [25]
Je reviendrai à la prévarication d'Adam et je dirai qu'ayant été
créé par le Créateur pour être destiné à
produire une postérité de Dieu et non une postérité
de matière, comme il l'a opérée de sa propre volonté,
il n'est pas surprenant qu'un pareil forfait de sa part soit punissable de génération
en génération pour un temps immémorial. Si vous connaissiez
le genre de prévarication d'Adam et le fruit qu'il reçut de cette
même prévarication, vous ne seriez point étonné de
la peine que le Créateur nous a infligée en naissant, et rendue
réversible sur notre postérité jusque la fin des siècles.
Voici le principe de l'opération mauvaise du premier homme. TAAdam fut
créé le dernier de toutes les créatures quelconques et
au centre de la création universelle générale et particulière.
Il le créa libre, en créant avec lui la loi qui devait le contenir
dans ses bornes de puissance spirituelle, ainsi qu'il avait fait aux premiers
esprits pervers. Adam, dans
Revenons à la prévarication d'Adam. Si vous connaissiez le genre
de prévarication d'Adam et le fruit qu'il en reçut, vous ne regarderiez
plus comme injuste la peine que le Créateur a mis sur nous en naissant
et qu'il a rendu réversible sur notre postérité jusqu'à
la fin des siècles. Adam fut émané le dernier de toute
créature quelconque ; il fut placé au centre de la création
universelle, générale et particulière ; il était
revêtu d'une puissance supérieure à celle de tout être
émané, relativement à l'emploi auquel le Créateur
le destinait : les anges mêmes étaient soumis à sa grande
vertu et à ses pouvoirs. C'est en réfléchissant sur un
état si glorieux qu'Adam conçut et opéra sa mauvaise volonté
au centre de sa première couche glorieuse que l'on nomme vulgairement
: paradis terrestre, et que nous appelons mystérieusement : terre élevée
au-dessus de tout sens. Cet emplacement est ainsi nommé par les amis
de la sagesse, parce que ce fut dans
ce premier état de gloire, conçut très bien qu'il était
quelque chose de plus que tout être créé. Il sentait encore
qu'il avait en lui une puissance au-dessus de tous les êtres angéliques,
relativement à l'emploi auquel le Créateur l'avait destiné.
Il devait agir avec supériorité à tous êtres. Adam
ayant réfléchi sur son premier état et ne pouvant rien
définir ni agir par lui-même sur les choses qui n'étaient
point de sa puissance, ainsi que je l'ai dit ailleurs, effectua sa volonté,
suivant la pensée que lui avaient fait naître les principaux chefs
démoniaques, et opéra sur cette même pensée, au centre
de sa première couche glorieuse que l'on nomme vulgairement, "paradis
terrestre", et que nous appellerons mystérieusement "terre
élevée au-dessus de tout sens". Cet emplacement est ainsi
nommé par les amis de la sagesse, et ce fut à ce Moria où
le temple de Salomon a été construit et qui figure réellement
la création du premier homme. Pour se convaincre de cette vérité,
l'on doit observer que le temple de Salomon fut positivement construit sans
le secours d'outils composés de métaux, pour faire voir à
tous les hommes que le Créateur n'emploie point dans ses opérations
le physique matériel.
ce lieu connu sous le nom de Mor-ia que le Temple de Salomon a été
construit depuis. La construction de ce temple figurait réellement l'émanation
du premier homme. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à observer que le temple
de Salomon fut construit sans le secours d'outils composés de métaux
; ce qui faisait voir à tous les hommes que le Créateur avait
formé le premier homme sans le secours d'aucune opération physique
matérielle. [26]
Cette couche glorieuse dans laquelle le Créateur plaça son premier
mineur maçon, fut figurée par six ou sept circonférences
par lesquelles le Créateur représentait au premier homme les six
immenses pensées qu'il avait employées pour la création
de sa loge universelle, celle de son maçon. Le dernier cercle, joint
aux six premiers, annonçait au maçon la jonction que l'esprit
du Créateur faisait avec lui pour être sa force et son appui. Mais,
malgré la précaution que le Créateur employa pour
Cette couche spirituelle, dans laquelle le Créateur plaça son
premier mineur, fut figurée par 6 et une circonférence. Par les
six cercles, le Créateur représentait au premier homme les six
immenses pensées qu'il avait employées pour la création
de son temple universel et particulier. Le septième, joint aux six autres,
annonçait à l'homme la jonction que l'esprit du Créateur
faisait avec lui pour être sa force et son appui. Mais malgré les
précautions puissantes que le Créateur employa pour prévenir
et
prévenir son premier maçon contre ses ennemis et les siens, l'homme
ne laissa pas d'agir selon sa volonté et poursuivit son opération
contre le Créateur, suivant qu'il le connut et détermina par son
oeuvre impure.
soutenir l'homme contre ses ennemis, cet homme ne laissa pas d'agir selon sa
propre volonté, par laquelle il se détermina à opérer
une oeuvre impure.
TAAdam avait en lui un acte de création de postérité de
forme spirituelle, c'est-à-dire de forme corporelle glorieuse semblable
à celle qu'il avait avant sa prévarication. Cette forme glorieuse
aurait été impassible, et toute la gloire de cette création
aurait été donnée à lui directement par le Créateur.
Le Créateur, ayant joint son opération divine à celle de
son mineur spirituel, ils n'auraient fait à tous les deux qu'une seule
opération. La volonté du premier homme ayant été
celle du Créateur, à peine la pensée du Créateur
des formes glorieuses aurait opéré, que la pensée spirituelle
divine aurait agi en remplissant immédiatement l'opération du
mineur, d'un être aussi parfait que lui. C'était dans ce grand
oeuvre qu'Adam se serait vu renaître avec satisfaction, puisqu'il aurait
été le vrai créateur d'une postérité de Dieu,
mais Adam n'agit point comme je viens de le dire, il agit à l'opposé
et je vais vous l'expliquer.
TAAdam, étant induit en erreur par ceux en qui il avait mis toute sa
confiance, par les vives sollicitations qu'ils lui faisaient à chaque
instant et par le faux plan d'opération apparente divine qu'ils lui avaient
tracé, par les conseils que ces mêmes esprits démoniaques
lui donneraient en disant : "Tu as inné en toi le verbe de création
en tout genre, tu es professeur de toute valeur, poids et mesure, nombre et
puissance de création divine. Pourquoi n'opères-tu pas ce qui
est inné en toi devant ceux qui sont hors
Adam avait en lui un acte de création de postérité de forme
spirituelle, c'est-à-dire de forme glorieuse, semblable à celle
qu'il avait avant sa prévarication : forme impassive et d'une nature
supérieure à celles de toutes les formes élémentaires.
Adam aurait eu toute la gloire de ces sortes de créations : la volonté
du premier homme ayant été celle du Créateur, à
peine la pensée de l'homme aurait-elle opéré, que la pensée
spirituelle divine aurait également agi en remplissant immédiatement
le fruit de l'opération du mineur par un être aussi parfait que
lui. Dieu et l'homme n'auraient fait tous les deux qu'une seule opération
; et c'était dans ce grand oeuvre qu'Adam se serait vu renaître
avec une grande satisfaction, puisqu'il aurait été réellement
le Créateur d'une postérité de [27] Dieu. Mais, loin d'accomplir
les desseins du Créateur, le premier homme se laissa séduire par
les insinuations de ses ennemis et par le faux plan d'opération apparente
divine qu'ils lui tracèrent. Ces esprits démoniaques lui dirent
: "Adam, tu as inné en toi le verbe de création en tous genres
; tu es possesseur de toutes valeurs, poids, nombres et mesures. Pourquoi n'opères-tu
pas la puissance de création divine qui est innée en toi ? Nous
n'ignorons pas que tout être créé ne te soit soumis : opère
donc des créatures puisque tu es créateur. Opère devant
ceux qui sont hors de toi : ils rendront tous justice à la gloire qui
t'est due."
de toi, qui te rendront toute la justice qui t'est due ? Nous n'ignorons pas
que tout être créé t'est soumis de par le Créateur
: opère donc en créateur des créatures" ;
TAAdam, rempli de l'orgueil de son conseil, traça six circonférences
en similitude de celles du Créateur, c'est-à-dire qu'il opéra
six actes des pensées spirituelles qu'il avait en son pouvoir pour coopérer
à sa volonté de création, qu'il exécuta physiquement
selon son conseil, au préjudice du Créateur et du sien. Il manifesta
sa puissance orgueilleuse, sa puissance spirituelle, en présence de son
mauvais conseil, qui fut, ainsi que lui, surpris du peu de succès qu'il
retira de son opération qu'il croyait être égale à
celle de son Créateur. Mais il s'en fallut de beaucoup, car, au lieu
d'avoir opéré une création de forme glorieuse, il créa
une forme ténébreuse tout opposée à la sienne. Il
créa donc une femme [sic pour : forme ?] de matière, au lieu d'en
créer une pure et naturelle, telle qu'il était en son pouvoir
s'il avait opéré à la volonté du Créateur.
Mais que devint Adam après son opération ? Que fit-il après
avoir réfléchi sur sa créature impure et privée
d'être pensif et spirituel ? Que comprit-il du fruit inique de ces opérations,
qu'il vit si imparfait ? Il vit son crime orgueilleux, il vit donc que son forfait
de prévarication qui avait fait opérer la création de sa
propre prison, qui le contiendrait plus étroitement dans les bornes ténébreuses,
en privation spirituelle divine jusqu'à la fin des siècles de
cet univers. En qui faisons-nous consister cette prison ? Au changement de forme
glorieuse en celui de forme matérielle apparente et passive. Me demandera-t-on
si la forme corporelle de gloire dans laquelle Adam fut créé par
le Créateur était la même
Adam, rempli d'orgueil, traça six circonférences en similitude
de celles du Créateur, c'est-à-dire qu'il opéra les six
actes de pensées spirituelles qu'il avait en son pouvoir pour coopérer
à sa volonté de création. Il exécuta physiquement
et en présence de l'esprit séducteur sa criminelle opération.
Il s'était attendu à avoir le même succès que le
Créateur éternel, mais il fut extrêmement surpris ainsi
que le démon, lorsqu'au lieu d'une forme glorieuse, il ne retira de son
opération qu'une forme ténébreuse et toute opposée
à la sienne. Il ne créa en effet qu'une forme de matière,
au lieu d'en créer une pure et glorieuse telle qu'il était en
son pouvoir. Que devint donc Adam après son opération ? Il réfléchit
sur le fruit inique qui en était résulté, et il vit qu'il
avait [28] opéré la création de sa, propre prison, qui
le resserrait plus étroitement, lui et sa postérité, dans
des bornes ténébreuses et dans la privation spirituelle divine
jusqu'à la fin des siècles. Cette privation n'était autre
chose que le changement de forme glorieuse en forme matérielle et passive.
La forme corporelle qu'Adam créa n'était point réellement
la sienne, mais c'en était une semblable à celle qu'il devait
prendre après sa prévarication. On me demandera peut-être
si la forme corporelle glorieuse dans laquelle Adam fut placé par le
Créateur était semblable à celle que nous avons à
présent ? Je répondrai qu'elle ne différait en rien de
celle qu'ont les hommes aujourd'hui. Tout ce qui les distingue, c'est que la
première était pure et inaltérable, au lieu que celle que
nous avons présentement est passive et sujette
que nous avons à présent ? Je répondrai qu'elle ne différait
en rien de celle que les hommes ont aujourd'hui. Me demandera-t-on encore quelle
était cette forme de matière qu'Adam a créée et
de quel usage elle a été à Adam pour que le Créateur
ait été si fortement courroucé contre lui ? Je répondrai
que la grande colère que Dieu eut contre l'homme [?] fut de voir Adam,
ou son mineur spirituel, se souiller par sa prévarication dans une forme
de matière impure et passive. Me demandera-t-on : "Mais de quel
usage a donc servi à Adam cette forme corporelle de matière qu'il
a créée ?" Je réponds qu'elle lui a servi à
faire naître une postérité d'homme, et non de Dieu. Elle
est appelée une postérité d'homme, en ce que l'homme ayant
créé la forme passive, il a dégradé la forme impassive
que le Créateur lui avait donnée pour qu'il fît émaner
d'elle toutes celles dans lesquelles le Créateur avait inséré
des mineurs spirituels, pour être une vrai postérité de
Dieu, qui aurait subsisté sans bornes et sans fin. Cette société
aurait été immortelle et impassive, parce que l'opération
du mineur premier [créé ?] aurait été celle du Créateur
; de cette façon la volonté des deux opérations n'aurait
été qu'une en deux substances : celle du corps glorieux donnée
à Adam, et celle du mineur spirituel donnée au Créateur
divin. On peut me demander encore pourquoi le Créateur a laissé
subsister le fruit provenant de la prévarication d'Adam et pourquoi ne
l'a-t-il point anéanti, puisqu'il maudit non seulement toute la terre,
mais encore le premier homme. TAJe dirai que le Créateur, voulant molester
le premier homme de génération en génération pour
un temps immémorial, laissa subsister l'ouvrage inique de son premier
mineur créé, afin qu'il eût toujours devant lui,
à la corruption. C'est pour s'être souillé par une création
si impure que le Créateur s'irrita contre l'homme. Mais, dira-t-on, à
quel usage a donc servi à Adam cette forme de matière qu'il avait
créée ? Elle lui a servi à faire naître de lui une
postérité d'hommes, en ce que le premier mineur Adam par sa création
de forme passive matérielle a dégradé sa propre forme impassive,
de laquelle devaient émaner des formes glorieuses comme la sienne, pour
servir de demeures aux mineurs spirituels que le Créateur y aurait envoyés.
Cette postérité de Dieu aurait été sans bornes et
[29] sans fin ; l'opération spirituelle du premier mineur aurait été
celle du Créateur ; ces deux volontés de création n'auraient
été qu'une en deux substances. Mais pourquoi le Créateur
a-t-il laissé subsister le fruit provenu de la prévarication d'Adam,
et pourquoi ne l'a-t-il pas anéanti lorsqu'il a maudit le premier homme
et toute la terre ? Le Créateur laissa subsister l'ouvrage impur du mineur
pour qu'il fût molesté de génération en génération,
pour un temps immémorial, ayant toujours devant les yeux l'horreur de
son crime. Le Créateur n'a pas permis que le crime du premier homme s'effaçât
de dessous les cieux, afin que sa postérité ne put prétendre
cause d'ignorance de sa prévarication, et qu'elle apprît par là
que les peines et les misères qu'elle endure et endurera jusqu'à
la fin des siècles, ne viennent point du Créateur, mais de notre
premier père, créateur de matière impure et passive. (Je
ne me sers ici de ce mot matière impure que parce qu'Adam a opéré
cette forme contre la volonté du Créateur.)
pendant son temps de privation, l'horreur de son crime, et pour que le crime
du premier homme ne s'effaçât point de dessous ses cieux. Le Créateur
le laissa perpétuer jusqu'à la dernière postérité
d'Adam, pour qu'elle ne puisse alléguer de cause d'ignorance de la prévarication
du premier père temporel des hommes, et pour qu'ils apprennent par là
que ces peines, souffrances et misères présentes, que cette même
postérité endure et endurera jusqu'à la fin des siècles,
ne vient point du Créateur divin, mais de leur premier père, créateur
de matière impure et passive. Je ferai observer que le mot de matière
impure, dont je me sers ici, ne doit être entendu que parce qu'Adam [a]
opéré cette forme contre la volonté de son Créateur.
TAL'on me demandera : "Mais nous ne savons point comment s'est fait le
changement de forme glorieuse qu'Adam avait dans son premier état de
justice de sa perfection, et nous ignorons si le Créateur a donné
à Adam le corps de matière qu'il eut après sa prévarication."
Je répondrai : Dès qu'Adam eut achevé l'accomplissement
de sa volonté prévaricante, le Créateur par sa toute-puissance
changea aussitôt la forme glorieuse d'Adam en forme de matière
passive semblable à celle que son opération horrible lui avait
produite, en le précipitant dans les abîmes de la matière
d'où il avait tiré le fruit de sa prévarication et vint
ensuite habiter sur la terre comme le reste des animaux, tandis qu'il régnait
auparavant sur elle comme homme-Dieu, et l'habitait sans être confondu
avec elle.
Si l'on demandait encore comment s'est fait le changement de la forme glorieuse
d'Adam dans une forme de matière, et si le Créateur donna lui-même
à Adam la forme de matière qu'il prit aussitôt après
sa prévarication, je répondrai qu'à peine eut-il accompli
sa volonté criminelle que le Créateur, par sa toute puissance,
transmua aussitôt la forme glorieuse du premier homme en une forme de
matière [30] passive semblable à celle qui était provenue
de son opération criminelle. Le Créateur transmua cette forme
glorieuse en précipitant l'homme dans les abîmes de la terre d'où
il avait sorti le fruit de sa prévarication. L'homme vint ensuite habiter
sur la terre comme le reste des animaux, au lieu qu'avant son crime il régnait
sur cette même terre comme Homme-Dieu, et sans être confondu avec
elle ni avec ses habitants.
Ce fut après cet exemple frappant qu'Adam reconnut plus vivement la force
Ce fut après cet événement terrible qu'Adam reconnut encore
plus fortement
de son crime. Il ne tarda pas un instant à gémir sur sa faute
et à demander pardon à Dieu de son offense criminelle. Ce fut
dans l'instant de sa retraite, de sa contrition et de ses lamentations, qu'il
invoqua le Créateur divin en ces termes :
la grandeur de son crime. Il alla aussitôt gémir de sa faute et
demanda le pardon de son offense au Créateur. Il s'enfonça dans
sa retraite, et là, dans les gémissements et dans les larmes,
il invoqua ainsi le Créateur divin :
"Père de charité et de miséricorde, père vivifiant
et de vie éternelle, père, Dieu des cieux, des dieux et de la
terre ; Dieu fort et très fort, Dieu de justice, de peine et de récompense,
Eternel tout-puissant, Dieu vengeur et rémunérateur, Dieu de paix,
de clémence et de compassion charitable, Dieu des esprits bons et mauvais,
Dieu fort du sabbat, Dieu de réconciliation de tout être créé,
Dieu éternel et tout-puissant des régions célestes et terrestres,
Dieu invincible existant nécessairement sans principe et sans fin, Dieu
de paix et de satisfaction, Dieu de domination et de puissance sur tout être
créé, Dieu qui navre et récompense quand il lui plaît,
Dieu quadruplement fort des révolutions des armées célestes
et terrestres de cet univers, Dieu, principal chef des privations spirituelles
éternelles, Dieu magnifique de toute contemplation des êtres créés
et des récompenses inaltérables, Dieu, père sans borne
de miséricorde en faveur de sa faible créature et envers celui
qui gémit devant toi de l'abomination de son crime, n'étant pas
cause seconde de sa prévarication, [réconcilie l']homme en toi,
et l'assujettis à jamais sous ton immuable loi ; bénis-le pour
une bonne fois, pour qu'à l'avenir il devienne inébranlable de
ta loi ; bénis aussi l'ouvrage fait de la main de ton premier homme,
pour qu'il ne succombe ainsi que moi à la plus vive sollicitation de
ceux qui sont les auteurs de ma juste punition et de celle de l'ouvrage de ma
propre volonté."
"Père de charité, de miséricorde ; Père vivifiant
et de vie éternelle ; Père Dieu des Dieux, des cieux et de la
terre ; Dieu fort et très fort ; Dieu de justice, de peine et de récompense
; Eternel Tout-puissant ; Dieu vengeur et rémunérateur ; Dieu
de paix et de clémence, de compassion charitable ; Dieu des esprits bons
et mauvais ; Dieu fort du sabbat ; Dieu de réconciliation de tout être
créé ; Dieu éternel et tout-puissant, des régions
célestes et terrestres ; Dieu invincible existant nécessairement
sans principe ni fin ; Dieu de paix et de satisfaction ; Dieu de toute domination
et puissance, de tout être créé ; Dieu qui punit et qui
récompense quand il lui plaît ; Dieu quatriplement fort des révolutions
et des armées célestes et terrestres de cet [31] univers ; Dieu
magnifique de toute contemplation, des êtres créés et des
récompenses inaltérables ; Dieu père de miséricorde
sans bornes en faveur de sa faible créature, exauce celui qui gémit
devant toi de l'abomination de son crime. Il n'est que la cause seconde de sa
prévarication. Réconcilie ton homme en toi et te l'assujettis
à jamais. Bénis aussi l'ouvrage fait de la main de ton premier
homme, afin qu'il ne succombe pas, ainsi que moi, aux sollicitations de ceux
qui sont la cause de ma juste punition et de celle de l'ouvrage de ma propre
volonté. Amen !"
Je ferai observer à mon disciple par cette invocation qu'Adam fit au
Créateur pour obtenir sa réconciliation, que c'est positivement
Adam qui, le premier, a donné cette connaissance exacte à sa postérité
des différentes vertus, puissances et propriétés qui étaient
innées dans le Créateur que cette postérité apprit
par là qu'elle n'était créée que pour combattre
pour la plus grande gloire du Créateur, et qu'elle lui rendit le culte
pour lequel elle a été perpétuée dans la création.
TAJe ferai encore observer que le culte que le Créateur exige aujourd'hui
de sa créature temporelle n'est pas le même de son premier mineur
créé, lorsqu'il était dans son premier état de gloire
; ce premier culte n'étant qu'à une fin, parce qu'il devait être
tout spirituel, et celui que le Créateur exige de sa créature
temporelle, postérité d'Adam, est à deux fins, l'une temporelle
et l'autre spirituelle. Voilà ce qui causa la prévarication d'Adam
notre premier père temporel, dans cette vie de larmes et de misères.
Je ferai observer, au sujet de cette invocation qu'Adam fit au Créateur
pour obtenir de lui sa réconciliation, que c'est positivement Adam qui
a donné le premier une connaissance exacte à sa postérité
des différentes vertus, puissances et propriétés qui étaient
innées dans le Créateur, pour que cette même postérité
apprît par là qu'elle n'était créée que pour
combattre pour la plus grande gloire de Dieu, et qu'elle lui rendit le culte
pour lequel elle a été perpétuée dans sa création.
Ce culte, que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle,
n'est pas le même que celui qu'il aurait exigé de son premier mineur,
s'il fût resté dans son état de gloire. Le culte que l'homme
aurait eu à remplir dans son état de gloire n'étant établi
qu'à une seule fin, aurait été tout spirituel, au lieu
que celui que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle,
est à [32] deux fins : l'une temporelle et l'autre spirituelle. Voilà
ce qui a produit la prévarication de notre premier père.
Je ne suis point encore certain, me direz-vous, du genre de prévarication
de notre premier père. Elle ne saurait échapper à notre
vue physique animale, spirituelle passive, et éternelle sans heurter
de front les sentiments et toutes les vertus immenses et infinies qui sont adhérentes
et innées entre elles-mêmes. Je dirai donc à ce sujet, pour
vous bien faire concevoir le genre de prévarication, qu'il faut remonter
au premier principe du conseil et de la sollicitation des premiers esprits maudits
au premier homme-Dieu créé, que nous nommons Adam ou homme-Roux,
qui signifie "homme-Dieu créé très fort en sagesse,
vertu et puissance". Ces trois choses
Après tout ce qui a été dit sur le genre de la prévarication
d'Adam, cette vérité ne peut échapper un instant à
la vue physique animale, spirituelle, passive et éternelle de l'homme,
sans heurter de front les sentiments puissants et toutes les vertus immenses
et infinies qui sont adhérentes et innées dans lui. On a vu que
son crime a pris son principe dans les sollicitations que les esprits pervers
firent au premier homme, Dieu émané, que nous nommons Adam ou
premier père temporel, ou homme roux ou réaux, qui signifie Homme-Dieu
très-fort en sagesse, vertu et puissance, trois choses très-saintes
et innées avec certitude dans l'homme, et qui sont en lui la pensée,
innées dans le premier maçon spirituel créé sont
la pensée, l'image et la ressemblance du Créateur. Ces trois choses
très saintes sont avec sécurité innées avec le premier
maçon créé, c'est ce que je puis vous assurer. TAJe vous
dirai encore, pour que vous soyez bien convaincu du genre de prévarication
d'Adam, qu'il faut que vous sachiez d'où est dérivée son
opération impure, le fruit de son opération et sa réconciliation.
Il faut premièrement que vous observiez que le premier acte de pensée
qu'Adam eut, n'est point venu de lui, comme je l'ai déjà dit,
mais sa volonté est directe de lui dans sa qualité d'être
libre.
Adam, ayant tout adopté relativement à son mauvais conseil, mit
en usage sa volonté pure, simple, spirituelle divine, au gré de
ses iniques conseillers démoniaques, et il agit ainsi qu'il lui avait
été dit. Je vous ferai encore observer avant d'entrer dans le
détail que vous me demandez, touchant le genre de prévarication
d'Adam, qu'il faut connaître ce qui peut engendrer la pensée bonne
et mauvaise. La pensée parvient à l'homme d'un être supérieur
à lui. Si la pensée est sainte, elle provient d'un esprit divin
; si elle est mauvaise, elle provient d'un des démons. Or donc, toutes
nos volontés et opérations dans ce monde ne sont mises en action
par l'homme, que conformément à la conception de sa pensée.
l'image et la ressemblance du Créateur. On a vu que la pensée
du crime n'était point venue de lui, mais seulement de sa volonté
directe en sa qualité d'homme libre. En effet, comme je l'ai dit ailleurs,
la pensée provient à l'homme d'un être distinct de lui ;
si la pensée est sainte, elle provient d'un esprit divin ; si elle est
mauvaise, elle provient d'un mauvais démon. Ainsi toutes volontés
de l'homme ne sont mises en opération et en action que conformément
à la conception de sa pensée.
Je ne me borne point à ce monde seul et aux hommes en général,
mais encore à tous les autres mondes et à tous les êtres
spirituels qui les habitent, soit de ceux dont l'Eternel se sert pour communiquer
à sa créature mineure, ainsi que pour la manifestation de sa gloire
dans toute la création de cet
Ceci ne se borne point à ce monde seul, ni aux hommes en général,
mais j'y comprends encore tous [33] les autres mondes et tous les êtres
spirituels qui les habitent ; soit ceux dont l'Eternel se sert pour se communiquer
à sa créature mineure, ainsi que pour la manifestation de sa gloire
dans toute la création de cet
univers. Me demanderez-vous, à ce sujet, d'où les princes des
démons, ainsi que leurs légions démoniaques reçoivent
leurs pensées, et qu'ils ne la reçoivent pas du Créateur,
puisque tout être est créé et tous émanent de lui.
Je répondrai à cela que toute cette cour démoniaque a reçu
immédiatement sa condamnation du Créateur, de l'instant de leur
prévarication. Il leur dit encore qu'il n'y aurait aucun changement en
eux, et qu'il ne mettrait aucune borne à leurs actions, pour qu'ils jouissent
pleinement et entièrement suivant leur volonté pensante, ne devant
et ne pouvant espérer aucune communication de pensée divine, que
celle que leur propre volonté leur ferait opérer. Il en est donc
dans cette cour démoniaque en fait de lois, d'ordre, d'horreur et d'abominations,
ce qu'il peut être sans comparaison en celle de la cour spirituelle divine.
Le prince principal des démons communique à ses anges démoniaques
sa volonté pour la tentation et persécution des mineurs créés,
qu'il cherche à séduire et à faire succomber sous les lois
obscures ; lois qu'il tâche de faire paraître à celui qu'il
veut séduire aussi claires que celles que le Créateur a mises
dans sa créature.
univers ; soit les autres quelconques par nous ignorés. Les démons
eux-mêmes, malgré la condamnation qu'ils ont reçue du Créateur
dès l'instant de leur prévarication, n'ont point changé
de lois à cet égard ; ils jouissent pleinement et entièrement
de leurs actions selon leur volonté pensante, mais ils ne peuvent espérer
aucune communication de pensée divine que celle dont ils se rendraient
susceptibles en changeant leur volonté mauvaise. Il en est donc dans
cette cour démoniaque en fait de loi et d'ordre, d'horreur et d'abomination,
comme il en est, sans comparaison, dans la cour spirituelle divine. Le principal
chef des démons, qui a fait serment d'attaquer constamment et avec opiniâtreté
la loi du Créateur, est l'arbre de vie du mal pour une éternité
; il communique sa pensée mauvaise aux anges qui lui sont assujettis,
et ceux-ci, conformément à leur volonté mauvaise, mettent
cette pensée en action et en opération pour la persécution
du mineur. Toute la tâche ce chef d'abomination est de soumettre les mineurs
à ses lois obscures et de les leur faire paraître aussi nettes
et aussi claires que celles que le Créateur a mises dans sa créature.
Je ferai observer à mon disciple que toute volonté divine, qui
vient jusqu'à nous par la communication invisible des esprits bons, ou
d'un bon intellect, ne doit pas être considérée comme volonté
opérante divine, parce que toute volonté divine qui vient jusqu'à
nous par la communication invisible ne peut être considérée
par celui à qui elle se communique que comme pensée et non volonté.
C'est donc en conséquence de cette communication de pensée, que
nous nommons intellect, et non comme volonté, que l'homme opère
sa volonté.
Il ne faut pas oublier que toute pensée divine qui [34] vient jusqu'à
nous par la communication invisible d'un bon esprit ou d'un bon intellect, ne
doit point se considérer comme volonté opérante divine,
mais uniquement comme pensée. C'est cette communication de pensée
que nous nommons intellect, et c'est d'après cette communication que
l'homme opère à sa volonté. On peut dire la même
chose de la communication de la pensée mauvaise ou de l'intellect mauvais
chez les mineurs.
C'est de cette communication que le mineur créé a dégénéré
de sa faculté d'être pensant, en joignant à lui l'intellect
bon ou mauvais, ainsi que je vais l'expliquer.
Lorsqu'Adam était dans son premier état de gloire, il n'avait
pas besoin d'intellect bon et mauvais, puisqu'il lisait dans son Créateur,
étant face à face de lui. Il lisait également dans la volonté
du prince des démons. Adam ne pouvait pas, pour lors, être susceptible
de recevoir aucune volonté des esprits bons et mauvais, étant
entièrement pensant à la Divinité. Mais, lorsqu'Adam fut
laissé seul à sa propre vertu, puissance et volonté libre,
il se rendit susceptible de communication bonne ou mauvaise, ainsi que le Christ
nous le prouve lui-même par la propre volonté démoniaque
qui fut opérée visiblement contre lui sur la montagne du Tabor,
où l'esprit démoniaque tenta le Messias en nature sous une forme
humaine apparente. Je dirai donc que c'est [l']intellect mauvais qui fait opérer
la volonté mauvaise du mineur contre celle du Créateur, ainsi
qu'Adam fit, lorsqu'il prévariqua par une opération tout opposée
à celle qui étant innée en lui sous sa vertu et puissance
spirituelle divine.
C'est en se rendant susceptible de la communication de ces sortes d'intellects
bons ou mauvais que le premier homme a dégénéré
de sa faculté d'être pensant. Lorsque Adam était dans son
premier état de gloire, il n'avait pas besoin de la communication de
bons ni de mauvais intellects pour connaître la pensée du Créateur
et celle du prince des démons. Il lisait également dans l'une
et dans l'autre, étant entièrement pensant. Mais lorsqu'il fut
laissé seul à ses propres vertus, puissance et volonté
libre, il se rendit, par son orgueil, susceptible de communication ou bonne
ou mauvaise, et devint par là ce que nous nommons pensif. Le Christ lui-même
nous a prouvé l'infirmité du mineur à cet égard,
puisque le prince des démons le tenta en nature sous une forme humaine
apparente, et opéra visiblement contre lui sur la montagne Thabor sa
volonté démoniaque. Ainsi, ce n'est que d'après l'insinuation
de l'intellect mauvais que le mineur conçoit sa volonté mauvaise,
et c'est [35] par là qu'a été conçue et opérée
la prévarication du premier homme.
TAJe vais donc entrer dans le vrai détail du genre de prévarication
d'Adam, ainsi que vous le désirez, avec la même certitude qu'il
m'a été donné et enseigné par un de mes fidèles
amis et protecteurs de la vérité et de la sagesse. Adam, premier
homme-Dieu de toute la terre et de tout être créé qui l'habite,
fit réellement une opération terrible, en créant une forme
à son image et ressemblance de forme corporelle. Toutefois, cette forme
ne fut point
Je vous ai appris le genre de cette prévarication avec la même
certitude qu'il m'a été enseigné par un de mes fidèles
amis, chéri de la Vérité et protégé par la
Sagesse. Vous avez vu que ce premier homme, Dieu de toute la terre, fit réellement
une opération terrible en créant une forme de matière à
son image et à sa ressemblance de forme corporelle glorieuse. J'ai fait
entendre que cette forme, qu'Adam créa, n'était point une forme
glorieuse ; qu'elle ne pouvait être
glorieuse, elle ne put être que forme de matière apparente et même
très imparfaite, relativement à l'imperfection de l'acte de sa
volonté. TACette opération imparfaite aurait été
peut-être moins punie du Créateur, si Adam n'avait pas abusé
injustement de la grande puissance que le Créateur avait mise en lui
et de laquelle l'Eternel lui avait promis avec serment qu'il agirait avec lui
dans toutes les opérations qu'il ferait en son nom, et qu'il lui ferait
sentir la certitude de sa promesse immuable, dans quelque circonstance où
il eût besoin de son secours et de son appui pour consommer et couronner
ses oeuvres. C'est de cette promesse immuable qu'il est parti pour manifester
sa puissance, que le Créateur lui avait donnée, soit envers tout
être spirituel créé et tout être, à créer
pour lui un corps imparfait, en faveur duquel Adam renouvela au Créateur
la promesse immuable qu'il lui avait faite de venir couronner ses oeuvres. Il
lui fit commandement, par son immutabilité divine, qu'il eût à
remplir la parole qu'il lui avait prononcée par sa propre et pure volonté
de Créateur, en faveur de la création matérielle. Dieu,
étant pris par la force de son serment et de son immutabilité,
ne put éviter d'accomplir sa promesse sans dégénérer
de sa toute-puissance [de] Créateur, suivant la parole immuable qu'il
lui avait donnée de joindre son opération spirituelle à
l'opération temporelle d'Adam. Ainsi, le Créateur suivit l'opération
d'Adam, quoique contraire à sa volonté. TAIl se comporta envers
Adam, comme il le désirait, et lui accorda le couronnement de son premier
ouvrage, en renfermant dans cette forme de matière un être mineur
que ce misérable Adam a assujetti dans une prison de ténèbres
y [sic pour : et ?] a rendu par ce moyen cet être
qu'une forme de matière apparente et même très imparfaite,
puisqu'elle était le fruit de l'opération d'une volonté
mauvaise. Cette opération, en effet, ne pouvait être que punie
du Créateur, Adam ayant injustement abusé de sa puissance. Cependant
l'Eternel ayant promis avec serment à Adam qu'il agirait avec lui dans
toutes les opérations qu'il ferait en son nom, ne put s'empêcher
d'accomplir la promesse immuable qu'il lui avait faite de le seconder dans toutes
les circonstances où il en aurait besoin. C'est de cette promesse qu'Adam
est parti pour manifester la puissance qui était innée en lui
envers tout être spirituel. Il rappela au Créateur cette promesse
immuable qu'il lui avait faite de venir couronner ses oeuvres. Il lui fit commandement,
par son immutabilité divine, qu'il eût à remplir la parole
verbale qu'il lui avait prononcée par sa propre et [36] pure volonté
de Créateur en faveur de sa création de forme matérielle.
Dieu, étant pris par Adam par la force de son serment et de son immutabilité,
joignit, selon sa promesse, son opération spirituelle à l'opération
temporelle d'Adam quoique contraire à sa volonté. Le Créateur
agit avec Adam ainsi qu'il le désirait, et lui accorda le couronnement
de son ouvrage en renfermant dans la forme de matière créée
par Adam, un être mineur que le malheureux Adam a assujetti dans une affreuse
prison de ténèbres, et qu'il a rendu par ce moyen susceptible
d'être pensif et pensant en le précipitant dans une privation éternelle
ou limitée.
mineur pensif et pensant susceptible de misère et de privations éternelle
ou limitée.
Le mot de "pensif" est une jonction intellectuelle à l'être
mineur qui, de sa nature relativement à son émanation divine,
est un être pensant entièrement dans l'immensité du Créateur,
et la jonction intellectuelle qui est survenue intimement à cet être
mineur pensant a fait dégénérer cet être premier
à l'assujettissement d'être toujours pensif, par les notions intellectuelles
qu'il reçoit, bonnes ou mauvaises, de la part de bons et mauvais esprits,
et de n'être que par temps pensant par sa jonction entière avec
l'esprit.
Il ne faut point être surpris si le premier homme que nous nommons Adam
est devenu après sa prévarication un être pensif. La chose
est toute claire, ainsi que je l'ai déjà dit ci-dessus. Il doit
être encore moins surprenant à sa postérité, que
tous les êtres créés après lui mineurs soient tels
qu'il est devenu à la fin de sa prévarication. Rien ne prouve
mieux ce que je dis à ce sujet que les différentes façons
de penser, d'agir et d'opérer parmi la postérité de ce
premier père temporel. L'on peut se convaincre de cette vérité
par les différentes nations, langues, cultes divins et matériels,
les révolutions de la terre et de tous les corps qui l'environnent, qui
varient et qui varieront constamment autant et comme la postérité
générale et particulière d'Adam jusqu'à la fin des
siècles, relativement aux lieux de ténèbres qu'ils habitent,
et cela par la communication de cet être intellectuel dont l'homme est
environné ; ce qui fait que cette postérité d'être
pensant devenu pensif se méfie de l'inspiration bonne ou mauvaise qu'elle
Le mot pensif vient d'une jonction intellectuelle mauvaise à l'être
mineur qui, par sa nature d'être spirituel divin, était émané
être pensant, entièrement dans l'immensité du Créateur.
Cette jonction intellectuelle a fait dégénérer le mineur
de ce premier état et l'assujettit à être pensif, par les
notions intellectuelles qu'il reçoit de la part du mauvais esprit ; ce
qui fait que le mineur n'est que par temps pensant, par jonction entière
avec l'esprit bon. Il n'est plus surprenant qu'Adam, après sa prévarication,
soit devenu un être pensif et pensant ; il n'est pas plus surprenant que
toute sa postérité soit devenue telle par la suite de cet même
prévarication. Ce dernier fait est prouvé visiblement par les
différentes façons de penser, d'agir et d'opérer que nous
observons [37] parmi la postérité de notre premier père
temporel. Nous voyons, parmi cette postérité, différentes
nations, différentes langues, différents cultes divins ou matériels,
et une variété infinie de révolutions, tant en général
que particulier. De plus, nous voyons les hommes avoir entre eux, dans tous
les temps, une avide et intime communication, afin de s'instruire les uns les
autres de la pensée qu'ils ont conçue, tendant soit au spirituel,
soit au matériel. Cela annonce combien cette postérité
compte peu sur elle-même et s'édifie [sic pour : se défie
?] de l'inspiration bonne ou mauvaise qu'elle reçoit du bon ou du mauvais
esprit dans les lieux de ténèbres qu'elle habite. C'est à
cause de son avènement dans cet état contraire à sa nature
spirituelle, que nous nommons la postérité d'Adam, pensive et
pensante, par la communication de son être
reçoit, soit du bon ou du mauvais esprit. Ce qui peut encore se prouver
par l'exacte et intime communication que les hommes ont toujours eue par le
passé et qu'ils auront jusqu'à la fin des siècles en s'instruisant
les uns ou [sic pour : les ?] autres de la pensée qu'ils ont conçue,
soit tendant au spirituel ou au matériel. Rien ne prouve mieux l'incertitude,
l'inconstance et le doute que cette postérité a de sa défiance
d'elle-même, et cela à cause de son avancement prématuré.
intellectuel bon et mauvais, dont l'homme s'est rendu susceptible d'être
environné.
TAJe ferai observer à mon disciple qu'il y a eu des mineurs créés
par la seule opération et volonté divine, et, quoique la forme
que [sic pour : de ?] ces mineurs créés destinés pour la
manifestation de la gloire de l'Eternel ait été un émané
de la postérité d'Adam, le mineur qui était inséré
dans cette forme était vraiment un pur être pensant, et il n'y
avait en lui aucun être pensif. Et pourquoi cela ? Parce que l'Eternel
lui manifestait sa volonté propre par la vision d'un de ses députés,
qui lui annonçait sans aucun mystère ce qu'il devait faire conformément
à sa volonté. Autre chose est [l']inspiration intellectuelle et
autre chose est l'opération visuelle de l'esprit ; ce que j'ai dit ci-dessus
en parlant des mineurs que Dieu créa après Adam pour se servir
d'eux pour manifester sa gloire
Mais il faut cependant observer ici qu'il y a eu des mineurs qui ont reçu
la naissance et la vie temporelle par la seule volonté et l'opération
divine. Ces mineurs étaient destinés pour la manifestation de
la gloire de l'Eternel, et, quoique leur forme ait été émanée
de la postérité d'Adam, le mineur qui habitait cette forme était
vraiment un pur être pensant sans jamais être pensif. Et pourquoi
cela ? Parce que l'Eternel lui manifestait sa propre volonté par la vision
d'un de ses députés qui lui annonçait, sans aucun [38]
mystère, ce qu'il devait faire pour opérer exactement la volonté
divine. Autre chose est l'inspiration intellectuelle et autre chose est l'acte
d'opération visuelle de l'esprit ; ce que je ferai comprendre en parlant
de mineurs qui furent émanés avant Adam par la seule volonté
du Créateur, et pour manifester sa gloire.
dans le premier temps de la postérité d'Adam. Héli, que
nous appelons le Christ, et que nous reconnaissons avec certitude pour un être
pensant, réconcilia Adam avec le Créateur. Enoch réconcilia
la postérité première d'Adam sous la postérité
de Seth. Noé réconcilia la seconde postérité d'Adam
en réconciliant la sienne, et ensuite réconcilia la terre
Dans les premiers temps de la postérité du premier homme, Héli,
que nous appelons Christ et que nous reconnaissons avec certitude pour un être
pensant, réconcilia Adam avec la création. Enoch réconcilia
la première postérité d'Adam sous la postérité
de Seth. Noé réconcilia la seconde postérité d'Adam,
en réconciliant la sienne avec le
avec le reste réconcilié avec Dieu. Melchisédech confirma
toutes ces premières réconciliations en bénissant les oeuvres
d'Abraham et de ses trois cents serviteurs, ce qui fait réellement allusion
à la bénédiction que Dieu donna aux trois enfants de Noé
: Sem, Cham et Japhet. En y comprenant le père de ces trois enfants,
ils firent le nombre parfait de quatre, lequel nombre vient en parallèle
de celui d'Abraham, dont lui est un, que l'on joint avec le nombre de trois
cents, les additionnant ensemble forment le nombre de quatre.
Créateur, et ensuite réconcilia la terre avec Dieu. Melchissédec
confirma ces trois premières réconciliations en bénissant
les oeuvres d'Abraham et ses trois cents serviteurs. Cette bénédiction
est une répétition de celle que Dieu donna aux trois enfants de
Noé, savoir : Sem, Cam et Japhet. Abraham et ses trois cents serviteurs
forment le nombre parfait quatre et rappellent le même nombre quaternaire
qu'avait formé Noé avec ses trois enfants.
Quoique toutes ces réconciliations et confirmations aient été
faites par l'assistance des mineurs, toutes ces choses ont été
faites directement par le Christ, attendu que toutes les personnes qui ont servi
à tout cela ne sont que des figures apparentes qui tendent à manifester
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