TRAITE DE LA REINTEGRATION
MARTINES DE PASQUALLY
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES CRÉÉS DANS LEURS PRIMITIVES PROPRIÉTÉS, VERTUS ET PUISSANCES SPIRITUELLES DIVINES.
Version originale en regard de la version publiée en 1899, accompagnée du tableau universel
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES DANS LEURS PREMIÈRES PROPRIÉTÉS, VERTUS ET PUISSANCE SPIRITUELLES ET DIVINES – VERSION ORIGINALE et VERSION DE 1899
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES DANS LEUR PRIMITIVE PROPRIÉTÉ VERTU ET PUISSANCE SPIRITUELLE DIVINE – VERSION ORIGINALE
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES DANS LEURS PREMIÈRES PROPRIÉTÉS, VERTUS & PUISSANCE SPIRITUELLES & DIVINES – VERSION DE 1899



PARIS Bibliothèque Chacornac 1899
TADieu ayant créé pour sa propre gloire, dans son immensité divine, des esprits distincts de lui, pour qu'ils exerçassent le culte que cette Divinité leur avait fixé et prescrit par des lois immuables, des préceptes et des commandements éternels et inaltérables, ces premiers êtres spirituels créés par Dieu furent tous créés libres et indépendants du Créateur, quant à leur volonté et action spirituelle. Ils étaient donc, par ce moyen, créés avec leur libre-arbitre. Ce qui ne peut se croire différemment, sans détruire la faculté, la propriété et la vertu personnelle des premiers êtres créés, que l'Eternel avait émancipés du sein de sa Divinité, pour qu'ils opérassent avec précision dans les bornes qui leur avaient été données et assignées par le Créateur pour être à leur seule disposition et puissance.
Avant le temps, Dieu émana des êtres spirituels, pour sa propre gloire, dans son immensité divine. Ces êtres avaient à exercer un culte que la Divinité leur avait fixé par des lois, des préceptes et des commandements éternels. Ils étaient donc libres et distincts du Créateur ; et l'on ne peut leur refuser le libre arbitre avec lequel ils ont été émanés sans détruire en eux la faculté, la propriété, la vertu spirituelle et personnelle qui leur étaient nécessaires pour opérer avec précision dans les bornes où ils devaient exercer leur puissance. C'était positivement dans ces bornes que ces premiers êtres spirituels devaient rendre le culte pour lequel ils avaient été émanés. Ces premiers êtres ne peuvent nier ni ignorer les conventions que le Créateur avait faites avec eux en leur donnant des lois, des préceptes, des
C'était positivement dans ces lieux où ces êtres spirituels premiers devaient rendre à leur Créateur le culte qu'ils lui devaient et pour lequel ils avaient été créés. Ces êtres ne peuvent nier leur convention entre le Créateur et eux. Ils reçurent des lois, des préceptes et des commandements. C'est par ces mêmes lois qu'ils ont souscrit à cette grande convention en la recevant immédiatement de Dieu avec satisfaction.
commandements, puisque c'était sur ces conventions seules qu'était fondée leur émanation. [8]
Je demanderai "Qu'étaient ces êtres premiers-créés, avant leur émancipation divine ? Existaient-ils ou n'existaient-ils point ?" Ils existaient dans l'immensité du Créateur, mais toutefois sans distinction d'action, de pensée et d'entendement particulier. Exister ainsi, ce n'est point exister, parce qu'on ne peut agir et sentir que par la volonté d'un être supérieur, dont tout ce qui est concentré en lui ne peut être mû, et avoir entendement et action que par celui qui contient le tout en lui-même. Il ne serait point Créateur sans le règne infini des êtres qui sont innés en lui et qu'il émancipe par sa seule volonté, et quand il lui plaît. C'est cette multitude d'émancipations infinies qu'il fait des êtres spirituels qui sont en lui-même, qui lui donne le nom de Créateur et de création divine, spirituelle animale, spirituelle temporelle.
On demandera ce qu’étaient ces premiers êtres avant leur émanation divine, s'ils existaient ou s'ils n'existaient pas ? Ils existaient dans le sein de la Divinité, mais sans distinction d'action, de pensée et d'entendement particulier, ils ne pouvaient agir ni sentir que par la seule volonté de l'être supérieur qui les contenait et dans lequel tout était mû ; ce qui, véritablement, ne peut pas se dire exister ; cependant cette existence en Dieu est d'une nécessité absolue ; c'est elle qui constitue l'immensité de la puissance divine. Dieu ne serait pas le père et le maître de toutes choses s'il n'avait innée en lui une source inépuisable d'êtres qu'il émane de sa pure volonté et quand il lui plaît. C'est par cette multitude infinie d'émanations d'êtres spirituels hors de lui-même qu'il porte le nom de Créateur, et ses ouvrages celui de la création divine, spirituelle et animale, spirituelle temporelle.
Quels sont donc ces premiers êtres créés que l'Eternel émancipa de lui-même et comment les distingua-t-il ? Par leurs noms, vertus et puissances supérieures à tout être créé après eux. TAIls étaient supérieurs parce qu'ils occupaient immédiatement l'immense circonférence divine qui est vulgairement appelée Domination, premier cercle divin portant
Les premiers esprits émanés du sein de la Divinité étaient distingués entre eux par leurs vertus, leurs puissances et leurs noms. Ils occupaient l'immense circonférence divine appelée vulgairement Domination, et qui porte son nombre dénaire selon la figure suivante , et c'est là que tout esprit supérieur 10, majeur 8, inférieur 7,
son nom dénaire, ainsi qu'il suit par la figure .
TALe nom de ces premiers esprits était plus fort que ce que nous appelons Chérubins, Séraphins, Archanges et Anges. Ces quatre dénominations d'esprits nous assurent que leur émanation vient réellement de la quadruple essence divine dans laquelle tout esprit créé, soit majeur et supérieur 10, inférieur 7, et mineur 4, devait agir et opérer pour la plus grande gloire du Créateur. Ces quatre premiers principes d'êtres créés avaient en eux une partie de la Domination divine, une vertu de puissance majeure, inférieure et mineure. Ils avaient en eux toutes ces choses et la connaissance de celles qui pouvaient exister ou être renfermées dans ces différents êtres spirituels, puisqu'ils n'étaient point encore créés et émancipés du sein de la Divinité,
mineur 4, devait agir et opérer pour la plus grande gloire du Créateur. Leur démonstration ou leur nombre prouve que leur émanation vient, réellement de la quatriple essence divine. Les [9] noms de ces quatre classes d'esprits étaient plus forts que ceux que nous donnons vulgairement aux Chérubins, Séraphins, Archanges et Anges, qui n'ont été émancipés que depuis. De plus, ces quatre premiers principes d'êtres spirituels avaient en eux, comme nous l'avons dit, une partie de la domination divine ; une puissance supérieure, majeure, inférieure et mineure, par laquelle ils connaissaient tout ce qui pouvait exister, ou être renfermé dans les êtres spirituels qui n'étaient pas encore sortis du sein de la Divinité.
parce que ces premiers chefs, émancipés du Créateur au premier cercle divin, nommé mystérieusement cercle dénaire, lisaient distinctement et avec sécurité ce qui se passait dans la Divinité, ainsi que ce qui était contenu en elle-même. Il ne doit pas y avoir le moindre doute sur ce que je dis ici, étant bien convaincu qu'il n'appartient qu'à l'esprit de lire, voir et concevoir l'esprit. Les premiers chefs créés spirituels étaient donc considérablement revêtus de vertu et puissance divine. TAIl n'est pas douteux que ces esprits prévissent toute action divine, la Divinité [les] ayant créés pour être témoins face à face de toutes ces opérations divines et de la manifestation de sa gloire.
Comment, dira-t-on, pouvaient-ils avoir connaissance des choses qui n'existaient pas encore distinctement et hors du sein du Créateur ? Parce que ces premiers chefs émanés au premier cercle, nommé mystérieusement cercle dénaire, lisaient clairement et avec certitude ce qui se passait dans la Divinité, ainsi que tout ce qui était contenu en elle-même. Il ne doit point y avoir de doute sur ce que je dis ici, étant bien convaincu qu'il n'appartient qu'à l'esprit de lire, de voir et de concevoir l'esprit. Ces premiers chefs avaient une connaissance parfaite de toute action divine, puisqu'ils n'avaient été émanés du sein du Créateur que pour être moins [sic pour témoins] face à face de toutes les opérations divines de la manifestation de sa gloire.
Ces chefs spirituels divins ont-ils toujours
Ces chefs spirituels divins ont-ils
conservé leur premier état de vertu et puissance divine ? Oui, ils l'ont conservé par l'immutabilité des dons et décrets éternels. Car, si Dieu avait retiré toutes les vertus et puissances premières qu'il a mises réversibles sur ces premiers esprits créés, il n'y aurait plus eu d'action de vie bonne et mauvaise, ni aucune manifestation de gloire et de puissance divine supérieure aux esprits majeurs, inférieurs et mineurs. Me dira-t-on que le Créateur devait bien prévoir que cette création d'esprits prévariquerait et s'écarterait des lois, préceptes et commandements qu'il voulait leur donner ? S'il le prévoyait, pourquoi ne les contenait-il point dans leur premier état de justice envers lui ? Je répondrai à cela que, quoique le Créateur ait prévu l'ambition orgueilleuse de ces esprits, il ne pouvait les contenir de pas une façon, sans les priver de leurs actions particulières et innées en eux, ayant été émancipés de la Divinité pour agir à leur volonté comme cause seconde spirituelle suivant le plan pour lequel le Créateur les avait créés.
conservé leur premier état de vertu et puissance divine après leur [10] prévarication ? Oui, ils l'ont conservé par l'immutabilité des décrets de l'Eternel, car si le Créateur avait retiré toutes les vertus et puissances qu'il a mises réversibles sur les premiers esprits, il n'y aurait plus eu d'action de vie bonne ou mauvaise, ni aucune manifestation de gloire, de justice, de puissance divine sur ces esprits prévaricateurs. On me dira que le Créateur devait bien prévoir que ces premiers esprits émanés prévariqueraient contre les lois, préceptes et commandements qu'il leur avait donnés, et qu'alors c'était à lui de les contenir dans la justice. Je répondrai à cela, que, quand même le Créateur aurait prévu l'orgueilleuse ambition de ces esprits, il ne pouvait, d'aucune façon, contenir et arrêter leurs pensées criminelles sans les priver de leur action particulière et innée en eux, ayant été émanés pour agir selon leur volonté, et comme cause seconde spirituelle selon le plan que le Créateur leur avait tracé. Le Créateur ne prend aucune part aux causes secondes spirituelles bonnes et mauvaises, ayant lui-même appuyé et fondé tout être spirituel sur des lois immuables ; par ce moyen, tout être spirituel est libre d'agir selon sa volonté et sa détermination particulière, ainsi que le Créateur l'a dit lui-même à sa créature ; et nous en voyons tous les jours la confirmation sous nos yeux.
Me dira-t-on encore "Quel est le genre de prévarication de ces esprits qui ait pu engager le Créateur d'user de force de loi divine contre ces premiers esprits ?" TAJe répondrai à cette question que le Créateur ne prend aucune part aux causes secondes spirituelles, bonnes et mauvaises, ayant lui-même fondé tout
Si l'on demande quel est le genre de prévarication de ces esprits, pour que le Créateur ait usé de force [11] de loi divine contre eux, je répondrai que ces esprits n'étaient émanés que pour agir comme causes secondes, et nullement pour exercer leur puissance sur les causes premières ou l'action même de la
être créé sur les lois immuables, et par ce moyen tout être créé est libre d'agir suivant sa volonté et sa détermination particulière, qui peut opérer à son gré, ainsi que le Créateur l'a dit lui-même à sa créature, et dont nous voyons la confirmation tous les jours de la vie sous nos yeux. Je dirai encore que si ces esprits n'étaient créés que pour agir sur les causes secondes, pourquoi ont-ils voulu s'exercer et agir sur les causes premières divines, au lieu de rester dans leur promesse inviolable d'action et d'agent second ? Puisqu'ils étaient des causes secondes, ils ne devaient être jaloux que de leur puissance, vertu et opération seconde, n'ayant été créés et émancipés du Créateur que pour cet objet, et non pour qu'ils s'occupassent à prévenir les pensées du Créateur dans toutes ses opérations divines, soit passées, présentes ou futures. TAUne pareille conduite de la part de ces premiers chefs créés fut criminelle devant le Créateur. En quoi peut-elle être criminelle ? Premièrement, en ce qu'ils ont voulu chercher des moyens pour condamner l'éternité divine, secondement, en ce qu'ils ont voulu chercher un autre moyen pour borner la toute-puissance divine dans les opérations de création, troisièmement, en ce qu'ils ont porté leurs pensées spirituelles à vouloir être créateurs des causes troisième et quatrième, qu'ils savaient être innées dans la toute-puissance du Créateur que nous appelons quadruple essence divine.
Divinité ; puisqu'ils n'étaient que des agents secondaires, ils ne devaient être jaloux que de leur puissance, vertu et opérations secondes, et non point s'occuper à prévenir la pensée du Créateur dans toutes ses opérations divines, tant passées que présentes et futures. Leur crime fut premièrement d'avoir voulu condamner l'éternité divine dans ses opérations de création ; secondement, d'avoir voulu borner la Toute-puissance divine dans ces mêmes opérations ; troisièmement, d'avoir porté leur pensée spirituelle jusqu'à vouloir être Créateurs des causes troisièmes et quatrièmes, qu'ils savaient être innées dans la toute-puissance du Créateur, que nous appelons quatriple essence divine.
Je ferai observer à mon disciple la volonté criminelle des premiers esprits créés contre le Créateur. Ils ont condamné l'éternité divine en ce qu'ils ont voulu donner à l'Eternel une émanation semblable à la leur, ne
Comment pouvaient-ils condamner l'éternité divine ?
C'est en voulant donner à l'Eternel une émanation égale à la leur, ne regardant le Créateur que comme un être
regardant le Créateur que comme un être semblable à eux. En conséquence, il devait naître d'eux des créatures spirituelles, qui dépendraient immédiatement d'eux, ainsi qu'ils devaient dépendre de celui qui les avait créés. Voilà ce que nous appelons le principe du mal spirituel, étant bien convaincu que toute mauvaise volonté conçue par l'esprit est toujours criminelle devant Dieu, quoique l'esprit n'ait point réalisé en action effective le contenu de sa mauvaise volonté. Je dirai donc que c'est de cette première volonté criminelle que les premiers esprits ont été précipités par la seule puissance et volonté du Créateur dans les lieux de sujétion, de privation et de misère impure à leur être spirituel, comme esprits purs et simples relativement à leur émanation première, ainsi qu'il va être expliqué.
semblable à eux ; et qu'en conséquence il devait naître d'eux des créatures spirituelles qui dépendraient immédiatement d'eux-mêmes, ainsi qu'ils dépendaient de celui qui les avait émanés. Voilà ce que nous appelons le principe du mal spirituel, étant certain que toute mauvaise volonté conçue [12] par l'esprit est toujours criminelle devant le Créateur, quand bien même l'esprit ne la réaliserait pas en action effective. C'est en punition de cette simple volonté criminelle que les esprits ont été précipités par la seule puissance du Créateur dans des lieux de sujétion, de privation et de misère impure et contraire à leur être spirituel qui était pur et simple par leur émanation, ce qui va être expliqué.
TACes premiers esprits ayant commis leur crime, le Créateur fit force de loi sur son immutabilité, en créant cet univers physique en apparence de forme matérielle, pour être le lieu fixe où ces esprits agiraient et exerceraient toute leur mauvaise volonté en privation. Il ne faut point comprendre dans cette création, l'homme ou le mineur, qui est aujourd'hui au centre de la surface terrestre, attendu que l'homme ne devait faire usage, en aucune façon de forme apparente, de cette matière, n'avant été créé par Dieu que pour être un être puissant sur tout être créé avant lui, ainsi qu'il va être expliqué.
Dieu ayant créé par sa toute-puissance cet univers pour être l'asile des premiers esprits pervers et le lieu fixe de leurs mauvaises opérations, qui ne pourront prévaloir aux lois d'ordre qu'il a données à sa création universelle, TAle
Ces premiers esprits ayant conçu leur pensée criminelle, le Créateur fit force de loi sur son immutabilité en créant cet univers physique, en apparence de forme matérielle, pour être le lieu fixe où ces esprits pervers avaient à agir, à exercer en privation toute leur malice. Il ne faut point comprendre dans cette création matérielle l'homme ou le mineur qui est aujourd'hui au centre de la surface terrestre ; parce que l'homme ne devait faire usage d'aucune forme de cette matière apparente, n'ayant été émané et émancipé par le Créateur que pour dominer sur tous les êtres émanés et émancipés avant lui. L'homme ne fut émané qu'après que cet univers fut formé par la Toute-puissance divine pour être l'asile des premiers esprits pervers et la borne de leurs opérations mauvaises, qui ne prévaudront jamais contre les lois d'ordre que le Créateur a donné à sa création universelle. Il avait les mêmes
Créateur créa, après toutes choses, un homme à qui il donna les mêmes préceptes, lois et commandements qu'il avait donnés à ces premiers esprits créés ; quoique, second, il devint aîné et supérieur aux premiers par son état de gloire et son exactitude à remplir les commandements qu'il reçut de Dieu. Ce dernier-créé connaissait parfaitement l'origine de sa création spirituelle et la nécessité de la création universelle ; il connaissait encore l'utilité de sa création spirituelle et la forme glorieuse qui lui avait été donnée pour agir dans toute sa volonté sur les formes corporelles actives et passives. C'était dans toute cette forme de gloire qu'il devait manifester toute sa puissance pour la plus grande gloire du Créateur, en face de la création universelle, particulière et générale.
vertus et puissances que les premiers esprits ; et quoiqu'il ne fût émané qu'après eux, il devint leur supérieur et leur aîné par [13] son état de gloire et la force du commandement qu'il reçut du Créateur. Il connaissait parfaitement la nécessité de la création universelle ; il connaissait de plus l'utilité et la sainteté de sa propre émanation spirituelle, ainsi que la forme glorieuse dont il était revêtu pour agir dans toutes ses volontés sur les formes corporelles actives et passives. C'était dans cet état qu'il devait manifester toute sa puissance pour la plus grande gloire du Créateur en face de la création universelle, générale et particulière.
Nous distinguerons l'univers en trois parties pour le faire concevoir à nos disciples avec toutes les facultés d'action spirituelle. L'univers est une immense circonférence dans laquelle est contenu le général et le particulier. Le général est la terre, de laquelle émanent tous les aliments nécessaires pour substanter le particulier ; et le particulier est composé de tous les habitants de corps célestes et terrestres. Voilà la distinction que nous faisons de la création universelle, pour que nos disciples puissent connaître et opérer avec distinction et connaissance de cause dans chacune de ses trois parties.
Nous distinguons ici l'univers en trois parties, pour le faire concevoir à nos émules avec toutes ses facultés d'actions spirituelles : 1° l'univers, qui est une circonférence dans laquelle sont contenus le général et le particulier ; 2° la terre ou la partie générale de laquelle émanent tous les aliments nécessaires à substancier le particulier ; 3° le particulier, qui est composé de tous les habitants des corps célestes et terrestres. Voilà la division que nous ferons de la création universelle, pour que nos émules puissent connaître et opérer avec distinction et connaissance de cause dans chacune de ces trois parties.
TAAdam était donc, dans son premier état de gloire, le véritable émule du Créateur, puisqu'il lisait dans le Créateur lorsqu'il opérait ses pensées divines face à face de lui. Il lui fit donc concevoir les trois principes qui composent l'univers qu'il avait créé, et
Adam, dans son premier état de gloire, était le véritable émule du Créateur. Comme pur esprit, il lisait à découvert les pensées et les opérations divines. Le Créateur lui fit concevoir les trois principes qui composaient l'univers ; et, pour cet effet, il lui dit : "Commande à
pour cet effet, il lui dit : "Commande à tous les animaux actifs et passifs. Ils t'obéiront." La créature obéit à ce que lui dit le Créateur, et Adam vit par là que sa puissance était grande. Voilà positivement comme il apprit à connaître avec sécurité une partie du tout composant l'univers, après qu'il eut opéré sur ce que nous appelons le particulier, qui est composé de tout être créé actif et passif habitant la surface terrestre et son centre jusqu'au centre céleste, qui est appelé mystérieusement ciel de Saturne au-dessus duquel est le sur-céleste.
tous les animaux actifs et passifs, et ils [14] obéiront." Adam exécuta ce que le Créateur lui avait dit ; il vit par là que sa puissance était grande, et il apprit à connaître avec certitude une partie du tout composant l'univers. Cette partie est ce que nous nommons le particulier, composé de tout être actif et passif habitant depuis la surface terrestre et son centre jusqu'au centre céleste appelé mystérieusement ciel de Saturne.
Après cette opération, le Créateur dit à sa créature : "Commande au général ou à toute la terre, et elle t'obéira", ce que la créature fit. Elle vit que sa vertu était grande. Il connut, après cette opération, avec certitude, le second tout composant l'univers. Après ces deux opérations, le Créateur dit à la créature : "Commande à l'univers créé, et tous ses habitants spirituels t'obéiront." Adam exécuta encore la parole de l'Eternel ; et ce fut par cette troisième opération qu'il apprit à connaître la création universelle.
Après cette opération, le Créateur dit à sa créature : "Commande au général ou à la terre ; elle t'obéira." Ce que fit Adam. Il vit par là que sa puissance était grande et il connut avec certitude le second tout composant l'univers. Après ces deux opérations, le Créateur dit à sa créature : "Commande à tout à l'univers créé, et tous ses habitants t'obéiront." Adam exécuta encore la parole de l'Eternel ; et ce fut par cette troisième opération qu'il apprit à connaître la création universelle.
Adam ayant ainsi opéré et manifesté sa volonté au gré du Créateur, reçut de lui le nom auguste d'homme-Dieu de la terre universelle, parce qu'il devait sortir de lui une postérité de Dieu et non une postérité charnelle. Je ferai observer que, par le moyen des trois opérations que l'homme fit au gré du Créateur, il reçut pour lors les lois, préceptes et commandements. A la première opération, il reçut la loi, à la seconde, le précepte, et à la troisième, le commandement. Ces trois genres d'opération, que le premier homme fit au gré du Créateur, nous font bien voir clairement, non seulement les bornes de
Adam ayant ainsi opéré et manifesté sa volonté au gré du Créateur, reçut de lui le nom auguste d'Homme Dieu de la terre universelle, parce qu'il devait sortir de lui une postérité de Dieu et non une postérité charnelle. Il faut observer qu'à la première opération Adam reçut la loi ; à la deuxième, il reçut le précepte, et à la troisième, le commandement. Par ces trois sortes d'opérations nous devons voir clairement, non seulement quelles étaient les bornes de la puissance, vertu et force que le Créateur avait, données [15] à sa créature, mais encore celles qu'il avait prescrites aux premiers esprits pervers.
puissance, de vertu et de force qu'il avait données à Adam, mais encore celles dans lesquelles il avait borné les premiers esprits créés avant lui.
TALe Créateur, ayant vu sa créature satisfaite de la vertu, force et puissance, qui étaient innées en lui, desquelles il pourrait user à sa volonté, se retira de lui, pour le laisser agir selon son libre-arbitre, qu'il avait donné à sa créature par l'émancipation qu'il avait faite d'elle, en la détachant d'une manière distincte de son immensité divine. Et cela pour qu'elle eût la faculté de la jouissance particulière personnelle, présente et future, pour une éternité impassive, pourvu toutefois que la créature agît selon la volonté du Créateur.
Le Créateur ayant vu sa créature satisfaite de la vertu, force et puissance innées en elle, et par lesquelles elle pouvait agir à sa volonté, l'abandonna à son libre-arbitre, l'ayant émancipée d'une manière distincte de son immensité divine avec cette liberté, afin que sa créature eût la jouissance particulière et personnelle, présente et future, pour une éternité impassive, pourvu toutefois qu'elle se conduisît selon la volonté du Créateur.
Cette créature que nous nommons Adam, étant livrée à son libre-arbitre, sous la réflexion de sa grande puissance manifestée par la grande force et vertu de ses trois premières opérations, envisagea son travail presque aussi grand que celui de Créateur, et ne pouvant pas de son chef approfondir parfaitement ces trois grandes opérations premières avec celles de son Créateur, ainsi qu'il en avait reçu l'ordre exprès de lui-même, avant qu'il fût laissé libre de ses volontés sur tout ce qui était à sa domination et en son pouvoir [lacune ?].
Les réflexions d'Adam, ainsi que la pensée qu'il avait conçue de lire dans la puissance infinie du Créateur, ne tardèrent pas d'un instant d'être connues des premiers esprits créés, puisque, de l'instant qu'Adam eut imaginé cette pensée, un des principaux esprits pervers, que nous appelons mauvais intellects ou démons, apparut à Adam sous la plus belle forme de gloire apparente et, s'étant
Adam étant livré à son libre arbitre, réfléchit sur la grande puissance manifestée par ses trois premières opérations. Il envisagea son travail comme étant presque aussi grand que celui du Créateur ; mais ne pouvant de son chef approfondir parfaitement ces trois premières opérations ni celles du Créateur, le trouble commença à s'emparer de lui au milieu de ses réflexions sur la toute-puissance divine, dans laquelle il ne pouvait lire qu'avec le consentement du Créateur, selon qu'il lui avait été enseigné par les ordres que le Créateur lui avait donnés lui-même d'exercer ses pouvoirs sur tout ce qui était à sa domination, avant de le laisser libre de ses volontés. Les réflexions d'Adam, ainsi que la pensée qu'il avait eue de lire dans la puissance divine, ne tardèrent pas d'un instant d'être connues des premiers esprits pervers que nous nommons mauvais démons, puisque, [16] dès qu'il eut conçu cette pensée, un des principaux esprits pervers apparut à lui sous la forme
approché, lui dit : "Que désires-tu connaître de plus du Créateur ? N'a-t-il pas mis en toi toute vertu et puissance égales à lui ? Agis et opère, en ta qualité d'être libre, toute volonté innée en toi, soit sur lui, soit sur toute la création universelle qu'il a soumise à ta puissance et à ton commandement. Tu apprendras pour lors à être convaincu que ta puissance ne diffère en rien de celle du Créateur. Tu apprendras encore à connaître que tu es non seulement créature particulière, mais encore créateur, comme te l'a dit le Créateur qu'il devait naître de toi une postérité de Dieu. C'est du Créateur que je tiens toutes ces choses, et c'est pour lui et en son nom que je te parle.
apparente de corps de gloire, et s'étant approché d'Adam, il lui dit : "Que désires-tu connaître de plus du tout-puissant Créateur ? Ne t'a-t-il pas égalé à lui par la vertu et la toute-puissance qu'il a mises en toi ? Agis selon ta volonté innée en toi, et opère en qualité d'être libre, soit sur la Divinité, soit sur toute la création universelle qui est soumise à ton commandement. Tu te convaincras pour lors que ta toute-puissance ne diffère en rien de celle du Créateur. Tu apprendras à connaître que tu es non seulement créateur de puissance particulière, mais encore créateur de puissance universelle ainsi qu'il t'a été dit qu'il devait naître de toi une postérité de Dieu. C'est du Créateur que je tiens toutes ces choses, et c'est par lui et en son nom que je te parle."
TAA ce propos de l'esprit démoniaque, Adam resta dans l'inaction et sentit naître en lui un trouble violent, qui le mit dans une extase. Et, dans cet état, l'esprit malin lui suggéra toute sa puissance démoniaque, qui fit par ce moyen retenir impression de sa volonté à Adam, qui, revenu à son extase spirituelle animale, consentit à opérer la science démoniaque contre celle du Créateur et contre celle que le Créateur lui avait donnée pour assujettir tout être créé inférieur à lui. Adam, prévenu et persuadé de la pensée démoniaque, la préféra à la science particulière spirituelle qu'il avait entièrement rejetée, pour ne faire usage que de celle que l'esprit malin lui avait suggérée.
A ce discours de l'esprit démoniaque, Adam resta comme dans l'inaction, et sentit naître en lui un trouble violent, d'où il tomba dans l'extase. C'est dans cet état que l'esprit malin lui insinua sa puissance démoniaque ; et Adam, revenu de son extase spirituelle animale, mais ayant retenu une impression mauvaise du démon, résolut d'opérer la science démoniaque préférablement à la science divine que le Créateur lui avait donnée pour assujettir tout être inférieur à lui. Il rejeta entièrement sa propre pensée spirituelle divine, pour ne faire [17] usage que de celle que l'esprit malin lui avait suggérée.
Adam opéra donc la pensée démoniaque, en faisant une quatrième opération, dans laquelle il usa de toutes les paroles puissantes que le Créateur lui avait transmises pour ses trois premières
Adam opéra donc la pensée démoniaque en faisant une quatrième opération dans laquelle il usa de toutes les paroles puissantes que le Créateur lui avait transmises pour ses trois premières
opérations, quoiqu'il eût entièrement rejeté les règles de ces mêmes opérations. Il fit usage, de préférence, de celles que le démon lui avait enseignées, comme aussi du plan convenable qu'il devait opérer pour attaquer l'immutabilité du Créateur,
opérations, quoiqu'il eût entièrement rejeté le cérémonial de ces mêmes opérations. Il fit usage par préférence du cérémonial que le démon lui avait enseigné, ainsi que du plan qu'il en avait reçu pour attaquer l'immutabilité du Créateur.
suivant ce que les esprits pervers avaient conçu d'opérer pour devancer le Créateur, au préjudice des lois que l'Eternel leur avait prescrites pour leur servir de bornes dans toutes les opérations spirituelles divines. Ces premiers esprits ne devaient rien concevoir ni entendre en matière de création, n'étant que créatures, ainsi qu'Adam qui ne devait pas plus aspirer à cette ambition, qui lui fut suggérée mal à propos par le démon, de vouloir tendre à la création des êtres spirituels.
Adam répéta ce que les premiers esprits pervers avaient conçu d'opérer pour devenir créateurs au préjudice des lois que l'Eternel lui avait prescrites pour leur servir de bornes dans leurs opérations spirituelles divines. Ces premiers esprits ne devaient rien concevoir ni entendre en matière de création, n'étant que créature de puissance. Adam ne devait pas plus aspirer qu'eux à cette ambition de création d'êtres spirituels qui lui fut suggérée par le démon.
A peine ces esprits pervers eurent conçu d'opérer leur volonté de création semblable au Créateur, que le Créateur fit abattre tout d'un coup eux et leurs pensées ambitieuses dans des lieux de ténèbres et de privation divine pendant une durée immense de temps, étant condamnés à cette demeure par la volonté immuable du Créateur. Je ferai observer à mon disciple que cette condamnation à ce châtiment du Créateur fait bien voir qu'il ne laisse aucune pensée d'esprit criminelle impunie, attendu que le Créateur ne saurait ignorer la pensée et la volonté de son être créé. C'est donc la volonté bonne et mauvaise qui va directement se faire entendre au Créateur qui la reçoit ou la rejette. Ce n'est donc point, comme plusieurs personnes ont voulu le dire, que le mal venait du Créateur, ainsi que toute chose créée émane de lui. Un pareil jugement est impie et erroné. Du
Nous avons vu qu'à peine ces démons ou esprits pervers eurent conçu d'opérer leur volonté d'émanation semblable à celle qu'avait opérée le Créateur, ils furent précipités dans des lieux de ténèbres pour une durée immense de temps, par la volonté immuable du Créateur. Cette chute et ce châtiment nous prouvent que le Créateur ne saurait ignorer la pensée et la volonté de sa créature ; cette pensée [18] et cette volonté, bonnes ou mauvaises, vont se faire entendre directement au Créateur qui les reçoit ou les rejette. On aurait donc tort de dire que le mal vient du Créateur, sous prétexte que tout émane de lui. Du Créateur est sorti tout être spirituel, bon, saint et parfait aucun mal n'est et ne peut être émané de lui. Mais que l'on demande d'où est donc émané le mal ? Je dirai que le mal est enfanté par l'esprit et non créé ; la création appartient au Créateur et non à la créature ; les
Créateur est sorti tout être spirituel bon et même sain et parfait. Aucun mal n'est et ne peut être émané de lui. Mais qu'on me demande d'où est venu le mal, je dirai que le mal est enfanté par l'esprit, et non créé, la création n'appartenant qu'au Créateur et non à la créature. TALa pensée et la volonté mauvaise sont enfantées par l'esprit mauvais, comme la pensée supérieure et sublime bonne donnée à l'homme est enfantée par l'esprit bon. Ces sortes d'enfantements de pensées bonnes et mauvaises et de volonté pour et contre l'homme, sont immédiatement émanées des esprits bons et mauvais, sauf à l'homme de recevoir l'une ou l'autre relativement à son libre-arbitre, qui lui donne droit de prétendre à la récompense promise par le Créateur pour ses bonnes oeuvres, comme aussi de rester pour un temps infini dans la privation de son droit spirituel. Je dirai encore, au sujet de l'origine du mal, que le mal ne prend point son origine du Créateur, ni d'aucune de ses créatures particulières. Mais je dirai que l'origine du mal vient très positivement de la mauvaise pensée et mauvaise volonté de l'esprit, ou de la pensée et de la volonté opposées aux lois, préceptes et commandements de l'Eternel, et qu'il ne peut pas changer dans cet esprit, sans détruire sa liberté ou son existence particulière, comme il a été dit ci-dessus. Non que l'esprit qui a enfanté le mal soit le mal même, car, si les démons changeaient leur volonté mauvaise, leurs actions changeraient aussi, et, de cet instant, il ne serait plus question de mal dans tout l'univers. Répondrez-vous à cela que Dieu étant immuable dans tous ses décrets, il a condamné en privation dans les peines éternelles ceux qui ont enfanté le mal ? Je répondrai qu'il est vrai que le Créateur a condamné celui
pensées mauvaises sont enfantées par l'esprit mauvais, comme les pensées bonnes sont enfantées par l'esprit bon ; c'est à l'homme à rejeter les unes et à recevoir les autres, selon son libre-arbitre qui lui donne droit de prétendre aux récompenses de ses bonnes oeuvres, mais qui peut aussi le faire rester pour un temps infini dans la privation de son droit spirituel.
qui est professeur et qui professe le mal, à une privation et à des pâtiments infinis, mais je fais apercevoir qu'au centre de la manifestation de la justice du Créateur sur la créature, il s'est lui-même nommé père de miséricorde sans borne sur cette même créature.
Je n'irai pas plus avant dans l'examen de cette infinie miséricorde de Dieu, me réservant d'en parler dans un autre endroit. Je reviendrai donc encore une fois à l'enfantement du mal occasionné par la mauvaise volonté de l'esprit. TAJe dirai donc que le mauvais enfantement de l'esprit, n'étant que la mauvaise pensée de laquelle résulte la volonté appelée spirituellement "mauvais intellect", de même que l'enfantement de la bonne volonté est encore appelé "bon intellect", c'est par ces sortes d'intellects que ces esprits bons et mauvais se communiquent à l'homme et font retenir impression quelconque au maçon spirituel, toutefois cependant que la volonté de celui qui a le pouvoir de rejeter ou d'admettre veut se prêter [à] recevoir l'un ou l'autre, dans sa qualité d'être mineur libre de son premier principe de création.
Je parlerai plus amplement de cette miséricorde divine dans un autre endroit. Je reviendrai encore à l'enfantement du mal occasionné par la mauvaise volonté de l'esprit, et je dirai que le mauvais enfantement de l'esprit, n'étant que la mauvaise pensée, est appelé spirituellement mauvais intellect, de même que l'enfantement de la bonne pensée est appelé bon intellect. C'est par ces sortes d'intellects que les esprits bons et mauvais se communiquent à l'homme et lui font retenir une impression quelconque, selon qu'il use de son libre-arbitre pour [19] rejeter ou admettre le mauvais ou le bon, à sa volonté.
Nous distinguons la volonté bonne ou mauvaise des esprits par le nom d'intellect, parce qu'ils opèrent sur des êtres spirituels créés après eux, et que ces esprits premiers-créés n'ont dégénéré des puissances supérieures à celles des mineurs, que par leur prévarication qui les assujettit aux créatures mineures. Je ne fais aucune distinction de la sujétion dans laquelle le mineur, ou l'homme, tient les esprits bons, d'avec celle dont il tient les esprits mauvais sous sa vertu et puissance, ainsi que je vais le faire comprendre à mon disciple.
Nous nommons intellect cette insinuation bonne ou mauvaise des esprits, parce qu'ils agissent sur des êtres spirituels. Les esprits pervers sont assujettis aux mineurs, ayant dégénérés de leur puissance supérieure par leur prévarication. Les bons esprits sont également assujettis à l'homme par la puissance quaternaire qu'il reçut à son émanation. Cette puissance universelle de l'homme est annoncée par la parole du Créateur, qui lui dit : "J'ai tout créé pour toi ; tu n'as qu'à commander pour être obéi." Il n'y a donc nulle distinction à faire de la sujétion où le mineur tient les
TALorsque le Créateur eut créé le premier maçon, après avoir créé les ténèbres, ou la terre, où devaient habiter les professeurs du mauvais intellect, il dit à son homme qu'il avait créé toutes choses au-dessous du ciel surcéleste pour lui, et que tout était créé pour être sujet à lui, qu'il n'avait qu'à commander pour être obéi. Il avait donc force de commandement sur les démons en privation. La bonne volonté de ce premier maçon, ou du mineur revêtu de son corps de gloire, aurait été à ces esprits un bon et véritable intellect, qui se serait fait sentir à lui, ainsi que le mauvais intellect se fit sentir au premier maçon, et qui, par sa prévarication, se fait encore ressentir jusqu'à nous. Par la puissance de commandement qu'il avait sur les démons, il pourrait par sa bonne volonté les resserrer encore plus dans leur privation, en leur refusant la communication de tout être créé après eux, ainsi que cela nous est figuré en nature par l'inégalité des cinq doigts de la main droite, dont le doigt médium figure l'âme, le pouce l'esprit bon, l'index l'intellect bon, les deux autres doigts figurent également l'esprit et intellect démoniaque. TANous comprendrons très clairement par cette figure que l'homme ou le maçon mineur était uniquement créé pour être toujours en aspect du mauvais démon, pour le contenir, le combattre et le retenir dans une plus grande privation de communication de tout être spirituel bon. La force et la puissance du mineur étaient bien plus grandes que celles des démons qu'il devait contenir sous sa puissance, en ce que le mineur avait en son pouvoir celles de son compagnon et son intellect qu'il réunissait avec la science, et que, par ce moyen, il pouvait faire lutter trois
esprits bons, d'avec celle où il tient les esprits mauvais. Si l'homme se fût maintenu dans son état de gloire, il aurait servi de bon et de véritable intellect aux mauvais démons, ainsi qu'eux-mêmes ont fait sentir leur mauvais intellect au premier mineur et qu'ils le font journellement ressentir parmi nous. Par la puissance du commandement, l'homme pouvait encore plus les resserrer dans la privation en leur refusant toute communication avec lui ; ce qui nous est figuré par l'inégalité des cinq doigts de la main, dont le doigt médium figure l'âme, le pouce, l'esprit bon, l'index, l'intellect bon ; les deux autres doigts figurent également l'esprit et l'intellect démoniaques. Nous comprendrons aisément par cette figure, que [20] l'homme n'avait été émané que pour être toujours en aspect du mauvais démon, pour le contenir et le combattre. La puissance de l'homme était bien supérieure à celle du démon, puisque cet homme joignait à sa science celle de son compagnon et de son intellect, et que, par ce moyen, il pouvait opposer trois puissances spirituelles bonnes contre deux faibles puissances démoniaques ; ce qui aurait totalement subjugué les professeurs du mal, et par conséquent, détruit le mal même.
puissances bonnes contre deux mauvaises démoniaques. Et, de cette façon, il aurait mis fin au professeur du mal et au mal même.
On peut voir, par tout ce que je viens de dire sur le professeur du mal, que l'origine du mal n'est venue d'aucune autre cause que de la mauvaise pensée suivie de la mauvaise volonté de l'esprit contre les lois divines. Non que l'esprit même, qui émane du Créateur, soit directement le mal, parce que le possible du mal n'a jamais existé dans le Créateur. C'est donc une grande erreur que d'admettre dans la possibilité des choses divines le mal qui naît de la seule disposition et volonté de la créature, et non du Créateur. Ceux qui parlent différemment ne parlent pas avec connaissance de cause des choses possibles et impossibles à la Divinité. On ne donne au Créateur, lorsqu'il châtie sa créature, que le nom de justice, et non le nom d'auteur du fléau qu'il lance sur la créature pour tâcher, par cet effet, de la préserver des tourments et châtiments infinis.
L'on peut voir, par tout ce que je viens de dire, que l'origine du mal n'est venue d'aucune autre cause que de la mauvaise pensée suivie de la volonté mauvaise de l'esprit contre les lois divines ; et non pas que l'esprit même émané du Créateur soit directement le mal ; parce que la possibilité du mal n'a jamais existé dans le Créateur. Il ne naît uniquement que de la seule disposition et volonté de ses créatures. Ceux qui parlent différemment ne parlent pas avec connaissance de cause des choses possibles et impossibles à la Divinité. Lorsque le Créateur châtie sa créature, on lui donne le nom de juste, et non celui d'auteur du fléau qu'il lance pour préserver sa créature du châtiment infini.
TAJ'entrerai présentement dans l'explication de la prévarication d'Adam, ou du premier être maçon mineur créé après les premiers êtres spirituels et prévaricateurs avant lui. Je dirai, pour cet effet, que la prévarication du premier maçon créé est une répétition de celle des premiers esprits. Elle est telle parce que l'inspiration de sa prévarication, quoique partant de sa propre volonté, ne vient point immédiatement de sa pensée, cette pensée lui ayant été suggérée par ces premiers esprits prévaricateurs. La force de la prévarication d'Adam est encore plus grande et plus considérable que celle des premiers esprits. Elle est telle,
J'entrerai maintenant dans l'explication de la prévarication du premier homme. Cette prévarication est une répétition de celle des esprits pervers premiers émanés ; quoiqu'elle parte de la propre volonté [21] d'Adam, elle ne vient point immédiatement de sa pensée, cette pensée lui ayant été suggérée par les esprits prévaricateurs. Mais la prévarication du premier homme est plus considérable que celle des premiers esprits, en ce que, non seulement Adam a retenu impression du conseil des démons en faveur desquels il a contracté une volonté mauvaise, mais encore il s'est porté à mettre en usage toute sa vertu et
non seulement parce qu'Adam a retenu impression du conseil des démons qui l'ont fait déterminer à contracter sa volonté mauvaise en faveur de leurs conseils démoniaques, mais encore il s'est porté à mettre en usage toute sa volonté, vertu et puissance divine contre le Créateur, ce que ces premiers esprits n'avaient pas eu le temps de faire, leur pensée et volonté mauvaise ayant été lues par le Créateur, qui abattit tout aussitôt leur vouloir à ce sujet. On demandera pourquoi le Créateur n'a pas usé de son pouvoir contre la mauvaise volonté et l'opération inique d'Adam, ainsi qu'il avait fait contre celle des premiers esprits pervers. Je répondrai à cela que, comme le Créateur avait créé l'homme, ou le mineur, pour être l'instrument duquel il se servirait pour l'entière punition des premiers esprits, il laissa subsister les lois d'ordre qu'il avait données à l'un et à l'autre de ces deux êtres créés, et les vit opérer selon leur libre-arbitre, suivant leur pensée, désir et volonté innés en eux. TALe Créateur, étant un être immuable dans ses décrets et dans ses dons spirituels, comme aussi dans ce qu'il promet et refuse, de même que dans les récompenses et les peines qu'il inflige à sa créature, suivant qu'elle sait qu'elle le mérite par ses actions, laissa agir ces deux êtres créés à leur propre volonté, n'étant point au Créateur de lire dans les causes secondes, comme je l'ai déjà dit, et encore moins de les empêcher et arrêter. Il ne le pourrait sans sortir de son immutabilité et déroger par là de sa propre existence d'être nécessaire et à sa puissance divine, comme je vais le faire entendre à mon disciple.
puissance divine contre le Créateur, en opérant au gré des démons et de sa propre volonté un acte de création, ce que les esprits pervers n'avaient pas eu le temps de faire, leur pensée et leur volonté mauvaises ayant été tuées par le Créateur qui arrêta aussitôt et prévint l'acte de l'opération de cette volonté. L'on demandera peut-être pourquoi le Créateur n'a pas agi contre la mauvaise volonté et l'opération inique du premier homme ainsi qu'il l'avait fait contre celle des esprits pervers ? Je répondrai à cela que l'homme, étant l'instrument préposé par le Créateur pour la punition des premiers esprits, reçut des lois d'ordre en conséquence. Le Créateur laissa subsister ces lois d'ordre qu'il avait données à l'homme, ainsi que celles qui étaient innées dans l'esprit mauvais, afin que ces deux êtres opérassent conformément à leur pensée et à leur volonté particulière. Le Créateur étant un être immuable dans ses décrets et dans ses dons spirituels, comme aussi dans ce qu'il promet et ce qu'il refuse, de même que [22] dans les peines et récompenses qu'il envoie à sa créature selon qu’elle le mérite, ne pouvait, sans manquer à son immutabilité, arrêter la force et l'action des lois d'ordre que l'esprit mauvais et l'esprit mineur ou l'homme avait eues. Il laissa agir librement les deux êtres émanés, n'étant point en lui de lire dans les causes secondes temporelles, ni d'en empêcher l'action sans déroger à sa propre existence d'Etre nécessaire et à sa puissance divine.
Si le Créateur prenait quelque part aux causes secondes, il faudrait que de toute
Si le Créateur prenait quelque part aux causes secondes, il faudrait de toute
nécessité, il communiquât lui-même la pensée et la volonté à la créature bonne et mauvaise, et qu'il la fît communiquer par ses agents spirituels qui émaneraient immédiatement de lui, ce qui reviendrait toujours à la même chose.
nécessité qu'il communiquât lui-même non seulement la pensée, mais encore la volonté bonne ou mauvaise à sa créature, ou qu'il la fît communiquer par ses agents spirituels qui émaneraient immédiatement de lui, ce qui reviendrait au même.
Si le Créateur agissait ainsi, vous auriez raison de dire que le bien et le mal viennent de Dieu, de même que le pur et l'impur. Toute chose étant ainsi, vous n'auriez plus besoin de vous considérer comme des hommes libres et sujets à aucun culte divin de notre propre volonté, puisque nous n'en n'aurions aucune par le défaut de liberté. Rendons donc toute la justice qui est due au Créateur, en restant plus que certains et convaincus, qu'il n'a jamais existé en lui le moindre soupçon de mal, ce qui ne peut même se penser, la chose n'étant point possible et n'étant même point dans la possibilité divine.
Si le Créateur agissait ainsi, on aurait raison de dire que le bien et le mal viennent de Dieu, de même que le pur et l'impur. Nous ne pourrions plus alors nous considérer comme des êtres libres et sujets à un culte divin de notre propre volonté. Rendons toute la justice qui est due au Créateur, en restant plus que convaincus qu'il n'y a jamais existé en lui et qu'il n'y peut jamais exister le moindre soupçon de mal et que c'est de la seule volonté de l'esprit que le mal peut sortir, l'esprit étant revêtu d'une entière liberté.
TACe qui prouve démonstrativement la vérité de ce que je dis, c'est que s'il avait été à la possibilité du Créateur d'arrêter les causes secondes, il n'aurait point permis que son mineur, ou son premier homme, qu'il avait créé pour être le seul être opérant pour la punition des esprits pervers, fût la proie des démons, l'ayant expressément créé pour être l'instrument particulier de la manifestation de sa gloire contre ces esprits. Je ferai encore une petite comparaison à ce sujet, quoiqu'il n'y en n'ait point à faire. Je vous proposerai, par exemple : Si vous envoyiez un second vous-même pour combattre et terrasser vos ennemis et qu'il fût en votre pouvoir de le faire revenir victorieux et triomphant sur eux, pourriez-vous le laisser succomber sans succomber vous-même ? Si, au contraire, votre ennemi ne marche à vos ennemis
Ce qui prouve démonstrativement la vérité de ce que je dis, c'est que, s’il avait été à la possibilité du [23] Créateur d'arrêter l'action des causes secondes spirituelles temporelles il n'aurait pas permis que son mineur succombât à l'insinuation des démons, l'ayant émané expressément pour être l'instrument particulier de la manifestation de sa gloire contre ces mêmes démons. Je ferai encore une petite comparaison à ce sujet, quoiqu'il n'y en ait point à faire : je vous dirai donc que, si vous envoyiez un second vous-même pour combattre vos ennemis, et qu'il fut en votre pouvoir de le faire triompher, pourriez-vous le laisser succomber sans succomber vous-même ? Si, au contraire, votre député va au combat en observant de point en point les lois d'ordre que vous lui aurez donné, et qu'il revienne triomphant, vous le
pour les combattre, que sous les lois immuables que vous lui auriez prescrites, il reviendra triomphant s'il les a suivies de point en point, et vous le récompenserez de tout votre pouvoir, comme un ami fidèle à vos ordres. Mais s'il succombe, ayant transgressé ces mêmes lois, vous le punirez, comme ayant la force en main. Ce député ayant enfin succombé, avez-vous subi son sort ? Non, il n'y a que lui de blâmable, et sur lequel doit porter votre indignation, en le considérant comme un opprobre, faussaire et parjure à lui-même. Je dirai donc à cet égard : Si votre député avait reçu vos ordres pour combattre vos ennemis, et si, au lieu de les attaquer pour les terrasser selon vos lois, il se joignait à eux pour vous attaquer et vous rendre leur sujet, au lieu qu'ils sont les vôtres, comment considéreriez-vous ce député ? Vous le regarderiez comme un traître et vous seriez en garde contre lui. Eh bien, voilà précisément, par les comparaisons que je viens de faire, la prévarication de ce premier homme, ou maçon mineur créé, contre son Créateur. C'est à ce sujet qu'il est dit dans les saintes Ecritures par l'ange du Créateur : "Chassons d'ici l'homme qui a la connaissance du bien et du mal. Car il pourrait nous troubler dans nos fonctions toutes spirituelles. Et prenons garde qu'il n'attaque ou ne touche l'arbre de vie et qu'il ne vive par ce moyen à jamais."
TAL'arbre de vie n'est autre chose que l'esprit du Créateur, que le mineur attaque injustement avec ses alliés. "Qu'il ne vive à jamais" signifie qu'il ne vive éternellement comme les esprits démoniaques, sous leur même vertu et puissance maudite.
récompenserez de tout votre pouvoir comme un ami fidèle à vos ordres. Mais si, s'étant écarté de vos lois, il vient à succomber, vous le punirez parce qu'il avait la force en main. Cependant ce député étant vaincu, l'êtes-vous également ? Non. Il n'y a donc que lui de blâmable et sur lequel doit tomber toute votre indignation, comme étant faussaire et parjure ; aussi vous l'aurez en opprobre. De plus, si votre député, ayant reçu vos ordres pour aller combattre vos ennemis, au lieu de les attaquer et de les terrasser, se joignait à eux, et que tous ensemble vinssent vous livrer bataille, et cherchassent par ce moyen à vous rendre sujet à eux au lieu qu'ils le sont de vous, comment considéreriez vous ce député ? Vous le regarderiez [24] comme un traître, et vous vous tiendriez plus fort que jamais sur vos gardes contre lui. Eh bien, voilà positivement quelle est la prévarication du premier homme envers le Créateur. C'est pour cela que l'ange du Seigneur dit, selon qu'il est rapporté dans les Ecritures : "Chassons d'ici l'homme qui eut connaissance du bien et du mal, car il pourrait nous troubler dans nos fonctions toutes spirituelles, et prenons garde qu'il ne touche l'arbre de vie, et qu'il ne vive par ce moyen à jamais." (L'arbre de vie n'est autre chose que l'esprit du Créateur que le mineur attaqua injustement avec ses alliés. Qu'il ne vive à jamais signifie : qu'il ne vive éternellement comme les premiers esprits démoniaques dans une vertu et une puissance maudites).
Je ferai encore observer à mon disciple
Sans cette punition, le premier
que, si le premier maçon mineur eût resté concentré dans son premier crime et qu'il n'eût point obtenu du Créateur sa réconciliation, il serait resté mineur des mineurs démoniaques, auxquels il aurait été soumis, et qu'au contraire le mineur a été remis par son Créateur dans sa même vertu et puissance qu'il avait eue auparavant contre les infidèles de la loi. C'est donc par cette réconciliation que le mineur a reçu une seconde fois du Créateur, vertu et puissance pour et contre tout être, afin qu'il en use avec sagesse et modération, et qu'il ne s'efforce plus à l'avenir d'employer son libre-arbitre et sa volonté au gré des ennemis du Créateur, dans la crainte qu'il ne devienne par ce moyen l'arbre de vie du mal, en vivant à jamais sous la même vertu et puissance démoniaque.
homme n'eût point fait pénitence de son crime ; il n'eût point obtenu sa réconciliation ; il n'aurait point eu sa postérité, et serait resté mineur des mineurs démoniaques dont il était devenu le sujet. Au lieu que par sa réconciliation spirituelle, il a été remis par le Créateur dans les mêmes vertus et puissances qu'il avait auparavant contre les infidèles de la loi divine. C'est par cette réconciliation qu'il a obtenu une seconde fois des pouvoirs pour et contre tout être créé. C'est à lui d'en user avec sagesse et modération, et de ne plus employer son libre arbitre au gré des ennemis du Créateur, de peur de devenir à jamais l'arbre de vie du mal. [25]
Je reviendrai à la prévarication d'Adam et je dirai qu'ayant été créé par le Créateur pour être destiné à produire une postérité de Dieu et non une postérité de matière, comme il l'a opérée de sa propre volonté, il n'est pas surprenant qu'un pareil forfait de sa part soit punissable de génération en génération pour un temps immémorial. Si vous connaissiez le genre de prévarication d'Adam et le fruit qu'il reçut de cette même prévarication, vous ne seriez point étonné de la peine que le Créateur nous a infligée en naissant, et rendue réversible sur notre postérité jusque la fin des siècles. Voici le principe de l'opération mauvaise du premier homme. TAAdam fut créé le dernier de toutes les créatures quelconques et au centre de la création universelle générale et particulière. Il le créa libre, en créant avec lui la loi qui devait le contenir dans ses bornes de puissance spirituelle, ainsi qu'il avait fait aux premiers esprits pervers. Adam, dans
Revenons à la prévarication d'Adam. Si vous connaissiez le genre de prévarication d'Adam et le fruit qu'il en reçut, vous ne regarderiez plus comme injuste la peine que le Créateur a mis sur nous en naissant et qu'il a rendu réversible sur notre postérité jusqu'à la fin des siècles. Adam fut émané le dernier de toute créature quelconque ; il fut placé au centre de la création universelle, générale et particulière ; il était revêtu d'une puissance supérieure à celle de tout être émané, relativement à l'emploi auquel le Créateur le destinait : les anges mêmes étaient soumis à sa grande vertu et à ses pouvoirs. C'est en réfléchissant sur un état si glorieux qu'Adam conçut et opéra sa mauvaise volonté au centre de sa première couche glorieuse que l'on nomme vulgairement : paradis terrestre, et que nous appelons mystérieusement : terre élevée au-dessus de tout sens. Cet emplacement est ainsi nommé par les amis de la sagesse, parce que ce fut dans
ce premier état de gloire, conçut très bien qu'il était quelque chose de plus que tout être créé. Il sentait encore qu'il avait en lui une puissance au-dessus de tous les êtres angéliques, relativement à l'emploi auquel le Créateur l'avait destiné. Il devait agir avec supériorité à tous êtres. Adam ayant réfléchi sur son premier état et ne pouvant rien définir ni agir par lui-même sur les choses qui n'étaient point de sa puissance, ainsi que je l'ai dit ailleurs, effectua sa volonté, suivant la pensée que lui avaient fait naître les principaux chefs démoniaques, et opéra sur cette même pensée, au centre de sa première couche glorieuse que l'on nomme vulgairement, "paradis terrestre", et que nous appellerons mystérieusement "terre élevée au-dessus de tout sens". Cet emplacement est ainsi nommé par les amis de la sagesse, et ce fut à ce Moria où le temple de Salomon a été construit et qui figure réellement la création du premier homme. Pour se convaincre de cette vérité, l'on doit observer que le temple de Salomon fut positivement construit sans le secours d'outils composés de métaux, pour faire voir à tous les hommes que le Créateur n'emploie point dans ses opérations le physique matériel.
ce lieu connu sous le nom de Mor-ia que le Temple de Salomon a été construit depuis. La construction de ce temple figurait réellement l'émanation du premier homme. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à observer que le temple de Salomon fut construit sans le secours d'outils composés de métaux ; ce qui faisait voir à tous les hommes que le Créateur avait formé le premier homme sans le secours d'aucune opération physique matérielle. [26]
Cette couche glorieuse dans laquelle le Créateur plaça son premier mineur maçon, fut figurée par six ou sept circonférences par lesquelles le Créateur représentait au premier homme les six immenses pensées qu'il avait employées pour la création de sa loge universelle, celle de son maçon. Le dernier cercle, joint aux six premiers, annonçait au maçon la jonction que l'esprit du Créateur faisait avec lui pour être sa force et son appui. Mais, malgré la précaution que le Créateur employa pour
Cette couche spirituelle, dans laquelle le Créateur plaça son premier mineur, fut figurée par 6 et une circonférence. Par les six cercles, le Créateur représentait au premier homme les six immenses pensées qu'il avait employées pour la création de son temple universel et particulier. Le septième, joint aux six autres, annonçait à l'homme la jonction que l'esprit du Créateur faisait avec lui pour être sa force et son appui. Mais malgré les précautions puissantes que le Créateur employa pour prévenir et
prévenir son premier maçon contre ses ennemis et les siens, l'homme ne laissa pas d'agir selon sa volonté et poursuivit son opération contre le Créateur, suivant qu'il le connut et détermina par son oeuvre impure.
soutenir l'homme contre ses ennemis, cet homme ne laissa pas d'agir selon sa propre volonté, par laquelle il se détermina à opérer une oeuvre impure.
TAAdam avait en lui un acte de création de postérité de forme spirituelle, c'est-à-dire de forme corporelle glorieuse semblable à celle qu'il avait avant sa prévarication. Cette forme glorieuse aurait été impassible, et toute la gloire de cette création aurait été donnée à lui directement par le Créateur. Le Créateur, ayant joint son opération divine à celle de son mineur spirituel, ils n'auraient fait à tous les deux qu'une seule opération. La volonté du premier homme ayant été celle du Créateur, à peine la pensée du Créateur des formes glorieuses aurait opéré, que la pensée spirituelle divine aurait agi en remplissant immédiatement l'opération du mineur, d'un être aussi parfait que lui. C'était dans ce grand oeuvre qu'Adam se serait vu renaître avec satisfaction, puisqu'il aurait été le vrai créateur d'une postérité de Dieu, mais Adam n'agit point comme je viens de le dire, il agit à l'opposé et je vais vous l'expliquer.
TAAdam, étant induit en erreur par ceux en qui il avait mis toute sa confiance, par les vives sollicitations qu'ils lui faisaient à chaque instant et par le faux plan d'opération apparente divine qu'ils lui avaient tracé, par les conseils que ces mêmes esprits démoniaques lui donneraient en disant : "Tu as inné en toi le verbe de création en tout genre, tu es professeur de toute valeur, poids et mesure, nombre et puissance de création divine. Pourquoi n'opères-tu pas ce qui est inné en toi devant ceux qui sont hors
Adam avait en lui un acte de création de postérité de forme spirituelle, c'est-à-dire de forme glorieuse, semblable à celle qu'il avait avant sa prévarication : forme impassive et d'une nature supérieure à celles de toutes les formes élémentaires. Adam aurait eu toute la gloire de ces sortes de créations : la volonté du premier homme ayant été celle du Créateur, à peine la pensée de l'homme aurait-elle opéré, que la pensée spirituelle divine aurait également agi en remplissant immédiatement le fruit de l'opération du mineur par un être aussi parfait que lui. Dieu et l'homme n'auraient fait tous les deux qu'une seule opération ; et c'était dans ce grand oeuvre qu'Adam se serait vu renaître avec une grande satisfaction, puisqu'il aurait été réellement le Créateur d'une postérité de [27] Dieu. Mais, loin d'accomplir les desseins du Créateur, le premier homme se laissa séduire par les insinuations de ses ennemis et par le faux plan d'opération apparente divine qu'ils lui tracèrent. Ces esprits démoniaques lui dirent : "Adam, tu as inné en toi le verbe de création en tous genres ; tu es possesseur de toutes valeurs, poids, nombres et mesures. Pourquoi n'opères-tu pas la puissance de création divine qui est innée en toi ? Nous n'ignorons pas que tout être créé ne te soit soumis : opère donc des créatures puisque tu es créateur. Opère devant ceux qui sont hors de toi : ils rendront tous justice à la gloire qui t'est due."
de toi, qui te rendront toute la justice qui t'est due ? Nous n'ignorons pas que tout être créé t'est soumis de par le Créateur : opère donc en créateur des créatures" ;
TAAdam, rempli de l'orgueil de son conseil, traça six circonférences en similitude de celles du Créateur, c'est-à-dire qu'il opéra six actes des pensées spirituelles qu'il avait en son pouvoir pour coopérer à sa volonté de création, qu'il exécuta physiquement selon son conseil, au préjudice du Créateur et du sien. Il manifesta sa puissance orgueilleuse, sa puissance spirituelle, en présence de son mauvais conseil, qui fut, ainsi que lui, surpris du peu de succès qu'il retira de son opération qu'il croyait être égale à celle de son Créateur. Mais il s'en fallut de beaucoup, car, au lieu d'avoir opéré une création de forme glorieuse, il créa une forme ténébreuse tout opposée à la sienne. Il créa donc une femme [sic pour : forme ?] de matière, au lieu d'en créer une pure et naturelle, telle qu'il était en son pouvoir s'il avait opéré à la volonté du Créateur. Mais que devint Adam après son opération ? Que fit-il après avoir réfléchi sur sa créature impure et privée d'être pensif et spirituel ? Que comprit-il du fruit inique de ces opérations, qu'il vit si imparfait ? Il vit son crime orgueilleux, il vit donc que son forfait de prévarication qui avait fait opérer la création de sa propre prison, qui le contiendrait plus étroitement dans les bornes ténébreuses, en privation spirituelle divine jusqu'à la fin des siècles de cet univers. En qui faisons-nous consister cette prison ? Au changement de forme glorieuse en celui de forme matérielle apparente et passive. Me demandera-t-on si la forme corporelle de gloire dans laquelle Adam fut créé par le Créateur était la même
Adam, rempli d'orgueil, traça six circonférences en similitude de celles du Créateur, c'est-à-dire qu'il opéra les six actes de pensées spirituelles qu'il avait en son pouvoir pour coopérer à sa volonté de création. Il exécuta physiquement et en présence de l'esprit séducteur sa criminelle opération. Il s'était attendu à avoir le même succès que le Créateur éternel, mais il fut extrêmement surpris ainsi que le démon, lorsqu'au lieu d'une forme glorieuse, il ne retira de son opération qu'une forme ténébreuse et toute opposée à la sienne. Il ne créa en effet qu'une forme de matière, au lieu d'en créer une pure et glorieuse telle qu'il était en son pouvoir. Que devint donc Adam après son opération ? Il réfléchit sur le fruit inique qui en était résulté, et il vit qu'il avait [28] opéré la création de sa, propre prison, qui le resserrait plus étroitement, lui et sa postérité, dans des bornes ténébreuses et dans la privation spirituelle divine jusqu'à la fin des siècles. Cette privation n'était autre chose que le changement de forme glorieuse en forme matérielle et passive. La forme corporelle qu'Adam créa n'était point réellement la sienne, mais c'en était une semblable à celle qu'il devait prendre après sa prévarication. On me demandera peut-être si la forme corporelle glorieuse dans laquelle Adam fut placé par le Créateur était semblable à celle que nous avons à présent ? Je répondrai qu'elle ne différait en rien de celle qu'ont les hommes aujourd'hui. Tout ce qui les distingue, c'est que la première était pure et inaltérable, au lieu que celle que nous avons présentement est passive et sujette
que nous avons à présent ? Je répondrai qu'elle ne différait en rien de celle que les hommes ont aujourd'hui. Me demandera-t-on encore quelle était cette forme de matière qu'Adam a créée et de quel usage elle a été à Adam pour que le Créateur ait été si fortement courroucé contre lui ? Je répondrai que la grande colère que Dieu eut contre l'homme [?] fut de voir Adam, ou son mineur spirituel, se souiller par sa prévarication dans une forme de matière impure et passive. Me demandera-t-on : "Mais de quel usage a donc servi à Adam cette forme corporelle de matière qu'il a créée ?" Je réponds qu'elle lui a servi à faire naître une postérité d'homme, et non de Dieu. Elle est appelée une postérité d'homme, en ce que l'homme ayant créé la forme passive, il a dégradé la forme impassive que le Créateur lui avait donnée pour qu'il fît émaner d'elle toutes celles dans lesquelles le Créateur avait inséré des mineurs spirituels, pour être une vrai postérité de Dieu, qui aurait subsisté sans bornes et sans fin. Cette société aurait été immortelle et impassive, parce que l'opération du mineur premier [créé ?] aurait été celle du Créateur ; de cette façon la volonté des deux opérations n'aurait été qu'une en deux substances : celle du corps glorieux donnée à Adam, et celle du mineur spirituel donnée au Créateur divin. On peut me demander encore pourquoi le Créateur a laissé subsister le fruit provenant de la prévarication d'Adam et pourquoi ne l'a-t-il point anéanti, puisqu'il maudit non seulement toute la terre, mais encore le premier homme. TAJe dirai que le Créateur, voulant molester le premier homme de génération en génération pour un temps immémorial, laissa subsister l'ouvrage inique de son premier mineur créé, afin qu'il eût toujours devant lui,
à la corruption. C'est pour s'être souillé par une création si impure que le Créateur s'irrita contre l'homme. Mais, dira-t-on, à quel usage a donc servi à Adam cette forme de matière qu'il avait créée ? Elle lui a servi à faire naître de lui une postérité d'hommes, en ce que le premier mineur Adam par sa création de forme passive matérielle a dégradé sa propre forme impassive, de laquelle devaient émaner des formes glorieuses comme la sienne, pour servir de demeures aux mineurs spirituels que le Créateur y aurait envoyés. Cette postérité de Dieu aurait été sans bornes et [29] sans fin ; l'opération spirituelle du premier mineur aurait été celle du Créateur ; ces deux volontés de création n'auraient été qu'une en deux substances. Mais pourquoi le Créateur a-t-il laissé subsister le fruit provenu de la prévarication d'Adam, et pourquoi ne l'a-t-il pas anéanti lorsqu'il a maudit le premier homme et toute la terre ? Le Créateur laissa subsister l'ouvrage impur du mineur pour qu'il fût molesté de génération en génération, pour un temps immémorial, ayant toujours devant les yeux l'horreur de son crime. Le Créateur n'a pas permis que le crime du premier homme s'effaçât de dessous les cieux, afin que sa postérité ne put prétendre cause d'ignorance de sa prévarication, et qu'elle apprît par là que les peines et les misères qu'elle endure et endurera jusqu'à la fin des siècles, ne viennent point du Créateur, mais de notre premier père, créateur de matière impure et passive. (Je ne me sers ici de ce mot matière impure que parce qu'Adam a opéré cette forme contre la volonté du Créateur.)
pendant son temps de privation, l'horreur de son crime, et pour que le crime du premier homme ne s'effaçât point de dessous ses cieux. Le Créateur le laissa perpétuer jusqu'à la dernière postérité d'Adam, pour qu'elle ne puisse alléguer de cause d'ignorance de la prévarication du premier père temporel des hommes, et pour qu'ils apprennent par là que ces peines, souffrances et misères présentes, que cette même postérité endure et endurera jusqu'à la fin des siècles, ne vient point du Créateur divin, mais de leur premier père, créateur de matière impure et passive. Je ferai observer que le mot de matière impure, dont je me sers ici, ne doit être entendu que parce qu'Adam [a] opéré cette forme contre la volonté de son Créateur.
TAL'on me demandera : "Mais nous ne savons point comment s'est fait le changement de forme glorieuse qu'Adam avait dans son premier état de justice de sa perfection, et nous ignorons si le Créateur a donné à Adam le corps de matière qu'il eut après sa prévarication." Je répondrai : Dès qu'Adam eut achevé l'accomplissement de sa volonté prévaricante, le Créateur par sa toute-puissance changea aussitôt la forme glorieuse d'Adam en forme de matière passive semblable à celle que son opération horrible lui avait produite, en le précipitant dans les abîmes de la matière d'où il avait tiré le fruit de sa prévarication et vint ensuite habiter sur la terre comme le reste des animaux, tandis qu'il régnait auparavant sur elle comme homme-Dieu, et l'habitait sans être confondu avec elle.
Si l'on demandait encore comment s'est fait le changement de la forme glorieuse d'Adam dans une forme de matière, et si le Créateur donna lui-même à Adam la forme de matière qu'il prit aussitôt après sa prévarication, je répondrai qu'à peine eut-il accompli sa volonté criminelle que le Créateur, par sa toute puissance, transmua aussitôt la forme glorieuse du premier homme en une forme de matière [30] passive semblable à celle qui était provenue de son opération criminelle. Le Créateur transmua cette forme glorieuse en précipitant l'homme dans les abîmes de la terre d'où il avait sorti le fruit de sa prévarication. L'homme vint ensuite habiter sur la terre comme le reste des animaux, au lieu qu'avant son crime il régnait sur cette même terre comme Homme-Dieu, et sans être confondu avec elle ni avec ses habitants.
Ce fut après cet exemple frappant qu'Adam reconnut plus vivement la force
Ce fut après cet événement terrible qu'Adam reconnut encore plus fortement
de son crime. Il ne tarda pas un instant à gémir sur sa faute et à demander pardon à Dieu de son offense criminelle. Ce fut dans l'instant de sa retraite, de sa contrition et de ses lamentations, qu'il invoqua le Créateur divin en ces termes :
la grandeur de son crime. Il alla aussitôt gémir de sa faute et demanda le pardon de son offense au Créateur. Il s'enfonça dans sa retraite, et là, dans les gémissements et dans les larmes, il invoqua ainsi le Créateur divin :
"Père de charité et de miséricorde, père vivifiant et de vie éternelle, père, Dieu des cieux, des dieux et de la terre ; Dieu fort et très fort, Dieu de justice, de peine et de récompense, Eternel tout-puissant, Dieu vengeur et rémunérateur, Dieu de paix, de clémence et de compassion charitable, Dieu des esprits bons et mauvais, Dieu fort du sabbat, Dieu de réconciliation de tout être créé, Dieu éternel et tout-puissant des régions célestes et terrestres, Dieu invincible existant nécessairement sans principe et sans fin, Dieu de paix et de satisfaction, Dieu de domination et de puissance sur tout être créé, Dieu qui navre et récompense quand il lui plaît, Dieu quadruplement fort des révolutions des armées célestes et terrestres de cet univers, Dieu, principal chef des privations spirituelles éternelles, Dieu magnifique de toute contemplation des êtres créés et des récompenses inaltérables, Dieu, père sans borne de miséricorde en faveur de sa faible créature et envers celui qui gémit devant toi de l'abomination de son crime, n'étant pas cause seconde de sa prévarication, [réconcilie l']homme en toi, et l'assujettis à jamais sous ton immuable loi ; bénis-le pour une bonne fois, pour qu'à l'avenir il devienne inébranlable de ta loi ; bénis aussi l'ouvrage fait de la main de ton premier homme, pour qu'il ne succombe ainsi que moi à la plus vive sollicitation de ceux qui sont les auteurs de ma juste punition et de celle de l'ouvrage de ma propre volonté."
"Père de charité, de miséricorde ; Père vivifiant et de vie éternelle ; Père Dieu des Dieux, des cieux et de la terre ; Dieu fort et très fort ; Dieu de justice, de peine et de récompense ; Eternel Tout-puissant ; Dieu vengeur et rémunérateur ; Dieu de paix et de clémence, de compassion charitable ; Dieu des esprits bons et mauvais ; Dieu fort du sabbat ; Dieu de réconciliation de tout être créé ; Dieu éternel et tout-puissant, des régions célestes et terrestres ; Dieu invincible existant nécessairement sans principe ni fin ; Dieu de paix et de satisfaction ; Dieu de toute domination et puissance, de tout être créé ; Dieu qui punit et qui récompense quand il lui plaît ; Dieu quatriplement fort des révolutions et des armées célestes et terrestres de cet [31] univers ; Dieu magnifique de toute contemplation, des êtres créés et des récompenses inaltérables ; Dieu père de miséricorde sans bornes en faveur de sa faible créature, exauce celui qui gémit devant toi de l'abomination de son crime. Il n'est que la cause seconde de sa prévarication. Réconcilie ton homme en toi et te l'assujettis à jamais. Bénis aussi l'ouvrage fait de la main de ton premier homme, afin qu'il ne succombe pas, ainsi que moi, aux sollicitations de ceux qui sont la cause de ma juste punition et de celle de l'ouvrage de ma propre volonté. Amen !"
Je ferai observer à mon disciple par cette invocation qu'Adam fit au Créateur pour obtenir sa réconciliation, que c'est positivement Adam qui, le premier, a donné cette connaissance exacte à sa postérité des différentes vertus, puissances et propriétés qui étaient innées dans le Créateur que cette postérité apprit par là qu'elle n'était créée que pour combattre pour la plus grande gloire du Créateur, et qu'elle lui rendit le culte pour lequel elle a été perpétuée dans la création. TAJe ferai encore observer que le culte que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle n'est pas le même de son premier mineur créé, lorsqu'il était dans son premier état de gloire ; ce premier culte n'étant qu'à une fin, parce qu'il devait être tout spirituel, et celui que le Créateur exige de sa créature temporelle, postérité d'Adam, est à deux fins, l'une temporelle et l'autre spirituelle. Voilà ce qui causa la prévarication d'Adam notre premier père temporel, dans cette vie de larmes et de misères.
Je ferai observer, au sujet de cette invocation qu'Adam fit au Créateur pour obtenir de lui sa réconciliation, que c'est positivement Adam qui a donné le premier une connaissance exacte à sa postérité des différentes vertus, puissances et propriétés qui étaient innées dans le Créateur, pour que cette même postérité apprît par là qu'elle n'était créée que pour combattre pour la plus grande gloire de Dieu, et qu'elle lui rendit le culte pour lequel elle a été perpétuée dans sa création. Ce culte, que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle, n'est pas le même que celui qu'il aurait exigé de son premier mineur, s'il fût resté dans son état de gloire. Le culte que l'homme aurait eu à remplir dans son état de gloire n'étant établi qu'à une seule fin, aurait été tout spirituel, au lieu que celui que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle, est à [32] deux fins : l'une temporelle et l'autre spirituelle. Voilà ce qui a produit la prévarication de notre premier père.
Je ne suis point encore certain, me direz-vous, du genre de prévarication de notre premier père. Elle ne saurait échapper à notre vue physique animale, spirituelle passive, et éternelle sans heurter de front les sentiments et toutes les vertus immenses et infinies qui sont adhérentes et innées entre elles-mêmes. Je dirai donc à ce sujet, pour vous bien faire concevoir le genre de prévarication, qu'il faut remonter au premier principe du conseil et de la sollicitation des premiers esprits maudits au premier homme-Dieu créé, que nous nommons Adam ou homme-Roux, qui signifie "homme-Dieu créé très fort en sagesse, vertu et puissance". Ces trois choses
Après tout ce qui a été dit sur le genre de la prévarication d'Adam, cette vérité ne peut échapper un instant à la vue physique animale, spirituelle, passive et éternelle de l'homme, sans heurter de front les sentiments puissants et toutes les vertus immenses et infinies qui sont adhérentes et innées dans lui. On a vu que son crime a pris son principe dans les sollicitations que les esprits pervers firent au premier homme, Dieu émané, que nous nommons Adam ou premier père temporel, ou homme roux ou réaux, qui signifie Homme-Dieu très-fort en sagesse, vertu et puissance, trois choses très-saintes et innées avec certitude dans l'homme, et qui sont en lui la pensée,
innées dans le premier maçon spirituel créé sont la pensée, l'image et la ressemblance du Créateur. Ces trois choses très saintes sont avec sécurité innées avec le premier maçon créé, c'est ce que je puis vous assurer. TAJe vous dirai encore, pour que vous soyez bien convaincu du genre de prévarication d'Adam, qu'il faut que vous sachiez d'où est dérivée son opération impure, le fruit de son opération et sa réconciliation. Il faut premièrement que vous observiez que le premier acte de pensée qu'Adam eut, n'est point venu de lui, comme je l'ai déjà dit, mais sa volonté est directe de lui dans sa qualité d'être libre.
Adam, ayant tout adopté relativement à son mauvais conseil, mit en usage sa volonté pure, simple, spirituelle divine, au gré de ses iniques conseillers démoniaques, et il agit ainsi qu'il lui avait été dit. Je vous ferai encore observer avant d'entrer dans le détail que vous me demandez, touchant le genre de prévarication d'Adam, qu'il faut connaître ce qui peut engendrer la pensée bonne et mauvaise. La pensée parvient à l'homme d'un être supérieur à lui. Si la pensée est sainte, elle provient d'un esprit divin ; si elle est mauvaise, elle provient d'un des démons. Or donc, toutes nos volontés et opérations dans ce monde ne sont mises en action par l'homme, que conformément à la conception de sa pensée.
l'image et la ressemblance du Créateur. On a vu que la pensée du crime n'était point venue de lui, mais seulement de sa volonté directe en sa qualité d'homme libre. En effet, comme je l'ai dit ailleurs, la pensée provient à l'homme d'un être distinct de lui ; si la pensée est sainte, elle provient d'un esprit divin ; si elle est mauvaise, elle provient d'un mauvais démon. Ainsi toutes volontés de l'homme ne sont mises en opération et en action que conformément à la conception de sa pensée.
Je ne me borne point à ce monde seul et aux hommes en général, mais encore à tous les autres mondes et à tous les êtres spirituels qui les habitent, soit de ceux dont l'Eternel se sert pour communiquer à sa créature mineure, ainsi que pour la manifestation de sa gloire dans toute la création de cet
Ceci ne se borne point à ce monde seul, ni aux hommes en général, mais j'y comprends encore tous [33] les autres mondes et tous les êtres spirituels qui les habitent ; soit ceux dont l'Eternel se sert pour se communiquer à sa créature mineure, ainsi que pour la manifestation de sa gloire dans toute la création de cet
univers. Me demanderez-vous, à ce sujet, d'où les princes des démons, ainsi que leurs légions démoniaques reçoivent leurs pensées, et qu'ils ne la reçoivent pas du Créateur, puisque tout être est créé et tous émanent de lui. Je répondrai à cela que toute cette cour démoniaque a reçu immédiatement sa condamnation du Créateur, de l'instant de leur prévarication. Il leur dit encore qu'il n'y aurait aucun changement en eux, et qu'il ne mettrait aucune borne à leurs actions, pour qu'ils jouissent pleinement et entièrement suivant leur volonté pensante, ne devant et ne pouvant espérer aucune communication de pensée divine, que celle que leur propre volonté leur ferait opérer. Il en est donc dans cette cour démoniaque en fait de lois, d'ordre, d'horreur et d'abominations, ce qu'il peut être sans comparaison en celle de la cour spirituelle divine. Le prince principal des démons communique à ses anges démoniaques sa volonté pour la tentation et persécution des mineurs créés, qu'il cherche à séduire et à faire succomber sous les lois obscures ; lois qu'il tâche de faire paraître à celui qu'il veut séduire aussi claires que celles que le Créateur a mises dans sa créature.
univers ; soit les autres quelconques par nous ignorés. Les démons eux-mêmes, malgré la condamnation qu'ils ont reçue du Créateur dès l'instant de leur prévarication, n'ont point changé de lois à cet égard ; ils jouissent pleinement et entièrement de leurs actions selon leur volonté pensante, mais ils ne peuvent espérer aucune communication de pensée divine que celle dont ils se rendraient susceptibles en changeant leur volonté mauvaise. Il en est donc dans cette cour démoniaque en fait de loi et d'ordre, d'horreur et d'abomination, comme il en est, sans comparaison, dans la cour spirituelle divine. Le principal chef des démons, qui a fait serment d'attaquer constamment et avec opiniâtreté la loi du Créateur, est l'arbre de vie du mal pour une éternité ; il communique sa pensée mauvaise aux anges qui lui sont assujettis, et ceux-ci, conformément à leur volonté mauvaise, mettent cette pensée en action et en opération pour la persécution du mineur. Toute la tâche ce chef d'abomination est de soumettre les mineurs à ses lois obscures et de les leur faire paraître aussi nettes et aussi claires que celles que le Créateur a mises dans sa créature.
Je ferai observer à mon disciple que toute volonté divine, qui vient jusqu'à nous par la communication invisible des esprits bons, ou d'un bon intellect, ne doit pas être considérée comme volonté opérante divine, parce que toute volonté divine qui vient jusqu'à nous par la communication invisible ne peut être considérée par celui à qui elle se communique que comme pensée et non volonté. C'est donc en conséquence de cette communication de pensée, que nous nommons intellect, et non comme volonté, que l'homme opère sa volonté.
Il ne faut pas oublier que toute pensée divine qui [34] vient jusqu'à nous par la communication invisible d'un bon esprit ou d'un bon intellect, ne doit point se considérer comme volonté opérante divine, mais uniquement comme pensée. C'est cette communication de pensée que nous nommons intellect, et c'est d'après cette communication que l'homme opère à sa volonté. On peut dire la même chose de la communication de la pensée mauvaise ou de l'intellect mauvais chez les mineurs.
C'est de cette communication que le mineur créé a dégénéré de sa faculté d'être pensant, en joignant à lui l'intellect bon ou mauvais, ainsi que je vais l'expliquer.
Lorsqu'Adam était dans son premier état de gloire, il n'avait pas besoin d'intellect bon et mauvais, puisqu'il lisait dans son Créateur, étant face à face de lui. Il lisait également dans la volonté du prince des démons. Adam ne pouvait pas, pour lors, être susceptible de recevoir aucune volonté des esprits bons et mauvais, étant entièrement pensant à la Divinité. Mais, lorsqu'Adam fut laissé seul à sa propre vertu, puissance et volonté libre, il se rendit susceptible de communication bonne ou mauvaise, ainsi que le Christ nous le prouve lui-même par la propre volonté démoniaque qui fut opérée visiblement contre lui sur la montagne du Tabor, où l'esprit démoniaque tenta le Messias en nature sous une forme humaine apparente. Je dirai donc que c'est [l']intellect mauvais qui fait opérer la volonté mauvaise du mineur contre celle du Créateur, ainsi qu'Adam fit, lorsqu'il prévariqua par une opération tout opposée à celle qui étant innée en lui sous sa vertu et puissance spirituelle divine.
C'est en se rendant susceptible de la communication de ces sortes d'intellects bons ou mauvais que le premier homme a dégénéré de sa faculté d'être pensant. Lorsque Adam était dans son premier état de gloire, il n'avait pas besoin de la communication de bons ni de mauvais intellects pour connaître la pensée du Créateur et celle du prince des démons. Il lisait également dans l'une et dans l'autre, étant entièrement pensant. Mais lorsqu'il fut laissé seul à ses propres vertus, puissance et volonté libre, il se rendit, par son orgueil, susceptible de communication ou bonne ou mauvaise, et devint par là ce que nous nommons pensif. Le Christ lui-même nous a prouvé l'infirmité du mineur à cet égard, puisque le prince des démons le tenta en nature sous une forme humaine apparente, et opéra visiblement contre lui sur la montagne Thabor sa volonté démoniaque. Ainsi, ce n'est que d'après l'insinuation de l'intellect mauvais que le mineur conçoit sa volonté mauvaise, et c'est [35] par là qu'a été conçue et opérée la prévarication du premier homme.
TAJe vais donc entrer dans le vrai détail du genre de prévarication d'Adam, ainsi que vous le désirez, avec la même certitude qu'il m'a été donné et enseigné par un de mes fidèles amis et protecteurs de la vérité et de la sagesse. Adam, premier homme-Dieu de toute la terre et de tout être créé qui l'habite, fit réellement une opération terrible, en créant une forme à son image et ressemblance de forme corporelle. Toutefois, cette forme ne fut point
Je vous ai appris le genre de cette prévarication avec la même certitude qu'il m'a été enseigné par un de mes fidèles amis, chéri de la Vérité et protégé par la Sagesse. Vous avez vu que ce premier homme, Dieu de toute la terre, fit réellement une opération terrible en créant une forme de matière à son image et à sa ressemblance de forme corporelle glorieuse. J'ai fait entendre que cette forme, qu'Adam créa, n'était point une forme glorieuse ; qu'elle ne pouvait être
glorieuse, elle ne put être que forme de matière apparente et même très imparfaite, relativement à l'imperfection de l'acte de sa volonté. TACette opération imparfaite aurait été peut-être moins punie du Créateur, si Adam n'avait pas abusé injustement de la grande puissance que le Créateur avait mise en lui et de laquelle l'Eternel lui avait promis avec serment qu'il agirait avec lui dans toutes les opérations qu'il ferait en son nom, et qu'il lui ferait sentir la certitude de sa promesse immuable, dans quelque circonstance où il eût besoin de son secours et de son appui pour consommer et couronner ses oeuvres. C'est de cette promesse immuable qu'il est parti pour manifester sa puissance, que le Créateur lui avait donnée, soit envers tout être spirituel créé et tout être, à créer pour lui un corps imparfait, en faveur duquel Adam renouvela au Créateur la promesse immuable qu'il lui avait faite de venir couronner ses oeuvres. Il lui fit commandement, par son immutabilité divine, qu'il eût à remplir la parole qu'il lui avait prononcée par sa propre et pure volonté de Créateur, en faveur de la création matérielle. Dieu, étant pris par la force de son serment et de son immutabilité, ne put éviter d'accomplir sa promesse sans dégénérer de sa toute-puissance [de] Créateur, suivant la parole immuable qu'il lui avait donnée de joindre son opération spirituelle à l'opération temporelle d'Adam. Ainsi, le Créateur suivit l'opération d'Adam, quoique contraire à sa volonté. TAIl se comporta envers Adam, comme il le désirait, et lui accorda le couronnement de son premier ouvrage, en renfermant dans cette forme de matière un être mineur que ce misérable Adam a assujetti dans une prison de ténèbres y [sic pour : et ?] a rendu par ce moyen cet être
qu'une forme de matière apparente et même très imparfaite, puisqu'elle était le fruit de l'opération d'une volonté mauvaise. Cette opération, en effet, ne pouvait être que punie du Créateur, Adam ayant injustement abusé de sa puissance. Cependant l'Eternel ayant promis avec serment à Adam qu'il agirait avec lui dans toutes les opérations qu'il ferait en son nom, ne put s'empêcher d'accomplir la promesse immuable qu'il lui avait faite de le seconder dans toutes les circonstances où il en aurait besoin. C'est de cette promesse qu'Adam est parti pour manifester la puissance qui était innée en lui envers tout être spirituel. Il rappela au Créateur cette promesse immuable qu'il lui avait faite de venir couronner ses oeuvres. Il lui fit commandement, par son immutabilité divine, qu'il eût à remplir la parole verbale qu'il lui avait prononcée par sa propre et [36] pure volonté de Créateur en faveur de sa création de forme matérielle. Dieu, étant pris par Adam par la force de son serment et de son immutabilité, joignit, selon sa promesse, son opération spirituelle à l'opération temporelle d'Adam quoique contraire à sa volonté. Le Créateur agit avec Adam ainsi qu'il le désirait, et lui accorda le couronnement de son ouvrage en renfermant dans la forme de matière créée par Adam, un être mineur que le malheureux Adam a assujetti dans une affreuse prison de ténèbres, et qu'il a rendu par ce moyen susceptible d'être pensif et pensant en le précipitant dans une privation éternelle ou limitée.
mineur pensif et pensant susceptible de misère et de privations éternelle ou limitée.
Le mot de "pensif" est une jonction intellectuelle à l'être mineur qui, de sa nature relativement à son émanation divine, est un être pensant entièrement dans l'immensité du Créateur, et la jonction intellectuelle qui est survenue intimement à cet être mineur pensant a fait dégénérer cet être premier à l'assujettissement d'être toujours pensif, par les notions intellectuelles qu'il reçoit, bonnes ou mauvaises, de la part de bons et mauvais esprits, et de n'être que par temps pensant par sa jonction entière avec l'esprit.
Il ne faut point être surpris si le premier homme que nous nommons Adam est devenu après sa prévarication un être pensif. La chose est toute claire, ainsi que je l'ai déjà dit ci-dessus. Il doit être encore moins surprenant à sa postérité, que tous les êtres créés après lui mineurs soient tels qu'il est devenu à la fin de sa prévarication. Rien ne prouve mieux ce que je dis à ce sujet que les différentes façons de penser, d'agir et d'opérer parmi la postérité de ce premier père temporel. L'on peut se convaincre de cette vérité par les différentes nations, langues, cultes divins et matériels, les révolutions de la terre et de tous les corps qui l'environnent, qui varient et qui varieront constamment autant et comme la postérité générale et particulière d'Adam jusqu'à la fin des siècles, relativement aux lieux de ténèbres qu'ils habitent, et cela par la communication de cet être intellectuel dont l'homme est environné ; ce qui fait que cette postérité d'être pensant devenu pensif se méfie de l'inspiration bonne ou mauvaise qu'elle
Le mot pensif vient d'une jonction intellectuelle mauvaise à l'être mineur qui, par sa nature d'être spirituel divin, était émané être pensant, entièrement dans l'immensité du Créateur. Cette jonction intellectuelle a fait dégénérer le mineur de ce premier état et l'assujettit à être pensif, par les notions intellectuelles qu'il reçoit de la part du mauvais esprit ; ce qui fait que le mineur n'est que par temps pensant, par jonction entière avec l'esprit bon. Il n'est plus surprenant qu'Adam, après sa prévarication, soit devenu un être pensif et pensant ; il n'est pas plus surprenant que toute sa postérité soit devenue telle par la suite de cet même prévarication. Ce dernier fait est prouvé visiblement par les différentes façons de penser, d'agir et d'opérer que nous observons [37] parmi la postérité de notre premier père temporel. Nous voyons, parmi cette postérité, différentes nations, différentes langues, différents cultes divins ou matériels, et une variété infinie de révolutions, tant en général que particulier. De plus, nous voyons les hommes avoir entre eux, dans tous les temps, une avide et intime communication, afin de s'instruire les uns les autres de la pensée qu'ils ont conçue, tendant soit au spirituel, soit au matériel. Cela annonce combien cette postérité compte peu sur elle-même et s'édifie [sic pour : se défie ?] de l'inspiration bonne ou mauvaise qu'elle reçoit du bon ou du mauvais esprit dans les lieux de ténèbres qu'elle habite. C'est à cause de son avènement dans cet état contraire à sa nature spirituelle, que nous nommons la postérité d'Adam, pensive et pensante, par la communication de son être
reçoit, soit du bon ou du mauvais esprit. Ce qui peut encore se prouver par l'exacte et intime communication que les hommes ont toujours eue par le passé et qu'ils auront jusqu'à la fin des siècles en s'instruisant les uns ou [sic pour : les ?] autres de la pensée qu'ils ont conçue, soit tendant au spirituel ou au matériel. Rien ne prouve mieux l'incertitude, l'inconstance et le doute que cette postérité a de sa défiance d'elle-même, et cela à cause de son avancement prématuré.
intellectuel bon et mauvais, dont l'homme s'est rendu susceptible d'être environné.
TAJe ferai observer à mon disciple qu'il y a eu des mineurs créés par la seule opération et volonté divine, et, quoique la forme que [sic pour : de ?] ces mineurs créés destinés pour la manifestation de la gloire de l'Eternel ait été un émané de la postérité d'Adam, le mineur qui était inséré dans cette forme était vraiment un pur être pensant, et il n'y avait en lui aucun être pensif. Et pourquoi cela ? Parce que l'Eternel lui manifestait sa volonté propre par la vision d'un de ses députés, qui lui annonçait sans aucun mystère ce qu'il devait faire conformément à sa volonté. Autre chose est [l']inspiration intellectuelle et autre chose est l'opération visuelle de l'esprit ; ce que j'ai dit ci-dessus en parlant des mineurs que Dieu créa après Adam pour se servir d'eux pour manifester sa gloire
Mais il faut cependant observer ici qu'il y a eu des mineurs qui ont reçu la naissance et la vie temporelle par la seule volonté et l'opération divine. Ces mineurs étaient destinés pour la manifestation de la gloire de l'Eternel, et, quoique leur forme ait été émanée de la postérité d'Adam, le mineur qui habitait cette forme était vraiment un pur être pensant sans jamais être pensif. Et pourquoi cela ? Parce que l'Eternel lui manifestait sa propre volonté par la vision d'un de ses députés qui lui annonçait, sans aucun [38] mystère, ce qu'il devait faire pour opérer exactement la volonté divine. Autre chose est l'inspiration intellectuelle et autre chose est l'acte d'opération visuelle de l'esprit ; ce que je ferai comprendre en parlant de mineurs qui furent émanés avant Adam par la seule volonté du Créateur, et pour manifester sa gloire.
dans le premier temps de la postérité d'Adam. Héli, que nous appelons le Christ, et que nous reconnaissons avec certitude pour un être pensant, réconcilia Adam avec le Créateur. Enoch réconcilia la postérité première d'Adam sous la postérité de Seth. Noé réconcilia la seconde postérité d'Adam en réconciliant la sienne, et ensuite réconcilia la terre
Dans les premiers temps de la postérité du premier homme, Héli, que nous appelons Christ et que nous reconnaissons avec certitude pour un être pensant, réconcilia Adam avec la création. Enoch réconcilia la première postérité d'Adam sous la postérité de Seth. Noé réconcilia la seconde postérité d'Adam, en réconciliant la sienne avec le
avec le reste réconcilié avec Dieu. Melchisédech confirma toutes ces premières réconciliations en bénissant les oeuvres d'Abraham et de ses trois cents serviteurs, ce qui fait réellement allusion à la bénédiction que Dieu donna aux trois enfants de Noé : Sem, Cham et Japhet. En y comprenant le père de ces trois enfants, ils firent le nombre parfait de quatre, lequel nombre vient en parallèle de celui d'Abraham, dont lui est un, que l'on joint avec le nombre de trois cents, les additionnant ensemble forment le nombre de quatre.
Créateur, et ensuite réconcilia la terre avec Dieu. Melchissédec confirma ces trois premières réconciliations en bénissant les oeuvres d'Abraham et ses trois cents serviteurs. Cette bénédiction est une répétition de celle que Dieu donna aux trois enfants de Noé, savoir : Sem, Cam et Japhet. Abraham et ses trois cents serviteurs forment le nombre parfait quatre et rappellent le même nombre quaternaire qu'avait formé Noé avec ses trois enfants.
Quoique toutes ces réconciliations et confirmations aient été faites par l'assistance des mineurs, toutes ces choses ont été faites directement par le Christ, attendu que toutes les personnes qui ont servi à tout cela ne sont que des figures apparentes qui tendent à manifester e