RECHERCHE
DE L'ÉQUILIBRE
La pratique du Martinisme, sur le terrain, révèle des questions
que l'on ne trouve pas toujours posées dans d'autres Ordres ou d'autres
traditions. Ainsi des rapports et relations entre l'étude théorique
et la pratique du Rituel. Deux aspects complémentaires mais qui ont
tendance à vouloir se supplanter l'un l'autre. Les érudits finissent
par se désintéresser des rituels, qui leur donnent une impression
de chemin plus lent que la connaissance, et les rituélistes finissent
par se désintéresser de l'étude, qui leur donne une impression
d'encombrement mental qui développerait la vanité et couperait
les intuitions reçues pendant les rituels.
Tous deux ont raison, et pourtant semblent opposés. Que faire ?
Déjà Blaise Pascal nous mettait en garde contre l'excès
de vérité:
"Ils ont quelques principes vrais, mais ils en abusent; or l'abus des
vérités doit être autant puni que l'introduction du mensonge."
(Pensées, pensée 916 édition Brunschvicg; fragment 707
édition Le Guern, chez Folio).
Nous allons donc chercher le point d'équilibre.
Il y a une relation inséparable entre la théorie et la pratique.
Et pour le Martinisme de Papus, la pratique n'est pas seulement une disposition
du coeur tournée vers l'Amour, mais l'acte rituel qui ancre dans le
coeur la lumière d'Amour expliquée dans l'étude. Partons
d'abord de l'Evangile, puis développons chaque aspect du problème.
1. Ce que dit Jésus à ce sujet
Jésus décrit le chrétien qui sait mais qui n'applique
pas, en le comparant à un maçon qui bâtit sur le sable,
et dont la demeure est ravagée par la première tempête
venue (Matthieu chapitre 7, versets 24 à 27).
Ailleurs Il décrit celui qui récite son rituel comme une machine
mais qui ne va pas au-delà: "Pourquoi dites-vous sans cesse 'Seigneur
! Seigneur !' et ne faites-vous pas ce que Je vous dis ?" (Luc 6:46;
cf. Matthieu 7: 21-22)
Et Il insiste sur le fait que ce n'est pas la longueur du rituel qui compte
mais sa perfection intérieure (Matthieu 6:7).A cela Il ajoute une formule
de rituel, le "Notre Père", formule inépuisable, capitale
dans notre travail martiniste - étude et rituel confondus - et que
l'Eglise catholique romaine approfondit cette année jusqu'en novembre
1999 dans le cadre de la préparation du Jubilé de l'an 2000.
De longues tirades de Jésus contre les Pharisiens légalistes
insistent sur le fait de dépasser l'acte rituel mécanique pour
remonter jusqu'au sens de l'acte. Jésus ne supprime pas l'acte: Il
donne à l'acte tout son sens. Il n'est pas venu pour abolir la Loi
mais pour l'accomplir, et celui qui enseignera à ne pas faire ce que
la Loi demande sera le plus petit dans le Royaume (Matthieu 5:17-19). Nous
devons faire ceci (l'acte rituel) sans négliger cela (l'élan
d'amour intérieur) (Matthieu 23:23).
On y ajoutera entre mille exemples la recherche du sens dans cette critique
du futur Talmud par Jésus, où Il montre la primauté de
l'Ecriture d'Amour sur les coutumes humaines qui ne servent que notre égoïsme:
lorsqu'on fait des serments illogiques (Matthieu 23:16-17) ou qu'on consacre
à Dieu les biens destinés aux parents, ce qui n'empêchait
pas le donateur de jouir de ces biens; Jésus, de là, explique
la pureté rituelle, supprimant la notion d'aliment kasher (Marc 7:1-23).
Ne nous croyons pas plus lucides que ces Pharisiens crispés sur le
rite: j'ai vu rire des martinistes au geste de Mgr Lustiger soufflant les
sept cierges des moines de Tibehirine au choeur de Notre-Dame: "Cet ignorant
ne sait pas qu'on ne souffle jamais une bougie !". Cet ignorant savait
qu'on a soufflé sept vies humaines, et la grandeur rituelle de son
geste allait bien au-delà. Et espérons que nos études
nous épargneront toujours, à nous autres initiés, les
gestes erronés !
La pratique, sans savoir ce que l'on fait ni pourquoi ni comment on le fait,
conduit à perdre ce que la pratique veut accomplir. En note de la Bible
de Jérusalem (intégrale) et de la TOB rouge, à Luc 6:5,
on trouve une phrase de Jésus tout à fait éclairante
à ce sujet: "Le même jour, voyant quelqu'un travailler le
jour du Seigneur, Il lui dit: 'Mon ami, si tu sais ce que tu fais, tu es bienheureux,
mais si tu ne le sais pas tu es maudit et un transgresseur de la Loi'."
En effet, si le potier comprend que l'on peut prier Dieu sans ôter ses
mains de l'argile ni ses pieds du tour, il ne se laisse pas arrêter
par un légalisme dépassé et il reste en union avec Dieu.
Par contre, s'il n'a pas compris la sacralisation du sabbat et s'il se laisse
entraîner à un gain matériel sans comprendre ce qu'il
viole, il est "maudit", c'est-à-dire séparé
de Dieu (voir la meilleur description des tourments de l'enfer par les affres
que vit le mauvais riche dans Luc 16:23-31).
Quand je parle de "rituel", j'entends ici le Rituel de l'ORDRE MARTINISTE
S I , c'est-à-dire:
- les rituels d'Ouverture et de Clôture aux trois degrés, Associé,
Initié et S I ;
- les rituels d'Ouverture et de Clôture utilisés seulement lors
des passages aux trois degrés;
- et enfin les rituels d'Initiation aux trois degrés proprement dits.
Tous les groupements martinistes suivent cette structure, avec un rituel de
base immuable qui fut élaboré du vivant de Papus, et une touche
personnelle propre à chaque groupement. C'est justement le sujet et
le dosage de cette touche personnelle qui ne peuvent être construits
valablement qu'avec une longue et rigoureuse étude, sans élan
affectif déréglé ni coup de tête passager.
Il se peut que certains de mes propos puissent être utilisés
pour d'autres structures utilisant un rituel: le lecteur est libre de partir
de mes notes pour construire sa propre réflexion vers d'autres mondes
non-martinistes, même si cela n'est pas mon intention première.
2. L'étude: comprendre ce que l'on fait
Le Rituel crée, de par son déroulement, un livre en trois dimensions,
qu'on écrit, lit et vit simultanément. Ce livre, unique en sa
conception, est un enseignement en soi. L'étude en est l'annotation.
Lumière irremplaçable
Vous avez sans doute feuilleté des livres scolaires récents.
Ils semblent clairs, complets, pratiques. Mais un jour, vous tombez sur ce
même livre scolaire en occasion, avec dans les marges les annotations
du bachelier qui a pris au vol, sur le livre même, les réflexions
du professeur. Et vous voyez alors ce qui manque. Certes il ne manquait rien,
quant à l'essentiel, et l'auteur du livre était compétent.
Mais ici ce nouveau regard, mais là cette touche d'expérience,
mais là cet auteur lu par le professeur et inconnu de l'élève,
mais là cette découverte du copain en plein cours qui dit une
phrase vitale à sauver de l'oubli, tout cela enrichit le livre imprimé
d'une lumière irremplaçable. Et, malgré l'inconfort du
livre froissé et surligné de jaune, c'est ce livre d'occasion
que je choisis et que j'achète. Le Rituel martiniste est le livre,
l'étude est l'annotation de la marge.
Liberté du questionnement
En Martinisme, rien n'est inutile, rien n'est de fantaisie ou de décoration.
Tout a un sens. Chercher ce sens ne peut se faire que dans la liberté
de questionnement qu'on trouve dans une réunion d'étude. Chacun
y apporte ce qu'il a cherché chez lui, avec ses intuitions et sa bibliothèque,
avec ses questions et ses découvertes, en une totale liberté
d'expression. Les plus érudits s'ouvrent aux remises en question dérangeantes
et apportent sereinement l'objectivité du savoir pour recentrer les
échanges. Les débutants apportent leur regard frais et neuf
et leur expérience acquise en d'autres lieux, temps et circonstances,
avec l'audace des néophytes et la ferveur que nous avions à
nos débuts et que - hélas ! - nous avons laissé faner
pour la remplacer par un cynisme indulgent de vieux pirate blasé. Dans
une réunion d'étude, la ferveur anime tous les chercheurs par
contagion, avec une égale flamme, habitant des tempéraments
divers.
Soif de savoir
Dans nos Rituels martinistes, disais-je, tout a un sens. Et lorsqu'on est
nourri par le Rituel, advient la soif de savoir d'où cela vient, comment
cela marche et où cela va. Un jour, un Initiateur, dans une réunion
d'étude, dit comme en passant: "La structure des officiers du
Rituel suit l'Arbre des Séphirot." Un 'Associé' demande
alors timidement "ce qu'est un céfirotte". Un hébraïsant
lui explique "qu'on dit une séphira, des séphirot, parce
que c'est de l'hébreu, puisque c'est de la Kabbale". Et voilà
comment la soif vient au martiniste - qui en viendra peut-être un jour
à apprendre l'hébreu pour aller encore plus loin dans la cathédrale
kabbaliste ... Et au Rituel suivant, cet 'Associé' vivra la réunion
rituelle avec un oeil plus vif, une intelligence plus aiguë, un coeur
plus ouvert.
L'ouverture du coeur
L'ouverture du coeur, analogue à l'ouverture du Coeur de Jésus
sur la croix, est le vrai graal à trouver: le coeur ouvert devient
graal, pour que le sang et l'eau du Coeur de Jésus puissent s'y déverser
à flots - ce qui est montré dans la lame de la Tempérance
du Tarot de Wirth. Ainsi s'explique le terme fort controversé de "voie
cardiaque", qu'on a voulu souvent présenter comme une voie du
coeur, une voie du sentiment et de l'affectif, oubliant que dans la conception
biblique de l'homme le coeur est le siège de l'intelligence et non
pas seulement celui des émotions.
Rediriger le sens du Rituel vers l'Amour se fait avant tout pendant la réunion
d'étude: en mettant en relief tel terme, tel geste, tel objet, la tendresse
amoureuse de l'âme vers son Epoux peut se déployer avec toute
la liberté de l'Amoureuse du Cantique des cantiques (chapitre 3):
"Sur ma couche, pendant les nuits, j'ai cherché Celui que mon
coeur aime; je L'ai cherché, et je ne L'ai point trouvé..."
gémit-elle: en-dehors d'une famille spirituelle, isolée, elle
n'a pas vu Jésus. Alors elle cherche d'abord dans l'étude et
les doctrines: "Je me lèverai, et je ferai le tour de la ville,
dans les rues et sur les places; je chercherai Celui que mon coeur aime !"
Mais sa soif n'est pas étanchée: "Je L'ai cherché,
et je ne L'ai point trouvé." Plus loin, sans oublier ce qu'elle
a appris dans l'étude, elle suit la règle des gardes de la ville,
c'est-à-dire la discipline communau-taire et le Rituel: "Les gardes
qui font la ronde dans la ville m'ont rencontrée: 'Avez-vous vu Celui
que mon coeur aime?' " Enfin, lorsqu'elle a intégré le
Rituel, lorsqu'elle a passé les degrés nécessaires à
l'ouverture de son coeur, elle dépasse le formalisme, dans la liberté
du mystique enivré de Dieu: "A peine les avais-je dépassés,
que j'ai trouvé Celui que mon coeur aime; je L'ai saisi, et je ne L'ai
point lâché jusqu'à ce que je L'aie amené dans
la maison de ma mère, dans la chambre de celle qui m'a conçue",
c'est-à-dire, ayant trouvé Jésus, elle Le ramène
dans sa maison, dans sa vie quotidienne, dans sa famille ordinaire, dans son
travail de tous les jours, afin qu'Il transforme tout en Lui. Au début
d'une vie initiatique, le débutant crée une séparation
d'avec le monde ancien, et il part "dans les rues et sur les places",
puis au contraire l'Amour Trouvé fait revenir le martiniste dans le
quotidien. C'est pourquoi il n'y a pas de monastère martiniste.
Ceux d'entre nous qui ont une pratique religieuse catholique romaine regrettent
parfois les anciennes coutumes de l'Eglise avant Vatican II (c'est-à-dire,
en fait, la messe de 1921...), enserrée dans un carcan de règles
superstitieuses et de comptabilité tatillonne de jours d'indulgence.
Mais bien souvent, faute d'étude, ils ignorent ce qui, dans le Rituel
romain, était sagesse et enseignement, ce qui était poussière
agglutinée, et ce qui était peur irrationnelle et écrasement
de la pensée. Marguerite Porete et saint Jean de la Croix ont tout
dit à ce sujet: ces grands mystiques ne renient pas le rituel, mais
ils ne gardent des rituels catholiques que l'essentiel, c'est-à-dire
les sacrements et l'office des Heures. Là aussi l'étude délivre
des habitudes, des souvenirs d'enfance mis sous globe, et du passé
frileux.
3. le Rituel: faire ce que l'on comprend
Le Rituel martiniste est "opératif" dans le sens où
notre prière à Dieu, en union avec les Maîtres Passés,
ne reste pas sans effet, sans avoir accompli sa mission. Il est également
"opératif" de par sa capacité à modifier durablement
la conscience du martiniste, d'abord par le choc de la découverte du
Rituel, à chaque degré, ensuite par la répétition
immuable du Rituel connu. En cela il est irremplaçable.
Au-delà du "senti-vécu"
Le Rituel martiniste, comme tout rituel, a l'avantage d'être efficace
quel que soit l'état spirituel de l'opérateur. De même
une messe est efficace même si le prêtre est tiède ou indifférent.
(J'entends cela de l'efficacité, et non de l'émotion sensible,
de la "belle émotion religieuse" qu'on a dans les messes
grégoriennes bénédictines par exemple). Mais le Rituel,
correctement effectué suivant les règles, soulevé par
la connaissance, ennobli par l'amoureux respect des forces mises en oeuvre,
finit par modeler et sculpter celui qui le fait comme ceux qui y assistent,
on oserait dire sans qu'ils le veuillent, "à l'insu de leur plein
gré". d'où la nécessité vitale de se laisser
pétrir et sculpter par le Rituel pour progresser dans la vie intérieure.
Ancré sur le roc
Le Rituel fait intégrer dans les cellules de notre corps ce que l'intellect
a compris dans l'étude. Il fait participer tout le corps, par la voix,
le geste et la visualisation, à l'union à Dieu que désire
le coeur. Il ancre le coeur - comme on le dit d'un navire qui jette l'ancre
sur la roche pour dépasser les vents et les courants - afin que le
coeur reste ancré en Dieu, par toute la mémoire des cellules
du corps. Ainsi s'accomplit la parole de Jésus: "Si les hommes
se taisent, les pierres crieront !" (Luc 19:40)
Si notre esprit, notre raisonnement vagabond, "entraîné
à tout vent de doctrine" (Ephésiens 4:14), ballotté
par les tempêtes de l'imagination et du manque de sels minéraux,
veut nous entraîner loin du Coeur Ouvert de Jésus, si notre raison
et notre mémoire se taisent au lieu de nous rappeler les vérités
apprises par l'étude, c'est le Rituel recommencé qui discipline
l'esprit, c'est le Rituel rigoureux qui ramène écumants les
chevaux à l'écurie, c'est le souvenir du Rituel qui sauve: "Ce
que j'ai vécu, je ne peux pas faire comme si je ne l'avais pas vécu"
disais-je souvent, en parlant de mon initiation martiniste.
L'accomplissement strict d'un Rituel est une nécessité objective,
au-delà de nos sentiments, sensations, humeurs et pulsions passagères
et flottantes. Rien ni personne, et surtout pas notre propre émotion
ou opinion, ne doivent nous détourner du Rituel martiniste. Ainsi sont
détruites les tentatives de l'Adversaire de nous éloigner de
la Source sainte jaillie du Coeur de Jésus.
Pensons à nos Frères et Soeurs des pays de l'Est qui, en catacombes,
continuèrent les réunions rituelles et les initiations, pendant
qu'à l'aube la police politique enfonçait leur porte à
coups de botte. Nous qui vivons dans la tranquillité occidentale, soyons
dignes de leur sacrifice.
Vivre le livre
Le Rituel crée, de par son déroulement, un livre en trois dimensions,
qu'on écrit dans l'eggrégore, qu'on lit dans le temple et qu'on
vit en devenant encre, papier et personnage, simultanément. Ce livre,
unique en sa conception, est un enseignement en soi. L'étude en est
l'annotation. On ne cessera jamais de méditer le saint livre du Rituel
martiniste. Et comme ce n'est pas un livre qu'on trouve en librairie, ni même
en "photocopillage" (car alors il perd son sens et ses couleurs,
comme un pétale de rose séché collé dans un herbier)
comme c'est un livre qu'on ne peut relire qu'en le vivant, qu'en l'écrivant,
la nécessité de refaire le Rituel pour le comprendre est une
faim pour le mental, tout autant qu'il est une nourriture pour le coeur.
L'ouverture du coeur devant les Maîtres Passés
Le Rituel est la clef qui ouvre la porte vers Dieu. Ce qui se passe entre
le coeur et Dieu en cours de Rituel est souvent de l'ordre de l'indicible:
rien ni personne ne peut le traduire, l'expliquer, le transmettre. Il faut
le vivre, le revivre, et le revivre sans cesse. En cela réside sans
doute le "secret du Martinisme", évoqué au début
du
Rituel d'Ouverture.
La Franc-Maçonnerie diffère du Martinisme en une chose principale
- outre différentes options secondaires - c'est la présence
réelle des Maîtres Passés. Nous pouvons alors nous écrier
avec l'Ecriture, le coeur comblé de joie: "Entourés (réellement
entourés) d'une si grande foule de témoins, rejetons tout fardeau,
rejetons le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons
avec persévérance la course qui nous est offerte, ayant le regard
sur Jésus l'auteur et le but de la foi..." (épître
aux Hébreux 12:1-2). La Franc-Maçonnerie essaie de pallier à
ce manque par la mémoire des Frères et Soeurs décédés
et par une priorité donnée à l'histoire maçonnique
dans la formation de l'apprenti.
L'idée de rejeter le péché comme un manteau qui encombrerait
la marche nous fait nous souvenir de l'aveugle qui, pour être guéri
par Jésus, rejette son manteau pour venir jusqu'à Lui (Marc
10:50). Rejeter ses vêtements profanes pour endosser les vêtements
du Rituel est un acte important qu'on devrait sacraliser: il est déjà
le Rituel.
Conclusion: la voie cardiaque
Dieu nous a créés composés d'un corps et d'une âme
intelligente.
L'intelligence est un cadeau de Dieu pour comprendre Sa création et
Ses desseins. Un cadeau contenu dans le fruit interdit que nous avons volé
au Paradis (Genèse 3:6). Un cadeau associé à la sagesse,
qu'Il donne Lui-même à qui la Lui demande, dans l'Ancien Testament
(Deutéronome 4:6, 2°Chroniques 1, Job 28), et considéré
comme prioritaire sur l'extase et l'expérience des sens dans le Nouveau
Testament (Romains 1:19-21, 1° Corinthiens 14). Le corps est un cadeau
de Dieu pour vivre avec ce qu'Il a créé (1° Timothée
4:1-10).
Tous deux ensemble nous conduisent à connaître Dieu, à
Le voir et à L'aimer (Romains 8:28). Le Rituel martiniste opératif,
effectué avec la lucidité et l'amoureuse ferveur de celui qui
a compris pourquoi il accomplissait ce Rituel, oui ce Rituel est un avant-goût
de la Lumière sans fin, oui il est une remontée de Malkut vers
Kether. Alors oui ainsi réconcilié avec lui-même, ainsi
réunifié, ainsi le coeur recentré vers le Coeur de Dieu,
dans la plus pure réalisation de la voie cardiaque de nos Maîtres
Passés (dont Louis-Claude de Saint-Martin, Papus et le maître
Philippe de Lyon), le martiniste peut aspirer à être pleinement
réintégré.