ÉTUDE ET RITUEL

  1. Ce que dit Jésus à ce sujet
  2. L'étude: comprendre ce que l'on fait
  3. le Rituel: faire ce que l'on comprend

RECHERCHE DE L'ÉQUILIBRE

La pratique du Martinisme, sur le terrain, révèle des questions que l'on ne trouve pas toujours posées dans d'autres Ordres ou d'autres traditions. Ainsi des rapports et relations entre l'étude théorique et la pratique du Rituel. Deux aspects complémentaires mais qui ont tendance à vouloir se supplanter l'un l'autre. Les érudits finissent par se désintéresser des rituels, qui leur donnent une impression de chemin plus lent que la connaissance, et les rituélistes finissent par se désintéresser de l'étude, qui leur donne une impression d'encombrement mental qui développerait la vanité et couperait les intuitions reçues pendant les rituels.
Tous deux ont raison, et pourtant semblent opposés. Que faire ?
Déjà Blaise Pascal nous mettait en garde contre l'excès de vérité:
"Ils ont quelques principes vrais, mais ils en abusent; or l'abus des vérités doit être autant puni que l'introduction du mensonge." (Pensées, pensée 916 édition Brunschvicg; fragment 707 édition Le Guern, chez Folio).
Nous allons donc chercher le point d'équilibre.
Il y a une relation inséparable entre la théorie et la pratique. Et pour le Martinisme de Papus, la pratique n'est pas seulement une disposition du coeur tournée vers l'Amour, mais l'acte rituel qui ancre dans le coeur la lumière d'Amour expliquée dans l'étude. Partons d'abord de l'Evangile, puis développons chaque aspect du problème.

1. Ce que dit Jésus à ce sujet

Jésus décrit le chrétien qui sait mais qui n'applique pas, en le comparant à un maçon qui bâtit sur le sable, et dont la demeure est ravagée par la première tempête venue (Matthieu chapitre 7, versets 24 à 27).
Ailleurs Il décrit celui qui récite son rituel comme une machine mais qui ne va pas au-delà: "Pourquoi dites-vous sans cesse 'Seigneur ! Seigneur !' et ne faites-vous pas ce que Je vous dis ?" (Luc 6:46; cf. Matthieu 7: 21-22)
Et Il insiste sur le fait que ce n'est pas la longueur du rituel qui compte mais sa perfection intérieure (Matthieu 6:7).A cela Il ajoute une formule de rituel, le "Notre Père", formule inépuisable, capitale dans notre travail martiniste - étude et rituel confondus - et que l'Eglise catholique romaine approfondit cette année jusqu'en novembre 1999 dans le cadre de la préparation du Jubilé de l'an 2000.
De longues tirades de Jésus contre les Pharisiens légalistes insistent sur le fait de dépasser l'acte rituel mécanique pour remonter jusqu'au sens de l'acte. Jésus ne supprime pas l'acte: Il donne à l'acte tout son sens. Il n'est pas venu pour abolir la Loi mais pour l'accomplir, et celui qui enseignera à ne pas faire ce que la Loi demande sera le plus petit dans le Royaume (Matthieu 5:17-19). Nous devons faire ceci (l'acte rituel) sans négliger cela (l'élan d'amour intérieur) (Matthieu 23:23).
On y ajoutera entre mille exemples la recherche du sens dans cette critique du futur Talmud par Jésus, où Il montre la primauté de l'Ecriture d'Amour sur les coutumes humaines qui ne servent que notre égoïsme: lorsqu'on fait des serments illogiques (Matthieu 23:16-17) ou qu'on consacre à Dieu les biens destinés aux parents, ce qui n'empêchait pas le donateur de jouir de ces biens; Jésus, de là, explique la pureté rituelle, supprimant la notion d'aliment kasher (Marc 7:1-23).
Ne nous croyons pas plus lucides que ces Pharisiens crispés sur le rite: j'ai vu rire des martinistes au geste de Mgr Lustiger soufflant les sept cierges des moines de Tibehirine au choeur de Notre-Dame: "Cet ignorant ne sait pas qu'on ne souffle jamais une bougie !". Cet ignorant savait qu'on a soufflé sept vies humaines, et la grandeur rituelle de son geste allait bien au-delà. Et espérons que nos études nous épargneront toujours, à nous autres initiés, les gestes erronés !
La pratique, sans savoir ce que l'on fait ni pourquoi ni comment on le fait, conduit à perdre ce que la pratique veut accomplir. En note de la Bible de Jérusalem (intégrale) et de la TOB rouge, à Luc 6:5, on trouve une phrase de Jésus tout à fait éclairante à ce sujet: "Le même jour, voyant quelqu'un travailler le jour du Seigneur, Il lui dit: 'Mon ami, si tu sais ce que tu fais, tu es bienheureux, mais si tu ne le sais pas tu es maudit et un transgresseur de la Loi'."
En effet, si le potier comprend que l'on peut prier Dieu sans ôter ses mains de l'argile ni ses pieds du tour, il ne se laisse pas arrêter par un légalisme dépassé et il reste en union avec Dieu. Par contre, s'il n'a pas compris la sacralisation du sabbat et s'il se laisse entraîner à un gain matériel sans comprendre ce qu'il viole, il est "maudit", c'est-à-dire séparé de Dieu (voir la meilleur description des tourments de l'enfer par les affres que vit le mauvais riche dans Luc 16:23-31).
Quand je parle de "rituel", j'entends ici le Rituel de l'ORDRE MARTINISTE S I , c'est-à-dire:
- les rituels d'Ouverture et de Clôture aux trois degrés, Associé, Initié et S I ;
- les rituels d'Ouverture et de Clôture utilisés seulement lors des passages aux trois degrés;
- et enfin les rituels d'Initiation aux trois degrés proprement dits.
Tous les groupements martinistes suivent cette structure, avec un rituel de base immuable qui fut élaboré du vivant de Papus, et une touche personnelle propre à chaque groupement. C'est justement le sujet et le dosage de cette touche personnelle qui ne peuvent être construits valablement qu'avec une longue et rigoureuse étude, sans élan affectif déréglé ni coup de tête passager.
Il se peut que certains de mes propos puissent être utilisés pour d'autres structures utilisant un rituel: le lecteur est libre de partir de mes notes pour construire sa propre réflexion vers d'autres mondes non-martinistes, même si cela n'est pas mon intention première.

2. L'étude: comprendre ce que l'on fait

Le Rituel crée, de par son déroulement, un livre en trois dimensions, qu'on écrit, lit et vit simultanément. Ce livre, unique en sa conception, est un enseignement en soi. L'étude en est l'annotation.

Lumière irremplaçable

Vous avez sans doute feuilleté des livres scolaires récents. Ils semblent clairs, complets, pratiques. Mais un jour, vous tombez sur ce même livre scolaire en occasion, avec dans les marges les annotations du bachelier qui a pris au vol, sur le livre même, les réflexions du professeur. Et vous voyez alors ce qui manque. Certes il ne manquait rien, quant à l'essentiel, et l'auteur du livre était compétent. Mais ici ce nouveau regard, mais là cette touche d'expérience, mais là cet auteur lu par le professeur et inconnu de l'élève, mais là cette découverte du copain en plein cours qui dit une phrase vitale à sauver de l'oubli, tout cela enrichit le livre imprimé d'une lumière irremplaçable. Et, malgré l'inconfort du livre froissé et surligné de jaune, c'est ce livre d'occasion que je choisis et que j'achète. Le Rituel martiniste est le livre, l'étude est l'annotation de la marge.

Liberté du questionnement

En Martinisme, rien n'est inutile, rien n'est de fantaisie ou de décoration. Tout a un sens. Chercher ce sens ne peut se faire que dans la liberté de questionnement qu'on trouve dans une réunion d'étude. Chacun y apporte ce qu'il a cherché chez lui, avec ses intuitions et sa bibliothèque, avec ses questions et ses découvertes, en une totale liberté d'expression. Les plus érudits s'ouvrent aux remises en question dérangeantes et apportent sereinement l'objectivité du savoir pour recentrer les échanges. Les débutants apportent leur regard frais et neuf et leur expérience acquise en d'autres lieux, temps et circonstances, avec l'audace des néophytes et la ferveur que nous avions à nos débuts et que - hélas ! - nous avons laissé faner pour la remplacer par un cynisme indulgent de vieux pirate blasé. Dans une réunion d'étude, la ferveur anime tous les chercheurs par contagion, avec une égale flamme, habitant des tempéraments divers.

Soif de savoir

Dans nos Rituels martinistes, disais-je, tout a un sens. Et lorsqu'on est nourri par le Rituel, advient la soif de savoir d'où cela vient, comment cela marche et où cela va. Un jour, un Initiateur, dans une réunion d'étude, dit comme en passant: "La structure des officiers du Rituel suit l'Arbre des Séphirot." Un 'Associé' demande alors timidement "ce qu'est un céfirotte". Un hébraïsant lui explique "qu'on dit une séphira, des séphirot, parce que c'est de l'hébreu, puisque c'est de la Kabbale". Et voilà comment la soif vient au martiniste - qui en viendra peut-être un jour à apprendre l'hébreu pour aller encore plus loin dans la cathédrale kabbaliste ... Et au Rituel suivant, cet 'Associé' vivra la réunion rituelle avec un oeil plus vif, une intelligence plus aiguë, un coeur plus ouvert.

L'ouverture du coeur

L'ouverture du coeur, analogue à l'ouverture du Coeur de Jésus sur la croix, est le vrai graal à trouver: le coeur ouvert devient graal, pour que le sang et l'eau du Coeur de Jésus puissent s'y déverser à flots - ce qui est montré dans la lame de la Tempérance du Tarot de Wirth. Ainsi s'explique le terme fort controversé de "voie cardiaque", qu'on a voulu souvent présenter comme une voie du coeur, une voie du sentiment et de l'affectif, oubliant que dans la conception biblique de l'homme le coeur est le siège de l'intelligence et non pas seulement celui des émotions.
Rediriger le sens du Rituel vers l'Amour se fait avant tout pendant la réunion d'étude: en mettant en relief tel terme, tel geste, tel objet, la tendresse amoureuse de l'âme vers son Epoux peut se déployer avec toute la liberté de l'Amoureuse du Cantique des cantiques (chapitre 3):
"Sur ma couche, pendant les nuits, j'ai cherché Celui que mon coeur aime; je L'ai cherché, et je ne L'ai point trouvé..." gémit-elle: en-dehors d'une famille spirituelle, isolée, elle n'a pas vu Jésus. Alors elle cherche d'abord dans l'étude et les doctrines: "Je me lèverai, et je ferai le tour de la ville, dans les rues et sur les places; je chercherai Celui que mon coeur aime !" Mais sa soif n'est pas étanchée: "Je L'ai cherché, et je ne L'ai point trouvé." Plus loin, sans oublier ce qu'elle a appris dans l'étude, elle suit la règle des gardes de la ville, c'est-à-dire la discipline communau-taire et le Rituel: "Les gardes qui font la ronde dans la ville m'ont rencontrée: 'Avez-vous vu Celui que mon coeur aime?' " Enfin, lorsqu'elle a intégré le Rituel, lorsqu'elle a passé les degrés nécessaires à l'ouverture de son coeur, elle dépasse le formalisme, dans la liberté du mystique enivré de Dieu: "A peine les avais-je dépassés, que j'ai trouvé Celui que mon coeur aime; je L'ai saisi, et je ne L'ai point lâché jusqu'à ce que je L'aie amené dans la maison de ma mère, dans la chambre de celle qui m'a conçue", c'est-à-dire, ayant trouvé Jésus, elle Le ramène dans sa maison, dans sa vie quotidienne, dans sa famille ordinaire, dans son travail de tous les jours, afin qu'Il transforme tout en Lui. Au début d'une vie initiatique, le débutant crée une séparation d'avec le monde ancien, et il part "dans les rues et sur les places", puis au contraire l'Amour Trouvé fait revenir le martiniste dans le quotidien. C'est pourquoi il n'y a pas de monastère martiniste.
Ceux d'entre nous qui ont une pratique religieuse catholique romaine regrettent parfois les anciennes coutumes de l'Eglise avant Vatican II (c'est-à-dire, en fait, la messe de 1921...), enserrée dans un carcan de règles superstitieuses et de comptabilité tatillonne de jours d'indulgence. Mais bien souvent, faute d'étude, ils ignorent ce qui, dans le Rituel romain, était sagesse et enseignement, ce qui était poussière agglutinée, et ce qui était peur irrationnelle et écrasement de la pensée. Marguerite Porete et saint Jean de la Croix ont tout dit à ce sujet: ces grands mystiques ne renient pas le rituel, mais ils ne gardent des rituels catholiques que l'essentiel, c'est-à-dire les sacrements et l'office des Heures. Là aussi l'étude délivre des habitudes, des souvenirs d'enfance mis sous globe, et du passé frileux.

3. le Rituel: faire ce que l'on comprend

Le Rituel martiniste est "opératif" dans le sens où notre prière à Dieu, en union avec les Maîtres Passés, ne reste pas sans effet, sans avoir accompli sa mission. Il est également "opératif" de par sa capacité à modifier durablement la conscience du martiniste, d'abord par le choc de la découverte du Rituel, à chaque degré, ensuite par la répétition immuable du Rituel connu. En cela il est irremplaçable.

Au-delà du "senti-vécu"

Le Rituel martiniste, comme tout rituel, a l'avantage d'être efficace quel que soit l'état spirituel de l'opérateur. De même une messe est efficace même si le prêtre est tiède ou indifférent. (J'entends cela de l'efficacité, et non de l'émotion sensible, de la "belle émotion religieuse" qu'on a dans les messes grégoriennes bénédictines par exemple). Mais le Rituel, correctement effectué suivant les règles, soulevé par la connaissance, ennobli par l'amoureux respect des forces mises en oeuvre, finit par modeler et sculpter celui qui le fait comme ceux qui y assistent, on oserait dire sans qu'ils le veuillent, "à l'insu de leur plein gré". d'où la nécessité vitale de se laisser pétrir et sculpter par le Rituel pour progresser dans la vie intérieure.

Ancré sur le roc

Le Rituel fait intégrer dans les cellules de notre corps ce que l'intellect a compris dans l'étude. Il fait participer tout le corps, par la voix, le geste et la visualisation, à l'union à Dieu que désire le coeur. Il ancre le coeur - comme on le dit d'un navire qui jette l'ancre sur la roche pour dépasser les vents et les courants - afin que le coeur reste ancré en Dieu, par toute la mémoire des cellules du corps. Ainsi s'accomplit la parole de Jésus: "Si les hommes se taisent, les pierres crieront !" (Luc 19:40)
Si notre esprit, notre raisonnement vagabond, "entraîné à tout vent de doctrine" (Ephésiens 4:14), ballotté par les tempêtes de l'imagination et du manque de sels minéraux, veut nous entraîner loin du Coeur Ouvert de Jésus, si notre raison et notre mémoire se taisent au lieu de nous rappeler les vérités apprises par l'étude, c'est le Rituel recommencé qui discipline l'esprit, c'est le Rituel rigoureux qui ramène écumants les chevaux à l'écurie, c'est le souvenir du Rituel qui sauve: "Ce que j'ai vécu, je ne peux pas faire comme si je ne l'avais pas vécu" disais-je souvent, en parlant de mon initiation martiniste.
L'accomplissement strict d'un Rituel est une nécessité objective, au-delà de nos sentiments, sensations, humeurs et pulsions passagères et flottantes. Rien ni personne, et surtout pas notre propre émotion ou opinion, ne doivent nous détourner du Rituel martiniste. Ainsi sont détruites les tentatives de l'Adversaire de nous éloigner de la Source sainte jaillie du Coeur de Jésus.
Pensons à nos Frères et Soeurs des pays de l'Est qui, en catacombes, continuèrent les réunions rituelles et les initiations, pendant qu'à l'aube la police politique enfonçait leur porte à coups de botte. Nous qui vivons dans la tranquillité occidentale, soyons dignes de leur sacrifice.

Vivre le livre

Le Rituel crée, de par son déroulement, un livre en trois dimensions, qu'on écrit dans l'eggrégore, qu'on lit dans le temple et qu'on vit en devenant encre, papier et personnage, simultanément. Ce livre, unique en sa conception, est un enseignement en soi. L'étude en est l'annotation. On ne cessera jamais de méditer le saint livre du Rituel martiniste. Et comme ce n'est pas un livre qu'on trouve en librairie, ni même en "photocopillage" (car alors il perd son sens et ses couleurs, comme un pétale de rose séché collé dans un herbier) comme c'est un livre qu'on ne peut relire qu'en le vivant, qu'en l'écrivant, la nécessité de refaire le Rituel pour le comprendre est une faim pour le mental, tout autant qu'il est une nourriture pour le coeur.

L'ouverture du coeur devant les Maîtres Passés

Le Rituel est la clef qui ouvre la porte vers Dieu. Ce qui se passe entre le coeur et Dieu en cours de Rituel est souvent de l'ordre de l'indicible: rien ni personne ne peut le traduire, l'expliquer, le transmettre. Il faut le vivre, le revivre, et le revivre sans cesse. En cela réside sans doute le "secret du Martinisme", évoqué au début du
Rituel d'Ouverture.
La Franc-Maçonnerie diffère du Martinisme en une chose principale - outre différentes options secondaires - c'est la présence réelle des Maîtres Passés. Nous pouvons alors nous écrier avec l'Ecriture, le coeur comblé de joie: "Entourés (réellement entourés) d'une si grande foule de témoins, rejetons tout fardeau, rejetons le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance la course qui nous est offerte, ayant le regard sur Jésus l'auteur et le but de la foi..." (épître aux Hébreux 12:1-2). La Franc-Maçonnerie essaie de pallier à ce manque par la mémoire des Frères et Soeurs décédés et par une priorité donnée à l'histoire maçonnique dans la formation de l'apprenti.
L'idée de rejeter le péché comme un manteau qui encombrerait la marche nous fait nous souvenir de l'aveugle qui, pour être guéri par Jésus, rejette son manteau pour venir jusqu'à Lui (Marc 10:50). Rejeter ses vêtements profanes pour endosser les vêtements du Rituel est un acte important qu'on devrait sacraliser: il est déjà le Rituel.

Conclusion: la voie cardiaque

Dieu nous a créés composés d'un corps et d'une âme intelligente.
L'intelligence est un cadeau de Dieu pour comprendre Sa création et Ses desseins. Un cadeau contenu dans le fruit interdit que nous avons volé au Paradis (Genèse 3:6). Un cadeau associé à la sagesse, qu'Il donne Lui-même à qui la Lui demande, dans l'Ancien Testament (Deutéronome 4:6, 2°Chroniques 1, Job 28), et considéré comme prioritaire sur l'extase et l'expérience des sens dans le Nouveau Testament (Romains 1:19-21, 1° Corinthiens 14). Le corps est un cadeau de Dieu pour vivre avec ce qu'Il a créé (1° Timothée 4:1-10).
Tous deux ensemble nous conduisent à connaître Dieu, à Le voir et à L'aimer (Romains 8:28). Le Rituel martiniste opératif, effectué avec la lucidité et l'amoureuse ferveur de celui qui a compris pourquoi il accomplissait ce Rituel, oui ce Rituel est un avant-goût de la Lumière sans fin, oui il est une remontée de Malkut vers Kether. Alors oui ainsi réconcilié avec lui-même, ainsi réunifié, ainsi le coeur recentré vers le Coeur de Dieu, dans la plus pure réalisation de la voie cardiaque de nos Maîtres Passés (dont Louis-Claude de Saint-Martin, Papus et le maître Philippe de Lyon), le martiniste peut aspirer à être pleinement réintégré.


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